No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Look Vibrant : »Cherish Everything »

Chaque décennie égraine ses propres mythologies; celle que nous voyons s’achever ne peut être autre que l’âge de l’anxiété généralisée. La situation du climat fait perdre le sommeil, le nombre de « like » nous suit partout, le travail et l’ambition professionnelle s’insèrent dans chaque craque de nos vies.

Avec ce nouveau disque qui se fait aller allègrement la voix de fausset maîtrisée et maniérée, façon Merriweather Post Pavillion d’Animal Collective, et qui se bâtit autour d’une guitare erratique, un brin jangle pop (« Dutiful Harbinger of Insulin) », les Canadiens de Look Vibrant rendent bien cette tension constante et envahissante qui ronge l’époque.

C’est coloré, certes, mais, à la manière d’Of Montreal, par exemple, ça laisse percevoir un vieux fond de nihilisme. Les arrangements sont boostés aux hormones d’on ne sait quoi, les idées s’éparpillent. Ça pénètre sous la peau comme une culpabilité ordinaire. Parfois, c’est trop clinquant, c’est vrai. Mais au moins le message passe.

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1 juillet 2019 Posted by | Chroniques du Coeur, On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tyler Brant And The Shakedown: « Truth and Lies »

Le jeune quatuor américain est de retour avec un nouvel album. Deux ans après son album éponyme, on se demandait vers quel horizon tendrait Tyler Bryant & The Shakedown ? Entre blues rock et hard rock, il est parfois difficile de décrire son style si particulier. Cependant, au bout du troisième effort studio, les choses semblent se préciser.

L’hypnotique « Shock & Awe » démarre l’écoute et mènera l’auditeur en terrain connu. La distorsion légèrement fuzzée prend davantage de place et l’association entre les quatre musiciens fonctionnra comme on en a l’habitude avec eux.

Le premier « single », « On To The Next », est du Shakedown pur jus, rock n’roll à souhait et des riffs et mélodies qu’on reprend aisément.

Les variations seront multiples. Le groupe ne s’entête pas à répéter une formule gagnante. Les influences vont du blues au rock, au hard rock et autre. Les petites touches d’originalité apparaissent ici et là et marquront alors vréritablement l’écoute.

L’envoûtant « Ride » incite à taper du pied, à hocher de la tête et à se mouvoir avec un certain groove. Et bien qu’on se laisse aller, à festoyer et à prendre du plaisir, les textes, eux, traiteront de sujet plutôt sérieux ; l’anxiété, la confiance en soi, avec « Shape I’m In »” et « Panic Butto »”, la vie et sa complexité au travers de « Ride » et « Out There ». Les paroles deviennent plus matures avec des vies personnelles exposées et impactées.

Néanmoins, cela n’empêche pas l’auditeur de dodeliner de la tête, bien au contraire ! Les refrains sont chantants, les riffs simples et ils s’immiscent très vite en tête.

Côté son, l’aspect brut est plus que jamais de retour. Mais la collaboration avec Joel Hamilton a bonifiée le rendu final. L’ensemble sonne un peu moins plat que l’album précédent, et le caractère en ressort légèrement bonifié.

TBSD n’existerait pans morceaux solennels ; ici ce sera « Judgement Day ». Guitare aérées et propres, percussions et bottleneck au programme, le chant puissant,frar alors place à un moment posé comme, d’ailleurs, sur « Trouble ».

Si vous préférez entrer dans le lard, alors « Drive Me Mad » remportera la palme avec cette particularité du combo ; à chaque début de morceau, il sera impossible de prévoir quoi que ce soit. Tempo, couleur, style, chant, groove. Chacun des titres constituera une découverte permanente.

Qu’en retenir ? Des compositions relativement courtes, mais qui vont à l’essentiel. Une facilité déconcertante à nous embarquer au moindre riff, au moindre refrain. Ajoutez à cela une diversité de plus en plus surprenante et vous obtenez un excellent disque. Tyler Bryant & The Shakedown surprend, confirme et compte bien nous en mettre plein la vue avec ce florilège de compositions percutantes mais nuancées

***1/2

1 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

With Confidence: « Love and Loathing »

Le chanteur de With Confidence,Jayden Seeley, a beau arborer la même coupe de cheveux que Javier Bardem dans l’excellent No Country for Old Men des frères Coen, un tel attribut ne permettra pas de déduire que le combo, qui se réclame du courant punk rock, va nous proposer un album bien débridé et épicé en matière de décibels.

Ce ne sera, en effet, pas la cas ; beaucoup plus pop que punk, ce deuxième LP est bien gentil, peut-être même trop. Un album à offrir pour l’anniversaire de quelqu’un qui, enfin, échapperait aumainstream et permettrait à ses oreilles de s’habituer au fabuleux monde du rock. Vu la douceur du chant et la légère saturation de la guitare, ça ne serait pas un cadeau inutile dans cette phase transitoire.

**1/2

1 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Kim Churchill: « I AM »

Kim Churchill est un explorateur inlassable et insatiable — sa quête continue à chaque album. C’est encore vrai pour I AM, enregistré à Berlin avec le producteur Vincent Kottkamp et premier d’une série de quatre micro-albums issus d’une multitude de voyages. Il n’y a pas à dire, l’environnement de ce sixième album est très loin du monde sauvage, des mélodies tranchées et des arpèges onsciencieux qu’on a connus de la part du musicien australien

Avec ses airs pop suaves et colorés, ses nouveaux rythmes profonds entre hip-hop et R & B (« After the Sun ») et son fond de folk increvable (brutale « All I Remember »), I AM laisse un étonnant sentiment de peau neuve où percerait un soi ancien.

Vocalement, Kim Churchill est toujours aussi léger, habile, même sensible sur « Fallen Rainbows », la plus métissée des compositions. Si on peut reprocher à I AM de manquer de philosophie nette, ce brouillage de frontières laisse aussi envisager un autre Kim Churchill, peut-être encore plus libre, celui qu’il n’a toujours pas rencontré.

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1 juillet 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

PBK: « Thinking Of Eternity »

Jusqu’où l’obsession peut-elle aller ? C’est à cette question que répond en partie Phillip B. Klingler alias PBK, avec Thinking Of Eternity, composé en hommage à l’album de Cluster, intitulé Sowiesoso, et tout particulièrement par le titre « In Ewigkeit » qui aura si fortement impressionné l’artiste, qu’il en donnera une suite en forme de variation personnelle. 

Thinking Of Eternity est une plongée abyssale dans la lenteur et la répétition, auréolées de subtiles nuances, où le temps semble s’étirer sur des nappes à l’élasticité planante, drones captivants de par leur instabilité mobile et leur évolution sur des territoires recouverts de débris fragiles. On a droit ici à une résurrection de ce trésor inconnu. C’est beau, intriguant, magique, hors du temps. Un must.

***1/2

1 juillet 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire