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Fruit Bats: « Gold Past Life »

Parce qu’il vient clôturer une trilogie traversée d’ondes négatives et qu’il marque le point de départ d’un futur apparemment sans encombre, Gold Past Life signale un tournant dans l’existence de Fruit Labs, un tournant qui amène Eric D.Johnson à faire son bilan. Sans plus de nostalgie que de sentimentalisme, le songwriter regarde désormais avec sérénité dans son rétroviseur, place et date définitivement ses souvenirs – parfois morbides – pour mieux vivre l’instant présent et envisager l’avenir. Porté par l’approche de production très 70’s de Thom Monahan, et entouré de Neal Casal comme de musiciens empruntés entre autres à Vampire Weekend ou Hand Habits, celui qui s’s’était distingué comme guitariste au sein de,The Shins, Califone ou Vetiver signe ici quelques-unes de ses compositions les plus riches et abouties.

On pourra en prendre pour exemples « The Bottom of It », entame frappée de mélodies que James Mercer aurait certainement approuvées, ou « Drawn Away » dont l’enjouement pointe The Kooks. Mais Eric D.Johnson a plus d’un tour dans son sac : une simple rythmique de guitare pour changer de décennie (« Gold Past Life » et ses airs seventies), un arpège ou une ligne de piano pour autant de parenthèses solo (« Ocean », « Barely Living Room) », un songwriting à la fluidité évidente (« Cazadera ») sont autant de ficelles tirées ici pour doter ce nouvel album d’une diversité qui allège par magie tout le poids du passé. A défaut de véritablement faire preuve d’originalité, Gold Past Life offre de jolis moments bienfaiteurs que les amateurs d’indie folk sauront apprécier à leur juste valeur. Les autres s’en remettront à ce futur soi-disant sans encombre.

***1/2

28 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

SadGirl: « Water »

On note régulièrement à quel point le lieu d’enregistrement d’un album peut influer sur ses compositions. Plus encore quand il s’agit de la Californie et plus particulièrement de Los Angeles, métropole de toutes les extrêmes ou l’on tend rarement l’oreille à l’entre deux. C’est justement la place que SadGirl a choisi d’occuper au moment de dédier sa musique à la Cité des Anges dont la superficialité apparente tente tant bien que mal d’oublier à quel point elle est à la merci des colères de Mère Nature, de ses incendies gigantesques comme de ses tremblements de terre potentiellement catastrophiques.

Water est, selon le groupe, « un rappel de ce que nous avons perdu, de ce que nous n’avons jamais eu, et de ce que nous finirons par perdre ». Sur cette constatation lucide et amère le combo a choisi de puiser de la pop et la soul vintage comme si sa musique ne trahissait ici aucune anxiété.

Authentique, classe, et romantique (« Chlorine », « Miss Me »), elle affiche au contraire le flegme propre aux côtes ensoleillées (« The Ocean », « Little Queenie », « Avalon »), et un positivisme incarné par quelques morceaux tout aussi paisibles, aux mélodies que l’on siffle une fois dégagé de toutes tensions (l’instrumental « Hazelnut Coffee », « Strange Love »). Et cela, jusqu’au final Water, magnifique ballade mélancolique ou le timbre de voix de Misha Lindes rappelle irrémédiablement celui d’Alex Turner.

Plus rock et garage lors de ses premiers EPs, SadGirl a levé le pied pour mieux laisser sa pop transpirer ses contrastes, et ce Water devenir le théâtre fataliste de la confrontation de plusieurs époques. Parfois cliché dans sa façon d’idéaliser son environnement, le groupe signe un premier album qui s’impose non seulement comme la bande son idéale et intemporelle du Los Angeles romantique, mais aussi comme un disque parfaitement taillé pour accompagner cette sécrétion caniculaire roulant au rythme de ses ballades.

***1/2

28 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jade Jackson: « Wilderness »

Santa Margarita est une petite ville paisible de Californie. Bien trop paisible pour une petite fille née au début des années quatre-vingt-dix et dont les parents n’avaient ni télévision ni internet. Aussi pour braver l’ennui, après l’école et entre les services du restaurant familial, Jade Jackson se réfugiait dans la musique et écoutait en boucle les disques de son père. Son enfance fut ainsi bercée par Hank Williams, Bob Dylan, Tom Petty, Bruce Springsteen. A 13 ans, elle commençait à jouer et à composer des chansons à la guitare et à se produire sur les petites scènes locales. Jade ne savait pas encore comment y arriver mais elle était sûre d’une chose, elle voulait faire de la musique.
Le destin a pourtant bien failli en décider autrement. A 20 ans, une chute de cinq mètres lors d’une randonnée pédestre a presque eu raison de ses rêves de jeune fille. Vertèbres brisées, rupture du coccyx, ses chances de remarcher un jour étaient très faibles. Engoncée dans une orthèse dorsale et totalement dépendante des analgésiques, Jade Jackson sombra dans la dépression. Elle s’en sortit par la force de sa volonté et par l’extraordinaire pouvoir thérapeutique de la musique. Quelques années plus tard, elle fut repérée par Mike Ness, le leader de Social Distortion, attiré par le talent irrésistible de cette jeune femme au regard mélancolique qui, malgré son jeune âge, semblait déjà avoir vécu mille vies. Ness devint rapidement son mentor. Il produisit son premier album, Gilded en 2017, et il est encore aux commandes du deuxième, Wilderness.

A maintenant 27 ans, Jade Jackson a décidé de mettre en musique son calvaire, ses doutes et ses espoirs et Wilderness sera sa catharsis. Ainqi, dans la magnifique ballade « Secret » elle évoque ses calvaires et c’est là que se situe sa spécificité : des paroles à fleur de peau sur une musique pop rock composée et produite avec le plus grand soin. Mi femme enfant, mi femme fatale, Jade Jackson impressionne par son talent de compositeur et ensorcelle par sa magnifique voix, une voix chaude, profonde, légèrement voilée, dont la jeune chanteuse maîtrise chaque inflexion, jusqu’à tutoyer la perfection avec le bouleversant « Loneliness » le sommet indépassable de l’album.
Wilderness est un opus aussi lumineux qu’introspectif. C’est bien là toute sa force. La musique de Jade Jackson ne véhicule aucun pathos et s’avère la bouffée d’air frais pop rock que l’on n’attendait plus depuis Suzanne Vega. Du country rock (« Bottle It Up », « Tonigh »’) à l’americana (« Dust », « Long Way Hom »’) en passant par le folk (« Shiver ») et de vraies pépites pop rock (« City Ligh’ », « Don’t Say That You Love Me », « Multiple Choice », « Now Or Never »), Jade Jackson fait mouche à tous les coups, grâce à son sens inné de la composition et au soutien de ses musiciens, entièrement dévoués à sa musique.

Ce  très bel album, qui se révèleea rapidement addictif par sa façon de nous prendre par les sentiments sans jamais nous brusquer. Avec sa voix ensorcelante, sa mélancolie larvée et sa sincérité désarmante, Jade Jackson n’en fait jamais trop et se livre avec pudeur, tout en maintenant la distance nécessaire pour préserver la part de mystère qui la rend si attachante.

****

28 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Charlie Cunningham: « Permanent Way »

Charlie Cunningham est un de ces nombreux songwriters londoniens à avoir émergé ces cinq derrières années en mode solo.  Ayant été adoubé par la BBC dès la sortie de ses premiers EPs en 2014 et confirmé son potentiel au travers de nombreuses sessions live télévisées et d’un premier album intitulé Lines en 2017, Charlie Cunningham a surtout bénéficié d’un rayonnement d’importance en ayant atteint pas loin de cinq millions d’écoute pour son dernier « single « sur Spotify.
Son second album était alors attendu impatiemment et ce
Permanent Way dernier ne se contentera heureusement pas de reproduire la formule efficace de la guitare folk cajoleuse et de la voix aux accents oniriques du premier opus. Ici, c’est à l’aide d’un flamenco dont la maîtrise a été récemment acquise que Charlie Cunningham étonne et séduit.
L’album retrace en douze titres un voyage plutôt personnel et assez mélancolique narré à l’aide d’un timbre de voix toujours aussi doux et profond. Le piano et les violons proposent des arrangements qui sur une bonne partie des titres tel « 
Monster » maintiennent le registre dans la folk pop en écho aux meilleurs titres de Bear Den’s et de James Blake.


Néanmoins, cette routine agréable mais un peu lisse qui dominait le premier album est alors efficacement brisée à l’aide d’un jeu de guitare hispanisant à souhait, que nous découvrons à juste titre dans la petite interlude « 
Tango ». Charlie Cunningham a révélé s’être lancé à corps perdu dans l’apprentissage du flamenco et de son doigté très compliqué lors d’un séjour prolongé à Séville.
C’est ainsi que la dextérité nécessaire à ce type de mélodie accompagne la majorité des morceaux, leur donnant une sonorité particulièrement romantique. Des titres plus classiques mais tout aussi efficaces comme
« Hundred Times » ou « Maybe We Won’t » vienndront confirmer le talent de compositios ; les mélodies ne sont jamais rébarbatives, Charlie Cunningham maîtrisant à la perfection l’ondulation de la voix, sans aucune discordance.
L’enchaînement des titres permet de passer de ballades mélodieuses à des morceaux pop à l’orchestration plus synthétique comme
« Sink In » et la chanson-titre servant d’ouverture. Notons ici la participation du producteur des Hot Chip, Rodhaid McDonald, sur le titre « Don’t Go Far zqui nous intronise à cet usage du flamenco et prouve que la pop légère se marie parfaitement avec une musicalité plus technique.
***
1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Quantic: « Atlantic Oscillation »

Cela faisait une petite éternité que Quantic n’avait pas sorti de réel disque en solo. Oublions ces side-projects comme Flowering Inferno, Combo Barbaro, Quantic Soul Orchestra, The Western Transient ou le réel album solo de Will Holland. Pour être précis, cela faisait depuis 2014 que le musicien prolifique du Worcestershire n’avait rien sorti pour lui. Et bien le voici de retour avec Atlantic Oscillations.

Selon les dires de son auteur, Atlantic Oscillations se veut plus dansant et imprégné des influences new-yorkaises, en particulier dans le domaine de l’électronique. Après avoir emménagé à Brooklyn récemment, Quantic sort l’artillerie lourde avec des morceaux aussi bien enivrants comme le titre introductif nommé « Divergence » qui contraste avec les plus entraînants « September Blues » et le groovy « Motivic Retrograde » où le musicien arrive à concilier électronique et orchestral avec aisance et efficacité.

On peut également citer le morceau-titre rappelant la disco new-yorkaise mêlée à des rythmes sud-africains et des percussions ouest-africaines comme point de départ de ce nouvel album montrant un Quantic plus qu’inspiré. Et bien évidemment, les invités tirent également leur épingle du jeu comme Denitia qui séduit sur la soul rétrofuturiste de « You Used To Love Me », la diva Alice Russell sur le plus organique et touchant « Now Or Never » sans oublier sa muse Nidia Góngora sur les allures cumbia de « Tierra Mama ».

Tour à tour disco, funk ou même jazz sur « Orquidea » conviant le producteur Sly5thave ou afrobeat sur « La Reflexion », Atlantic Oscillations est un retour en force pour Quantic qui ne cherche qu’à s’élever de la norme. Cinq ans après Magnetica, le musicien continue son tour du monde en musique et sans jamais perdre une once d’inspiration.

***1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Titus Andronicus: « An Obelisk »

année dernière, Titus Andronicus avait tenté d’emprunter un virage musical radical avec son album A Productive Cough. En effet, on a vu , en effet,la bande menée par Patrick Stickles arpenter des influences heartland rock et Americana avec un succès relatif ce qui peut expliquer sa persévérence avec ce etour aux sources louable pour An Obelisk.

Pour cela, le combo a en fait appel à un autre poids lourd du punk américain Bob Mould à la production pour remettre Titus Andronicus sur les rails. An Obelisk ne surfera sur aucun concept mais juste sur du punk-rock bien enragé bien à l’ancienne et à l’image du groupe sur ces dix nouvelles compositions dont « Just Like Ringing A Bell » en guise d’introduction mais encore « Troubleman Unlimited » qui suit possédant des airs de Meat Puppets, « My Body and Me » ou bien même « Hey Ma ».

Patrick Stickles traduit son désespoir et un avenir pour le moins pessimiste de son pays lors de l’ère Trump. Et il arrive à nous plomber l’ambiance lorsque l’on écoute attentivement les textes des morceaux explosifs comme « (I Blame) Society » et « Within the Gravitron ». Il arrive à enfoncer le clou sur les grosses distorsions de « Tumult Around The World » pour prouver que Titus Andronicus n’a rien perdu de sa verve sur ce An Obelisk même si on parvient à regretter l’énergie fougueuse des débuts. Un bon ensemble au final.

***1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mannequin Pussy: « Patience »

Mannequin Pussy aait oublié un second album faussement nommé Romantic. Le quatuor venu de Philadelphie et mené par la foutraque Marisa Dabrice au chant et à la guitare avait redonné ses lettres de noblesse au punk hardcore et il retente ici l’expérience avec un troisième disque nommé Patience.

Voici donc une nouvelle bonne dose de punk hardcore encore plus explosive et encore plus tête brûlée que jamais. Mannequin Pussy démarre en trombe avec des titres beaucoup plus maîtrisés que jamais avec entre autres le titre introductif qui donne le ton mais encore les allures grunge de « Drunk II » où on voit notre Marisa Dabrice partagée entre chagrin et désinvolture (« I still love you, you stupid fuck ») et « Who You Are ».

Entre moments de pure et folle rage (« Cream », « Drunk ») et d’autres plus mesurés avec notamment « Fear/+/Desire » partagé entre chaos et harmonie et « High Horse », Mannequin Pussy nous entraîne dans cette tempête riche en contradictions. Entre le songwriting aussi insolent que vulnérable de Marisa Dabrice et les compositions bien virulentes qui l’accompagnent (« F.U.C.A.W. »), le groupe de Philadelphie brasse le chaos qui empiète sur leur passage avant de retrouver une certaine lucidité avec « In Love Again » qui clôt Patience en grandes pompes. Assurément un des meilleurs albums punk-rock de cette année car plus ambitieux et plus passionnant à coup d’écoutes répétées.

***1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Hatchie: « Keepsake »

Il aura suffi d’un premier EP nommé Sugar & Spice pour que Hatchie puisse passer au rang des grandes révélations de ces dernières années. La chanteuse et bassiste australienne a baigné dans les disques de The Sundays et de The Cocteau Twins tellement sa musique dream-pop nostalgique se fait énormément ressentir sur son premier disque tant attendu nommé Keepsake.

Ceux qui ont en tête des tubes comme « Sure » et « Sleep » seront ravis d’apprendre que Hatchie reste dans sa zone de confort. Harriette Pilbeam nous offre un nouveau condensé de shoegaze et de dream-pop à travers des morceaux sucrés et doucement nostalgiques allant de « Not That Kind » à « Stay With Me » en passant par les planants « Without A Blush », « Obsessed » et « Unwanted Guest » à coup de synthés fiévreux et d’interprétations somptueuses qui n’en finissent pas de résonner.

En dix morceaux, Hatchie nous ramène deux décennies en arrière où ce courant musical régnait mais avec un soupçon de pop moderne ceci dit. On y décèle des influences non dissimulés de la Canadienne Carly Rae Jepsen sur certains morceaux. Keepsake sent la rêverie et le romantisme à plein nez surtout sur des morceaux entraînants comme « Secret » et « Kiss The Stars ». Et justement on a des étoiles dans les yeux tellement ce premier disque de la native de Brisbane étincelle tout au long jusqu’à cet assaut final nommé « Keep ».

Consistant et envoûtant de bout en bout, le premier album de Hatchie nous rappelle que l’âge d’or de la dream-pop n’est jamais révolue. Avec un soupçon pop jamais déplaisant et en rendant hommage à ses pairs, l’Australienne continue son ascension vers les étoiles.

***1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Day: « Midnight Parade »

Ce duo allemand présente nombre de qualités pour qu’on s’en entiche avec gourmandise. C’est typiquement le genre de groupe discret et sans prétention qui parvient à toucher sans artifice. Déjà, alors que la plupart des duos masculin-féminin se contentent d’une formule « producteur autiste aux machines » et « belle qui roucoule », The Day sonne comme un véritable groupe de rock. Ils balaient d’un revers de main l’imagerie « pop à guitares fleur bleue » ou dreampop qu’on pourrait facilement leur accoler sur la foi d’une photo de presse : elle, les traits fins, un air distancié de femme fatale et lui, nous fixant de ses grands yeux bleus avec un air d’amoureux éconduit.

Pour trouver une filiation à The Day, il faudrait plutôt aller chercher du côté des groupes américains qui savent se mettre à nu sans que ce soit indécent. C’est toujours sur le fil, car il ne faudrait pas grand chose pour que le pathos prenne le dessus et que cela vire au grossier, au pompier.

Mais, même si parfois les refrains sont mus par un souffle adolescent, que la production alterne entre un son clinquant (en particulier sur « Grow » ) et des plans en ligne directe formatés pour les college-radios, que les guitares peuvent être bavardes comme aux plus heures du rock héroïque si on y prête attention, Laura Loeters et Gregor Sonnenberg sont d’une spontanéité confondante, d’une sincérité jamais prise en défaut. Au final, The Day pourrait prétendre à reprendre le flambeau de L’Altra avec la velléité de séduire le public de Death Cab For Cutie. C’est reconnaître là que derrière un patronyme qui lui ouvre les portes de l’anonymat, The Day distille un fort pouvoir de séduction qui motivera l’écoute de Midnight Parade – de préférence en solitaire, en bagnole de nuit. Et si on doit bien avouer qu’il y aurait mille et une raisons rationnelles pour dénigrer ce projet qui s’efforce à occuper un espace « middle of the road », au contraire, on s’en délecte.

***1/2

27 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

People Under The Stairs: « Sincerely, The P »

Thes One (Chris Portugal) et Double K (Mike Turner) ont sorti Sincerely, The P qui serait, selon eux, serait leur dixième et ultime album. Quelques mois sont passés et la situation s’est régularisée et, fnalement, le doux son de la dixième partition des People Under The Stairs continue de tourner.

Sincerely, The P débute en forme de début de la fin par un live de « San Francisco Knights » qui nous rappelle à « The Next Step », premier album des trublions angelinos. Introduction qui voit se glisser un riff de guitare, peu conventionnel pour le groupe, apportant l’énergie habituelle nécessaire à un long format du groupe. Sans contredire leurs essais passés, Thes One & Double K propose un album solide (sans être ce qu’ils ont fait de meilleur)  dans leurs plus pures traditions soit un rap rythmé, fun et funky, aux accents afro par moment ordonnant à notre cou de s’affranchir de sa raideur dont le morceau « Here, For A Good Time » en est le plus représentatif.

Les compères, par leur état d’esprit dandy représentent une certaine image californienne qui colle de manière quasi rigoriste aux préceptes de la culture hip hop (Peace, Love, Unity & Havin’ Fun). Ecouter Chris & Mike donnent à la fois envie de faire du skate du côté de Venice Beach, de faire un bon barbecue entre potes (en famille ça marche aussi) ou de tout simplement profiter de l’instant présent. Pour en revenir à Sincerely, The P,  la conclusion en forme d’hommage aux regrettés énumérés par Double K sur The Sound Of A Memory est un tantinet à contre-courant de cet état d’esprit même si bien sentie pour accentuer une sortie du duo sans fioriture au-delà de tout égotisme. Pour conclure, on a aimé, on aime et on aimera ne pas oublier la discographie décagonale des People Under The Stairs.

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27 juin 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire