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Psychedelic Porn Crumpets: « And Now For The Whatchamacallit »

Avec And Now For The Whatchamacallit, leur troisième album, les Australiens de Psychedelic Porn Crumpets pourraient enfin accéder à une reconnaissance bien méritée. Leur psychédélisme bruitiste des débuts fait place à plus de modulation, sans perdre en puissance ni en originalité.

Pour se faire sa place dans la nasse de la scène psyché musclée, la recette du groupe est simple : empêcher l’auditeur de respirer, le prendre à la gorge, et le matraquer avec des titres à la rythmique survitaminée, aux riffs ravageurs, à la voix sursaturée. Pour résumer le début de l’album, on pourrait qualifier sa musique de Temples sous acide, de King Gizzard épileptique, de Thee Oh Sees enragé… Dans ce déluge de puissance, PPC réussit même à conserver un sens mélodique incroyablement raffiné, en faisant impeccablement surnager les voix dans des arrangements certes moins riches, mais beaucoup plus lisibles que sur les albums précédents.

De cette ouverture, on retient l’enchaînement irrésistible des trois premiers titres, jusqu’à l’impeccable « Hymn for a Droid », son pilonnage rythmique mathématique et la voix héroïque de Jack McEwan.. Puis on se rafraîchit les idées avec la petite virgule de « Fields, Wood, Time », avant que le disque ne prenne une toute nouvelle musicalité. Beaucoup plus délié, le son du groupe prend alors de l’ampleur, les guitares respirent, dans des atmosphères qu’elles disputent aux claviers. Psychedelic Porn Crumpets alterne ballades planantes (« Native Tongue », « Dezi’s Adventure ») et titres clairement heavy « (Social Candy », « When In Rom »e), au milieu desquels trône « My Friend’s A Liquid », pièce pop décalée très élaborée, renforcée par des ajouts de voix, de flûtes..

Avant de clôturer cet album manquant parfois de liant ou de cohérence, le groupe laisse s’épanouir les claviers sur le trépidant et addictif « Digital Hunger », confirmant sa capacité à jouer avec nos représentations, à nous projeter dans toutes les directions et ainsi nous essorer à chaque écoute. Si tel était l’objectif des Australiens au moment d’entrer en studio, qu’ils le considèrent atteint.

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14 juin 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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