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Test Dept.: « Disturbance »

Test Dept. est un des pionniers de la scène industrielle britannique puisque Tactics For Evolution date de plus de 20 ans. Il était donc temps de saluer le retour du tandem et de son Distrurbance.

Si les enregistrements de la fin des années 1990 avaient été marqués par les sonorités techno, breakbeat ou house, on sent immédiatement ici un retour aux origines ; mais comme pour leurs performances récentes, ils ont su mêler les percussions métalliques et les bourrasques bruitistes et martiales avec une production digitale de pointe. En effet, les musiciens sont allés piocher dans des archives des années 1980 certaines idées et les ont faites évoluer vers un son contemporain.  
Épaulés par une belle brochette d’invités, le projet en revient à un son industriel à l’ancienne : machineries, densité noise, martèlement sur plaques de métal, samples symphoniques… On pense aussi bien à Laibach (les cuivres de « Speak Truth to Power »), à Front 242 (la pulsation de « Full Spectrum Dominance ») ou même à Coil (la dévastation qui entoure « Debris »).

Mais c’est surtout vers la période The Unacceptable Face of Freedom (1986) que le groupe semble s’en retourner. Pas aussi enragé que les débuts (Beating The Retreat, Ecstasy Under Duress, 1984), cet album avait su conjuguer la puissance percussive à des arrangements plus électroniques et travaillés, et des ambiances totalement apocalyptiques.


Disturbance s’inscrit dans cette veine, et les ruines de la société anglaise laissées par l’ère thatchérienne semblent entrer en écho avec la vision qu’ils donnent du monde actuel, et de l’Angleterre en particulier.
Le premier morceau fait figure de manifeste : «  Speak Truth To Power »), et les paroles sont claires, et l’engagement politique de Test Dept. contre l’aliénation capitaliste et les inégalités sociales n’a pas fléchi. Leur musique en appelle toujours autant à la résistance et à la contestation.
Comme à leur habitude, les beats prédominent, à la limite du dancefloor et de l’EBM. Le son est profond, massif, piochant dans des banques sonores riches mais mettant souvent en avant une dimension chorale, guerrière et grandiose. L’aspect tribal n’est pas mis de côté non plus (« Gatekeeper ») et le tout reste aussi noir qu’on pouvait l’espérer, jusqu’à un final plus lumineux (le plus optimiste « Two Flames Burn »). Chaque pièce musicale est un hymne en elle-même, et on appréciera aussi les morceaux plus atmosphériques (« Gatekeeper », « Debris ») qui font beaucoup pour souligner le climat menaçant, tendu et dystopique qui se dégage de l’ensemble.

***1/2

24 juin 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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