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Alex Kozobolis: « Somewhere Else »

C’est du côté de Londres qu’il faudra aller pour trouver l’un des plus beaux albums solo piano du moment. Il est signé du compositeur et artiste multimédia Alex Kozobolis.
Vidéaste, photographe et donc aussi pianiste à ses heures, le garçon compose des musiques instrumentales, seul au piano. Son deuxième album,
Somewhere Else, fait suite à un premier très remarqué paru en 2016.


Un album présenté par l’auteur comme un assemblage de souvenirs de lieux, qui fait la part belle à l’improvisation dans des compositions bucoliques, baignées de poésie. Il se dégage de l’ensemble une douceur et une délicatesse dans l’approche qui apporte à l’auditeur un vrai confort et une forme sérénité très agréable. Un album qui s’écoute comme une balade à travers une campagne verdoyante et tranquille sous un ciel bleu azur. Un album totalement apaisant fait de compositions très libres, remplies de poésie et d’intimité.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Bill Callahan: « Shepherd in a Sheepskin Vest »

Désormais âgé de 53 ans, Bill Callahan sort de sa pré-retraite avec Shepherd in a Sheepskin Vest, son premier album depuis 6 ans qui est pour le coup, double.
C’est la première fois que
l’artiste nous fait attendre entre deux albums. Dans les années 90, quand il se cachait derrière le projet Smog, il nous livrait un disque tous les 18 mois. Il en va de même avec les années 2000.
Souvent l’absence souligne l’importance de la présence de certains. Et le silence de
Cllahan a rebattu les cartes. Nous avons vieilli de six ans. Tout comme le paysage musical… Bill Callahan s’est marié, est devenu père et il a un tout autre statut qu’il y a dix ans.


Enregistré avec Matt Kinsey et Brian Beattie, inspiré par sa femme Hanly Banks,
Shepherd in a Sheepskin Vest nous fait découvrir un Bill Callahan métamorphosé par la paternité. Le temps de l’écriture ascétique de l’ascétique Smog est définitivement révolu. Callahan se confie et se livre sur ce disque comme jamais. Et comme à son habitude, il nous prend par la main avec ces chansons fabriquées avec deux bouts de corde et trois accords pour nous emmener dans son désert verdi. La vie est un long fleuve tranquille avec lui, et sur ce nouvel album, on se dit qu’il ne nage pas en euax troubles.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Tomoyoshi Date + Stijn Hüwels: « Hochu-Ekki-Tou »

À l’instar de nombreux autres musiciens opérant dans une ambient très apaisée, Tomoyoshi Date apprécie les collaborations et travaux en commun. C’est ainsi qu’outre des formations Illuha, et Opitope, le Japonais œuvre aussi, sous son nom propre, sur des albums composés à plusieurs mains. Après celui avec Toshimaru Nakamura et Ken Ikeda, publié en 2013 et relaté sur ces pages, le voici aux côtés de Stijn Hüwels, qu’on a déjà croisé au sein de Silent Vigils. Tout ce petit monde se croise donc, parfois sur les mêmes labels (dont home normal qui, régulièrement trace un pont entre Europe et Japon), pour des disques assez intéressants.

Cette fois-ci, les trois longs morceaux de l’album (dix-sept, vingt-trois et onze minutes) nous mettent face à une ambient minimaliste tout à fait caractéristique de ce registre musical, avec petites touches mélodiques, jeu infime sur les variations et interventions à la limite entre le scintillant et le larsen, présence de quelques notes de clavier bien appuyées et sourdes. La sérénité et le calme qui transpirent de ces compositions n’ont alors d’égal que leur simplicité et leur discrétion (à l’image de l’intitulé du long-format, simple bout-à-bout des intitulés de ces trois morceaux).

 

De même, la dimension perlée des notes de guitare de Tou savent venir cehrcher une belle émotion chez l’auditeur. Ces qualités ne doivent toutefois pas nous conduire à passer sous silence que nous nous trouvons face à quelque chose de très traditionnel, pour qui suit un peu la scène ambient, sans grand bouleversement par rapport à ce qui peut être publié par ailleurs, mais sans fausse note non plus.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Arovane + Porya Hatami: « C.H.R.O.N.O.S. »

Il est impressionnant de constater qu’après tant d’années sans donner signe de vie, Arovane multiplie à présent les sorties, souvent collaboratives, livrant ainsi plusieurs albums par an, en plus de quelques formats courts. C’est ainsi que son duo avec Porya Hatami connaît une troisième déclinaison, pour la troisième année consécutive, avec, à nouveau, une légère évolution stylistique. De fait, alors que leurs deux premiers efforts, recensés tous deux sur ces pages, évoluaient dans des registres respectivement néo-classique et ambient très minimal, ce C.H.R.O.N.O.S. déploie une forme plus riche, travaillée autour de morceaux plus longs.

Oscillant au-dessus des sept minutes en moyenne, chacun des cinq morceaux de cet album (publié en vinyle et en format digital) voit les deux musiciens superposer des bribes instrumentales, soit assez abrasives et rêches (grésillements, synthèse granulaire), soit plus fragiles dans leur élocution (notes de clavier malhabiles, petites touches chromatiques, nappes lumineuses).

Naturellement, il serait facile d’imaginer que Porya Hatami serait à l’origine des premières, tandis qu’Arovane se chargerait des secondes ; mais les récentes propositions de l’Allemand peuvent également conduire à penser que chacun a pris part à l’ensemble du disque. Cette convergence de vues se retrouve alors dans l’homogénéité d’un album fort bien construit et cohérent.

À ce titre, comme souvent, la durée des morceaux favorise une montée en puissance progressive au sein de chaque titre, voyant, par exemple, poindre doucement des crépitements et bruissements qui vont jusqu’à recouvrir les autres éléments avant de s’effacer (« Catenoid »). De même, le passage d’un titre à l’autre encourage la convocation de composantes un peu différentes, à l’image des particules micro-industrielles de « Cissoid », subtilement rejointes par des gouttelettes aquatiques, manière d’affirmer que la nature viendra nécessairement recouvrir toute création humaine.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mike Grigoni: « Mount Carmel »

Ce n’est pas tout à fait une musique contemplative, mais certainement une musique chercheuse, tournée vers les mouvements subtils d’un extérieur dont les sens, doux et fuyants, se fondent parfois les uns dans les autres. Il faut absolument effeuiller plusieurs fois ce Mount Carmel, quatrième album de Mike Grigoni, ne serait-ce que pour entendre chaque fois cette résonance, ce rayonnement, cet affleurement de dobro, de lap steel, de pedal steel qui nous avait échappé. D’une sensibilité exceptionnelle, Mount Carmel marque le basculement du musicien américain dans l’ambient, même si son folk originel subsiste en dessins graciles dans des mélodies comme des ballons d’air chaud.

Inspiré des lieux de son enfance, ce travail minutieux donne peut-être le meilleur de la manière M. Grig, qui apparaît complètement libre sur le fil branlant de l’émotion. Écoutez l’expressivité de « Call » et la fragilité de « B », survivante — elles montrent à quel point le musicien est attentif à tous ces minuscules indices de la vie et de la mémoire, partout, à tout instant.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Bruce Springsteen: « Western Stars »

À l’ère sans air de Trump, rien ne sert de s’époumoner. Dénoncer ? On est au-delà. Bruce a décidé plutôt de nous donner de l’espace pour respirer. À la petitesse, il oppose la grandeur, parcourt le pays à la recherche de la vie qui bat, du miracle de la beauté. Là où galopent les chevaux sauvages. On n’est pas chez Tom Joad, plutôt chez John Ford. Arrangements de cordes à grandeur d’horizon ! Comme si le thème du film The Magnificent Seven (évoqué par la chanson-titre) rencontrait le « Wichita Lineman » de Glen Campbell (la chavirante « Stones ») et même le « Everybody’s Talkin’ » de Nilsson dans « Hello Sunshine ».

C’est le retour nécessaire et salutaire du Bruce de la démesure, et la seule comparaison qui tienne, pour l’exaltation, est l’épique Born to Run. À cela près qu’il ne s’agit plus de fuir le New Jersey, mais bien de retrouver l’Amérique. Pas un disque ne comptera plus que celui-ci d’ici novembre 2020, et même après : emportez-le sur les routes de vos vies. On s’y rencontrera.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Dennis Young: « Visions »

Par hasard, Daehan Electronics est tombé sur les cassettes oubliées de l’Américain Dennis Young ; l’objet du label étant initialement de faire redécouvrir l’apport phonographique à l’histoire de la musique électro / expérimentale.

Le voici donc engagésdepuis 2017 dans un grand écart transcontinental aux côtés du senior Young, afin de remasteriser son oeuvre solo des années 80, antérieur à ses disques qui ont continué de paraître dans les années 2000. La restauration effectuée par Daehan Electronics sur ces archives est particulièrement réussie qui permet de redonner à ces morceaux clarté et fraîcheur,

En side project de son activité de percussionniste et joueur de marimba au sein du groupe Liquid Liquid – et de quelques autres avatars de l’époque, Dennis Young mettait aussi ses talents musicaux à la guitare ou aux claviers dans des créations personnelles étiquetées new age – en définitive bien plus riches et ouvertes que ce que le genre laisse présager.

On y entend les belles dérives de synthétiseurs FM analogiques, les influences de choeurs exotica à la Les Baxter (« Shangri-La) », des mélodies flutées d’inspiration asiatique (« Easter Skies ») ou orientale (« Lawrence of Arabia ») qui s’inscrivent ponctuellement dans un courant new age ; mais les percussions et marimbas ne laissent jamais les planances l’emporter. La musique de Dennis Young est genrée dans le rock expérimental plus que dans la new age, enveloppant plutôt que dérangeant. Même sporadiques, les percussions ne permettent jamais de s’assoupir vraiment, elles prennent le caractère grandiose de musiques de films dans « Olympus Mons « ; rythmées, elles dégagent un groove aérien et fluide dans le titre phare « Volcano Cathedral ».Une belle découverte à écouter en même temps qu’une autre parution de Young chez D.E. : Sojourn.

***1/2

15 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire