No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Yeasayer: « Erotic Reruns »

Yeasayer nous avait laissésen bonne compagnie avec Amen & Goodbye en 2016. Le groupe de pop expérimentale de Brooklyn a affiché un visage plus décomplexé qu’à l’accoutumée afin de gagner un plus large public. C’est dans cette optique qu’ils reviennent trois ans plus tard avec Erotic Reruns.

Fini donc les aventures fantaisistes et bizarroïdes que nous a concocté Yeasayer auparavant, Erotic Reruns placé sous le signe du sexe et de l’érotisme se veut plus cohérent et accrocheur. Le groupe de Brooklyn se montre en effet pop et direct avec des morceaux comme « People I Loved » qui ouvre le bal et synthétise l’ambiance générale tout comme « Crack A Smile » et « Blue Skies Dandelions » aux accents psyché-folk.

Si l’aspect avant-gardiste et farfelu est mis de côté, il est tout de même dilué par le pep’s et la bonne humeur que dégage ce nouvel opus. Le pivot en sera un groove insoupçonné comme les sonorités R&B de « I’ll Kiss You Tonight » ou d’autres, plus synthétiques avec « Ecstatic Baby » et « Ohm Death ». N’oublions pas non plus ces messages politiques dénonçant les dérives de l’administration Trump sur « 24 Hour Hateful Live! » avant que l’amour et la sensualité reviennent au premier plan avec une judicieuse conclusion nommée « Fluttering In The Floodlights ».

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12 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Oberlin: « Stundenglas »

Il sera question du temps qui passe dans le nouvel album du musicien ambient ectroacoustique allemand Alexander Holtz qui office depuis cinq ans sous le pseudo Oberlin.
Dans
Stundenglas (sablier, en français), son dernier album  on imagine entrer dans une maison fantôme ayant été habitée par le passé et dans laquelle on découvre des objets épars ici et là :  des livres poussiéreux (« Bücherstaub »), de jeux pour enfants abandonnés (« Kinderspiele) », des hortensias bleus (« Blaue Hortensien ») dans un vase sur le rebord d’une fenêtre, à côté duquel se trouve une lettre à une femme (« An Gertrud) », écrite sur un papier ayant à peu près la même couleur que les fleurs. Dans le four de la cuisine, des éclats humides (« Feuchte Späne ») sont les restes d’un feu lointain…

Une impression de grande mélancolie et de mystère ressort de cet ensemble composé à partie de 3 instruments (piano, guitare et un synthé modulaire) avec des sonorités sourdes et lointaines, et avec par endroit des textures granuleuses issues de field recordings. Vraiment très beau.

***1/2

12 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wy: « Softie »

Duo originaire de Malmö et couple dans la vie, Ebba et Michel ont formé Wy en 2015 et sorti en 2017 un premier album intitulé « Okay » sur fond de guitares éthérées. La Pop rêveuse du groupe prend aujourd’hui son envol grâce à ce second album de haute tenue qui reprend les mêmes ingrédients mais bénéficie de refrains plus marquant.

On remarquera notamment le « single » « Pavements » au parfum 80’s, les très shoegaze « Tired II » et « Have You Ever Been In Love », sans oublier l’impeccable Pop New Wave du titre qui donne son nom à ce disque, « Softie ».

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12 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Gamecrude: « Enclave 1 »

Entre « enclave » et « esclave » il n’y a que quelques lettres de différence, tout comme avac « entrave » dans univers à la H.P. Lovecraft qu semble accompgner Valentin Laborde alias Camecrude, et se font amarades de longues insomnies en dss nuits peuplées d’ombres menaçantes le temps s’est arrêté.

Sur Enclave I tout est, en effet, déviance et étrangeté, dégoulinures sombres et projections de miasmes aux confins du fétide, titres vampiriques et voraces habités de folie démoniaques et de souffrance profonde.

Camecrude propose à l’auditeur de passer de l’autre coté de la folie, celle où la perspective d’une certaine normalité prend des airs de déséquilibre et de perte des notions jusqu‘à présent élémentaires et les grandes ailes angéliques de la Beauté grouillent autour de corps fébriles et malades aux allures d’ectoplasmes.

Enclave I est le miroir grossissant d’une réalité déformée par la démence naturelle d’une société au bord de la rupture, remplie de vices cachés et inavoués, poussant lentement mais surement l’humanité à sa perte. Intense et envoûtant.

***1/2

12 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tapage & Gareth Davie: « STAGES »

STATES convie l’auditeur à se déplacer dans un espace formé de vibrations tournoyantes, où nappes électroniques et clarinette basse, forment un tout mobile aux fluctuations puissantes enrobées de matière fragile.

Tapage et Gareth Davis communient de manière symbiotique, l’instrument à vent trouvant refuge dans des ondes en dérive, diffusées par les décharges électroniques de machines nébuleuses.

Les titres composant STATES, semblent glisser sur des miroirs polis au verre, résonnant et rebondissant subtilement sur des matelas de billes métalliques, enrobées de matière organique à l’origine indéfinissable. Un album brumeux à la beauté mystérieuse. Envoutant.

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12 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

HIN: « Warmer Weather »

Amis de longue date, Jerome Alexander (Message To Bears) et Justin Lee Radford(The Kids And The Cosmos) ont décidé de former HIN, histoire de joindre leur créativité et de composer une ambient pop lumineuse, sur laquelle se love une douce lumière aux effluves chaleureuses.

Warmer Weather est le genre de projet qui dessine un sourire au coin des oreilles, de par la qualité mélodique et la production délicate, toute en basses profondes, arpèges suspendus, rythmiques chaloupées et vocaux caressants.

HIN nous projette sur un matelas de vibrations aériennes naviguant dans un cosmos vaporeux. On est happé par la légèreté qui s’en dégage, pop d’orfèvre aux enluminures travaillées avec excellence, sculptée dans un matériau harmonieux. Warmer Weathercaptive et subjugue, oeuvre auréolée de grace et d’élégance, capable de faire fondre en larmes des anges heureux.

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12 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Morrissey: « California Son »

Après The Smiths et en solo, Morrissey s’éloigne un peu plus de Mancheter et semble se la jouer plus modeste (si tant est que ce soit Morrissey) en reprenant des chansons qui ont forgé son style, tirées du répertoire d’illustres songwriters nord-américains. Avec une préférence pour les années 1960 et 1970 et des artistes comme Joni Mitchell ou Bob Dylan.

Jouée pour la première fois en 1964 par son créateur, lui un vrai grand, Roy Orbison, « It’s Over » fait partie de cette malle à trésors Laura Pergolizzi, autre interprète à la voix d’or, rejoint le baryton Morrissey pour ajouter à la majesté de l’original en montant à merveille dans les aigus.Le commentaire, élogieux du fils de Roy Orbison, Roy Jr, vaut bénédiction et les orchestrations qui accompagnent sont à la mesure : magistrales.

Morrissey les devra à Joe Chiccarelli dont la maestria en studio a auparavant servi U2, Elton John et The Strokes, pour ne citer qu’eux. Accompagné d’un piano bastringue et d’un jazz-band (« Wedding Bell Blues »), sous des rythmes tropicaux (« Loneliness Remembers What Happiness Forgets »), au son du boogie-woogie (« Suffer The Little Children »), Morrissey s’amuse beaucoup.

Les chansons qu’il a choisies ont beau être réputées engagées, il évite tout pathos et se livre sans réserve et sans crainte de sombrer dans la caricature du crooner sur le retour.

Adulé aux Etats-Unis, l’homme de Mancheste) s’est installé il y a déjà longtemps du côté de Los Angeles. Le titre de son nouvel opus n’étonnera donc pas : California Son et sa pochette où l’on voit le chanteur auréolé de bleu, les yeux azur.

***1/2

12 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Austerity Program Bible: « Songs 1 »

Cela fait plus de vingt ans que Justin Foley et Thad Calabrese développent une formule basse-guitare cadencée par une programmation rythmique. Dans leurs jeunes années sous le nom de Polonium, puis plus tard avecThe Austerity Program, les deux n’ont cessé d’alimenter leur sérieux penchant pour un punk-noise teinté de métal, où les angles arrondis n’existent pas. C’est sur ces principes intacts qu’ils reviennent dynamiter, en six versets, une nouvelle sauvagerie intitulée Bible Songs 1.

Ce troisième album ne laisse aucune place à l’incertitude. Vingt-deux minutes frontales et largement convaincantes suffisent à ériger une mécanique du chaos parfaitement orchestrée. On y retrouve l’esprit des deux précédents disques,Black Madonna 2007) et Beyond Calculation (2014), même si le degré d’inclinaison du tumulte penche nettement vers la bizarrerie, et que l’ambiance générale se révèle aussi extrême qu’inattendue. On prendra cher ! Répétitions entêtantes, ambiances lapidaires, l’intensité est élevée dès le mid tempo « Isaiah 6 32 – 6 « en ouverture, ou plus loin avec les furieux » Ezekiel 39 17 – 20 » et « Kings 25 1 – 7 ».

Guitare stridente aux riffs teigneux, basse lourde et rythmes aussi vigoureux qu’une horde de marteau-piqueurs viennent épauler la voix scandée de Justin Foley qui bazarde, tel un prêcheur défroqué, toute l’étendue de son éloquence. Les new yorkais en mettent clairement plein la figure et, sans soulager un instant la tension de leurs mélodies infectées de rage, ils touchent même le grâle sur le titanesque « Numbers 31 13 – 18, » ou les fanatiques « Ezekiel 23 31 – 35 » et « Samuel 6 12 – 23 » aux revers surprenants.

Bible Songs 1 est un disque fou. Déstabilisant à la première écoute, il devient unique dès la deuxième. Et bien qu’il ne soit pas facile à appréhender, il est un décalaminage aussi extravagant que remarquable, magnifié par deux talentueux allumés s pour qui musique rime avec performance et mystique. Il conviendra alors de se positionner dans cet axe si l’on veut pleinement s’approprier l’étendue de cette messe déglinguée dont la décharge n’incite qu’à une seule chose : communier.

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12 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

J. Robbins: « Un-Becoming »

2019 sera une année pleine pour J.Robbins. Actuellement sur les routes des Etats Unis avec un Jawbox fraichement reformé mais apparemment en pleine possession de ses moyens, le frontman profite que les feux des médias soient pointés sur lui pour sortir son premier véritable album solo. Saisissant la moindre occasion d’enregistrer entre 2015 et 2018 pour initialement donner suite au premier album de Office of Future Plans, le rockeur a finalement aligné une douzaine de titres totalement imprégnés de sa carrière de musicien au sein de groupes aussi influents que Jawbox, Burning Airlines et Channels,mais aussi de ses expériences de producteur à l’ombre de son propre studio The Magpie Cage (Against Me, Jawbreaker Texas Is The reason, The Promise Ring).

Aux côtés du batteur Pete Moffett (Burning Airlines), du bassiste Brooks Harlan (Office of Future Plans) et du violoncelliste/guitariste Gordon Withers (Office of Future Plans), l’homme de Baltimore concrétise donc ses plus récentes inspirations. En évoluant ainsi dans sa zone de confort(sans qu’on puisse le lui reprocher, J.Robbins tire sans ménagement les ficelles de la nostalgie, reprend ses lignes de guitare singulières (« Stella Vista ») comme ses mélodies reconnaissables (« Your Majesty ») qui remuent instantanément les souvenirs de Burning Airlines ou de Jawbox, deux monuments érigés sur une seule et même base (« Our Own Devices », » Un-Becoming », « Soldier On »). Même le recours – pas toujours justifié (« Anodyne », « Abandoned Mansions ») – au violoncelle n’offre pas assez d’originalité pour faire dévier la mémoire.

Chez J.Robbins, point d’opportunisme : on ne change pas une équipe qui gagne, et peu importe que le temps mette parfois sa musique sous son emprise (« Radical Love », » Skeleton Coast », « Citize »n). Du haut de ses 33 ans de carrière, celui que l’on peut considérer comme l’une des rares figures du post hardcore originel a manifestement pas mal de leçons à donner encore, à condition de se cantonner à son registre de prédilection. Il le prouve d’ailleurs généreusement tout au long de ce Un-Becoming authentique et sincère, dernier témoignage en date d’un savoir faire unique.

***1/2

12 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

9T Antiope & Siavash Amini: « Harmistice »

L’association du duo 9T Antiope formé par Sara Bigdeli Shamloo et Nima Aghiani, et Siavash Amini semble évidente, tant leur approche respective de la musique s’inscrit dans la viscéralité et l’abstraction astrale de sens perdus dans un au-delà tournoyant.

La voix de Sara Bigdeli Shamloo flotte sur des atmosphères aux tensions menaçantes, courants électriques aux décharges inquiétantes, effluves magnétiques d’un chaos gravissant les pentes glissantes d’un futur peint de noir.

Harmistice envoute et enrobe la chair de couches plastiques, asphyxie l’âme sous l’accumulation de peurs vibrantes et de trous percés dans un espace-temps aux courbes instables, flux générés par l’oscillation de mouvements portés par les souffles hantés de mémoires effacées.

***1/2

12 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire