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DJ Haram: « Grace »

Découverte via le projet 700 Bliss aux cotés de Moor Mother, Zubeyda Muzeyyen alias DJ Haram propose un concentré d’expérimentations qui voient s’entrechoquer culture moyen-orientales et technologie occidentale, le tout sonnant résolument organique, de par l’utilisation de darboukas, flutes et percussions diverses.

Pour un premier album, l’artiste originaire de Philadelphie, installe les bases d’un travail redoutablement efficace, axé autour de l’énergie dégagée par l’accumulation de rythmiques aux contorsions guerrières, appuyées par des synthés surfant sur vagues bruitistes en arrière plan.

Puisant son inspiration dans les djinns, créatures issues de la culture musulmane et de monstres surgies de sa propre imagination, DJ Haram propose avec Grace, un album qui voit s’affronter des forces luttant pour l’instauration d’un équilibre précaire, pris entre les affres terrestres et des cieux au borde de la rupture. Intense.

***1/2

6 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

The Soft Cavalry: « The Soft Cavalry »

Après Slowdive, c’est dans un tout autre projet que Rachel Goswell s’est plongée. En effet, si on ne connait pas pour le moment quel sera le futur de cette collaboration avec Neil Halstead cette arrivée du duo The Soft Cavalry, constitué de l’Anglaise et de son mari Steve Clark, est une agréablenouvelle.
L’ambiance générale de cet album éponyme est tout bonnement mélancolique. « Dive », la plage d’ouverture, en est une parfaite illustration. Basée sur le dépassement de soi lorsque nos pieds ne touchent plus le sol, notamment dans la mer, la mélodie constitue un vrai plongeon dans cet univers où il est impossible de tout maitriser et où il s’avère nécessaire de se laisser aller. La musique moins noisy que chez Slowdive reste très planante. Alors qu’on pouvait s’attendre à ce que Goswelll soit attitrée à la partie vocale, c’est Steve qui est, et qui sera, principalement aux manettes. À cet égatd, elle n’officiera qu’une seule fois toute seule au chant, le couple offrira plusieurs vrais duos, tel que le légèrement électro « Bulletproof ».
Rachel Goswell interprète donc presque en solo vocalement (Steve Clark figure tout de même dans les chœurs mais de manière très discrète) une des plus touchantes chansons du disque.

Délicate et divinement mélancolique, « Passerby » avec l’effet de reverb sur la voix de la chanteuse nous évoque inévitablement Slowdive. L’univers de The Soft Cavalry s’avèrera aussi presque solaire, à l’instar d’un titre commer « Never Be Without You ».
Par moments, le groupe flirtera même avec un R’n’B presque cinématographique totalement inattendu et plutôt réussi (« Careless Sun) », mais c’est lorsque la simplicité reprend le dessus, comme sur la folk song « The Light That Shines On Everyon »e que l’enchantement se fait absolu. On regrettera pourtant que le disque ne soit pas un chouia plus court. Le format dix titres aurait largement suffi tant « Home « ou encore « Mountain »s en fin de disque auraient pu constituer d’excellentes faces B. On
Au final l’album de The Soft Cavalry qui démarrait pourtant formidablement bien, tend un peu à stagner et à pêcher par excès. Peut-être faudra-t-il laisser un tout petit plus d’espace à la voix de Rachel Goswelll pour la suite, si suite il y a, bien entendu.

***

6 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

2 8 1 4: « Lost Fragments »

Il a fallu deux albums – coup sur coup Birth of a New Day (2015) et Rain Temple, (2016) pour propulser le duo anglo-américain 2 8 1 4 au firmament du courant vaporwave, ce fourre-tout pléthorique où le génie frôle l’imposture de producteurs plus obscurs les uns que les autres, alignant au km tous les gimmicks du genre : percussions tranchantes, ralentissement de voix et de mélodies donnant à toutes sortes de morceaux oubliés, easy-listening, jingles publicitaires, tubes mainstream, une tonalité sirupeuse et une allure méconnaissable.

La musique de 2 8 1 4 n’a peut-être pas grand chose à voir avec la critique du capitalisme et de l’hyper-consommation qui sert de caution intellectuelle au genre. Ce duo a trouvé une nouvelle alchimie, à la fois profonde, accrocheuse, et livré des pépites ambient d’une formidable beauté. S’ils recyclent la vidéo-culture des années 80, l’esthétique futuriste (aujourd’hui rétro) du cultissime Blade Runner, à coups de typos et noms sous influence asiate, images glauques, néons mauves fluorescents dégoulinant de pluie toxique (« Eyes Of The Temple »), c’est leur univers qui l’emporte sur les évocations et références : quelque chose de fusionnel, sensuel et mystérieux, nostalgique.

Voici à nouveau leur son intact dès le premier titre, « 2 8 1 4 Love Affair », en forme de « résumé des épisodes précédents » : une ligne de synthé répétitive, simple, sombre, dramatique. Le suivant « Arcadia », ample et mélodieux, étonne agréablement par ses castagnettes électroniques. Le troisième revient aux sources de leur style, avec des percussions métalliques sur une belle nappe ondoyante. Petite baisse de régime au milieu, avec un « Before Contact » à la coloration dub entendue ailleurs. En pièce maitresse, le final « End And Beginning, » qui fait subir à un rythme loungesque et chaloupé les traitements magiques dont le duo a le secret.

2 8 1 4 se réinvente par endroits mais l’impression est celle d’une grand marque qui – pour ne pas trop brusquer ses fans – ne modifie qu’à la marge sa superbe identité sonore.

***1/2

6 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire