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Plastic Mermaids: « Suddenly Everyone Explodes »

L’insulaire quintet britannique Plastic Mermaids nous offre un ambitieux et coloré mille-feuille psychédélique. Woodstock, Monterey, l’ile de Wight c’était la tournée royale et anarchiste des festivals au temps de la splendeur du mouvement hippie. Les cinq musiciens britanniques du Plastic Mermaids – insulaires de l’île de Wright – ont peut-être hérité de ces années-là quelques gênes libertaires. Leur musique recherche en tout cas cette indépendance. Elle affiche aussi une aguichante exubérance. Patchwork insensé mais contrôlé de références, ce premier LP codifié, regorge de circonvolutions, de chemins de traverses et de fausses pistes.

Plus orchestral tu meurs, plus minimal (par instant) tu respires. Ce riche monument est gorgé de synthés, de matériels bricolés et assemblés de toutes pièces par les musiciens, il mélange les genres sans vergogne – électronique, classique, dance, synthétique, psychédélique, indie rock, prog, rock spatial ou dreampop. Une myriade de petits effets (tintements de cloches, cordes ou samples) viennent décorer cette symphonie insulaire de la lilliputienne île de Wight. Cet énorme télescopage aurait dû être dégoulinant et d’un mauvais genre ; dans le pire des cas il sera borderline (« Taxonomy »). Mais avouons-le tout net, on se délecte de ce florilège spatio-orchestral. La généreuse lampée de morceaux proposée ici semble même bien calibrer pour un futur triomphe. Douglas Richards le chanteur principal au spectre vocal proche d’un Jonathan Donahue (sur quelques-uns des titres emblématiques) bien accompagné par sa tribu (le bassiste Tom Farren, le batteur Chris Jones, le guitariste Chris Newnham et son frère Jamie Richards au synthé et chant) ne gambergent et ne mégotent pas.

Actif depuis 2014, la formation britannique a déjà essaimé une poignée d’EP tous passés en rase-motte sous les radars. Suddenly Everyone Explodes, cinq années après leur formation est leur premier feu d’artifice. Le spectacle pyrotechnique est à la hauteur de l’attente, soigneusement préparé, exubérant et ambitieux. La faute à une collection hétéroclite d’atmosphères musicales, à ce patchwork de mélodies célestes, voire à certaines plus intimistes – en tout cas dans leur première partie – mais qui finissent quand même toutes par exploser en vol dans un florilège de cordes, de chœurs et de toute la batterie instrumentale requise. Par exemple : « Luliuli », sous vocodeur (à la Laurie Anderson) et parsemé de notes de pianos minimale, ou l’acoustique « Milk », qui tourne bien vite en florilège synthétique, et même le poignant et très personnel parlé-chanté « Yoyo » qui finit par reprendre goût à la vie dans un final énorme de chœurs et de ferveurs. Sur « Ooh » la chasse est autorisée – le signal est un mur du son de synthé à la sonorité d’un cor de chasse ! – avant une flambée dans les étoiles et dans les aigus (la voix de fausset de Richards est alors à son apogée).

Sans rompre la magie nous nous enfonçons dans les profondeurs stellaires. Nul besoin ici de la technologie SpaceX pour graviter dans l’espace de confort et la zone d’énorme décompression. Cette double portion de musiques assure cette équipée.
L’ossature de ce premier LP s’appuie en grande partie sur « Floating in a Vacuum » et son envolée éthérée d’arpèges de violons magnifiée par une série de chœurs et d’ambiances cosmiques ; c’est également le fluorescent, psychédélique et pop « 1996 » ou l’indie-rock et le « Still Like Kelis » façon Grandaddy aux accords de guitares dynamiques et à l’atmosphère enjouée.

Ce quintet britanniquel est tout sauf replié sur lui-même et cloîtré sur son île, bien au contraire, il vole et franchit les océans pour rejoindre et se mêler à la flamboyante farandole des Sparks, du Flaming Lips et du MGMT.

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13 juin 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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