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Seabuckthorn: « Crossing »

Sortie après sortie, le label Eilean semble pousser les artistes qui y contribuent, à produire à la fois le meilleur d’eux-même et leur productions les plus singulières. C’est ce que l’on retrouve aujourd’hui avec ce nouvel et huitième album de l’anglais Andy Cartwright.
Cet album généreux par sa longueur (54 minutes), et sa densité, est principalement composé avec une guitare à résonateur. Plus qu’un album solo de guitare, Seabuckthorn dépasse les limites de son instruments le long de ces 14 morceaux sombres et habités. L’utilisation éparse de banjo, percussion et surtout de clarinette viennent apporter de nouvelles variations singulières aux morceaux.

A la fois drone, ambient ou blues, la musique de l’anglais défie les genres et les clichés pour se forger sa propre trajectoire fascinante et changeante. Catwright développe une parfaite maîtrise de l’espace dans ces productions à la fois rêveuses et viscérales.
Indispensable.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Caught In The Wake Forever: « Waypoints »

Fraser McGowan peaufine désormais quasiment un album chaque année. Si ses précédents disques étaient pour la plupart réalisés en solo, l’avant-dernier (Version & Delineation) – minimal et diversement convaincant, paraissait avec le concours du mystérieux Glacis. Avec Waypoints, le multi-instrumentiste écossais s’ouvre à nouveau aux contributions : celle électronique de Darren Galloway ; celles de Colin Morrison à la guitare classique Ibanez, et Yellow6 à la guitare électrique.

Ce nouveau cru en formation étoffée livre des passages remarquables. Ensemble ils approfondissent des esquisses créées par McGowan au cours des quatre dernières années. Les deux guitares, notamment, donnent une coloration chaleureuse à des morceaux à tonalité mélancolique, tels que « Carousel » ; ou « The Houses Here Have Changed Lately » qui commence comme une mélodie néo-classique flânant entre piano et guitare, puis se transforme en une ambiance plus organique et environnementale, animée par des sons d’insectes ou de batraciens et des grésillements radiophoniques. « Just Above The Floodlines », d’apparence très simple, répétant quelques notes de piano hypnotique sur un rythme un peu bancal, est un des plus beaux titres.

On retrouvera dans « Wool & Wire » et dans presque tout le disque ces bruissements mystérieux, craquements, glitch et autres signaux venant troubler l’atmosphère comme captés par un immense télescope sous un ciel étoilé. Ils forment une sorte de trame émotionnelle qui fait écrin à l’instrumentation mélodique et rend ce disque attachant.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Jordjso: « Nattfiolen »

Jordsjo, avec sa flute et ses grosses influences crimsonniennes, semble certes ne pas briller par son originalité. C’est pourtant faux. En effet, le combo avoue être inspiré par les films d’horreur et les romans de fantasy. Et effectivement, il y a quelque chose en plus dans ce Nattfiolen, quelque chose qui pousse à le redécouvrir, écoute après écoute. Et il en faudra bien plusieurs pour venir à bout des 40 minutes de ce deuxième album des Norvégiens.

Parce que, outre les éléments déjà cités, le trio puise également dans le jazz rock et le kraut ambiant. Alors forcément, quand tout ça s’accumule, ça donne des morceaux-fleuves où l’ambiance l’emporte sur une instrumentation assez exigeante et un chant discret. Beau et inquiétant à la fois, ce disque dont on ne sait pas totalement quoi penser interpelle. Expérience extra-terrestre, Nattfiolen est un cocktail au goût surréaliste et aux vapeurs d’opium, plus pour le pouvoir médiumnique et la connexion à la nature que pour l’euphorie. C’est en tout cas un grand moment de prog folk bucolique.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Black Pumas: « Black Pumas »

Black Pumas est un duo formé de Eric Burton, voix, et Adrian Quesada, producteur / guitariste. L’idée était de rendre hommage à la soul / funk classique, mais aussi de mixer ça avec une dose de folk rock et une production plus actuelle. Une belle idée, pas forcément originale. Mais une fois « Black moon rising » découvert, il m’est impossible de conserver cette envie de tailler en pièces une réputation surfaite. Car elle ne l’est pas.

Ce disque est une pépite, un diamant brut. Quand « Colors » prend la suite, je suis juste sur le cul. Et puis « Know you better », « Fire », « OCT 33 »… n’en jetez plus, il faut bien que cet album ait une faille ? Ah oui, ouf, c’est « Sweet conversation, dernier de la liste, que l’éliminerais sans mal, car franchement poussive. Mais le reste est bien suffisant pour convaincre n’importe quel adorateur de black music d’un croisement entre James Brown et Wu-Tang Clan.

***

2 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jeanines: « Jeanines »

Jeanines est un duo-newyorkis qui nous gratifie d’une musique fraîche, avec un côté sixties marqué dans l’interprétation, mais une urgence de l’écriture indie pop dans la forme.

Elle se déguste avec un plaisir certain, d’autant plus que ce disque passe tellement vite d’un titre à l’autre que l’on a pas vraiment l’occasion d’en apprécier chaque composition.

Un premier album qui rappelle tellement de choses qu’il est difficile de mettre le doigt dessus. C’est peut-être ça le secret ; faire la jonction entre plusieurs univers, en prendre le meilleur et tout mettre dans un shaker. L’avenir dira si ça fonctionne sur la durée, en tout cas, ponctuellement, ne fait paucun doute.

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2 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mega Bog : « Dolphine »

Happy Together de Mega Bog avait rencontré un certain succès il y a deux années de cela. Le projet de la musicienne Erin Elizabeth Birgy continue à faire parler d’elle d’albums en albums jusqu’à devenir un acte incontournable de la scène art-rock actuelle. Et il semblerait que l’américaine repousse une fois de plus les limites avec Dolphine.

Chaque album est une épopée fascinante que nous propose Mega Bog et Dolphine (inspiré par le mythe qui suggère que les humains évolueraient en créatures aquatiques pour vivre éternellement) en fait partie. En effet, au travers de ces onze nouvelles compositions résolument psychédéliques, on ne serajamais au bout de nos surprises. C’est avec l’introduction nommée « For The Old World » avec une interlude free-jazz déroutante mais agréable que l’on a affaire sans oublier d’autres trouvailles originales plutôt prog comme « I Hear You Listening (to the Bug On My Wall) », « Left Door » et autres « Truth In The Wild ».

Elle peut également compter sur l’aide de Meg Duffy alias Hand Habits et de James Krivchenia de Big Thief pour pouvoir mettre en boîte ce disque audacieux où les guitares résonnent, les claviers qui dansent et les cuivres qui donnent leur signal d’alarme de façon spontané avec une pointe d’expérimentation. Ce n’est pas pour rien que l’on rencontre la fusion entre Cate Le Bon et Animal Collective sur le morceau-titre pop psychédélique ou des allures plus folk sur « Spit In The Eye Of The Fire King » avec la contribution du regretté Ash Rickli du groupe Strictly Rickli. Entre moments féeriques avec « Diary of a Rose » plutôt mystique mais également « Shadows Break » et « Untitled (« With C ») » et d’autres plus haletants comme « Fwee Again ».

Une fois de plus, Mega Bog joue avec nos émotions avec ce nouvel opus aux airs de conte fantastique. Dolphine est un autre testament de la musicienne qui ne cherche qu’à repousser ses limites en ajoutant plus d’une corde à son arc. Son art-rock psychédélique ne finira pas de surprendre.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Outer Spaces: « Gazing Globe »

A Shredding Snake d’Outer Spaces a fait fait partie des albums passés sous silence malgré leurs qualités. Quoi qu’il en soit, le projet musical de Cara Beth Satalino reste tout de même envoûtant et agréable à l’écoute et elle le confirme avec la sortie de ce second opus intitulé Gazing Globe.

Avec son indie folk teinté de doux soupçons de power-pop et indie pop, Outer Spaces nous ouvre grand les portes de son jardin secret. Et sur Gazing Globe, elle ne fait pas les choses à moitié tant on se laisse bercer par les douces mélopées des morceaux envoûtants à l’image du titre d’ouverture nommé « I See Her Face » mais également « Truck Song » et le rêveur « YWLGOML ».

Avec ses arrangements cotonneux riches en riffs jangly et claviers sucrés, Cara Beth Satalino ouvre son journal intime où la native de Baltimore détaille ses moments d’anxiété et ses éternelles remises en question avec tant de sincérité. Et cela se ressent sur de splendides compositions telles que le morceau-titre mais également « TV Screen » avec ses synthés lumineux et un solo à la clé sans oublier le plus dynamique et robuste « Album For Ghosts ».

Gazing Globe verra Outer Spaces partir à la rencontre de la sagesse et l’introspection sur les allures slowcore de « I Slowly Close My Eyes » et la conclusion plus positive nommée « Teapot #2 ». Ceci définit parfaitement la musicienne de Baltimore à la recherche d’une paix intérieure tant on l’imagine errer dans un désert à travers ses compositions incroyablement mélodiques et rayonnantes.

***1/2

2 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire