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The Appleseed Cast: « The Fleeting Light of Impermanence »

Très productif durant les années 2000 qui ont fait de lui un des élèves intellos de la scène emo, Trhe Apopleseed Cast s’est, ensuite, fait plus rare en raison de nombreux changements de line-up. Nes reste, du combo originel, que le chanteur Chris Crisci qui s’était tenu coit pendant quatre ans d’absence. Sans chercher à se réinventer,The Fleeting Light of Impermanence souligne plutôt la faculté de son leader à durer et se recréer sans, pour autant, jamais tourner totalement les talons à ce qui a fait l’identité de son projet « (Asking the Fire for Medicine »).

Entouré de trois musiciens qui l’accompagnent sur la route depuis trois ans mais qui n’avaient encore jamais enregistré avec lui, Crisci a fait table rase du passé, jusqu’à adopter une toute nouvelle méthode de composition consistant à immortaliser quelques idées sur bande avant de les rassembler pour constituer de nouveaux morceaux. Et aussi étrange que cela puisse paraître, ce nouvel album ne souffre aucunement de manque de cohérence ou de fluidité. Surprenant également, le parti pris du groupe d’inverser son spectre instrumental au moment de mixer l’album.

Ainsi à l’image de l’entame « Chaotic Waves », les voix reculent considérablement pour mieux laisser la batterie au premier plan, contribuant ainsi à l’identité de The Appleseed Cast qui signe ici parmi ses plus belles lignes mélodiques (« Time The Destroyer »). A la fois complexe et réfléchie, sa musique s’offre également quelques progressions post rock intéressantes (« Petition », « Collision », « Reaching the Forest »), des passages ouvertement aventureux (« The Journey »), et une pincée de sonorités nouvelles (la présence des synthétiseurs, inédite à ce point) qui, réunis, contribuent à une des plus franches réussites d’un groupe que l’on a pourtant cru mort à plusieurs reprises.

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4 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Night Moves: « Can You Really Find Me »

Ce groupe originaire de Minneapolis avait sorti deux disques de très bonne qualité dont le très réussi Pennied Days paru il y a trois années de cela. Le voici de retour avec le joliment pop Can You Really Find Me.

La pop psychédélique de Night Moves prend des allures plus audacieuses pour ce nouvel ouvrage. Avec l’aide précieuse de Jim Eno de Spoon à la production, le duo de Minneapolis met la machine en route pour une destination vers la nostalgie. On se laisse très rapidement emporter par les arrangements scintillants qui habillent les splendides morceaux comme le titre introductif « Mexico » mais aussi « Keep Me In Mind » et « Strands Align ».

John Pelant et Micky Alfano parviennent à créer ici, une atmosphère magique et estivale. Can You Really Find Me arrive à creuser aussi bien du côté Crosby, Stills & Nash sur « Angelina » que de chez MGMT sur « Recollections » et « Coconut Grove » tandis qu’ils ne cachent jamais leur éternel amour pour Todd Rundgren et Fleetwood Mac sur « Ribboned Skies » par exemple. Ce troisième album est un parfait trip ensoleillé grâce à la subtilité des arrangements et de ses rythmes entraînants et enchanteurs qui réussissent à montrer Night Moves à leur zénith.

***1/2

4 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Summer Cannibals: « Can’t Tell Me No »

Summer Cannibals avait rélisé un premier opus il y a six ans nommé No Makeup. Le quatuor de Portland mené par Jessica Boudreaux n’avait pourtant pas donné de signe de vie depuis trois ans après Full Of It ; il renouvelle ce temps de latence de trois années puisque il revient aujourd’hui avec Can’t Tell Me No

La véritable raison pour une si longue attente est avant tout liée au fait que le combo avait déjà planché sur un album mais qu’il a décidé d’annuler tout le travail pour recommencer afin de reprendre le dessus.

Can’t Tell Me No est, à cet égard, un véritable un manifeste de la part du groupe qui ne se soumet à aucune autorité comme l’attestent des titres bien explosifs tels que « False Anthem » qui ouvre le bal mais également de « Behave », « Like I Used To » et de « One of Many ».

Insurgés conte les abuseurs et la toxicité machistee Jessica Boudreaux et ses compères les attaquent tout au long du disque avec des stitres implacables comme l’ironique « Innocent Man » sans oublier « Staring At The Sun » et autres « Hesitation ». Plus harmonieux et, toutefois, plus hargneux que dans le passé, Summer Cannibals gagne énormément en terme de respect avec « Start Breaking » et « Spin ». Si vous voulez une fusion entre Stephen Malkmus & The Jicks et Mudhoney, Can’t Tell Me No est fait pour vous dans ce disque à qui il serait idiot de dire non.

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4 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Yair Etziony: « Ingress »

Une petite année après As Above So Below, on retrouve Yair Etziony et son ambient sombre, opaque et dense. Revenu sur son propre label False Industries, le musicien basé à Berlin depuis l’an passé propose, de fait, une nouvelle fois, cinq morceaux marqués par une noirceur certaine, de une arythmie majoritaire et des superpositions à la profondeur insondable. Probablement encore plus que sur quelques-uns de ses travaux précédents, le caractère oppressant, voire anxiogène, de ses compositions se fait ici jour. Se manifestant par quelques coups sourds, introduisant de nouvelles couches de synthé, cet aspect se trouve également relayé par quelques rares pulsations caverneuses.

Comme souvent avec ce type de proposition, il en résulte une dimension quasi-vertigineuse, née de la conjonction des strates sonores, des souffles et de l’ampleur donnée à certaines composantes.

De même, l’Israélien fait le choix de morceaux longs (plus de onze minutes en moyenne), pour permettre à son expression de s’épanouir dans la durée et d’infuser chez l’auditeur. Dans un contexte aussi balisé, on reconnaîtra assurément à Yair Etziony une capacité à présenter cinq morceaux suffisamment différents les uns des autres, offrant ici des simili-vocalises hululantes « (Station 61) », là des caractéristiques plus futuristes (le morceau-titre) ou, là encore, des battements sépulcraux (« Katajonkka », qu’on pourrait rapprocher du son d’un électrocardiographe, surtout quand on apprend que le musicien a passé une semaine à l’hôpital pendant le temps où il écrivait ce nouveau long-format).

Une nouvelle fois, avec Ingress, on pourra donc constater que Yair Etziony maîtrise impeccablement le registre dans lequel il opère, même si on ne conseillera pas nécessairement ce disque à ceux qui sont lassés par l’ambient sombre et étalée sur la longueur.

***1/2

4 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire