No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Big Business: « The Beast You Are »

Le dernier album de Big Business, The Beast You Are, constitue probablement l’une des plus belles bandes son à écouter sous une pluie noire et menaçante. C’est, du moins, ce à quoi on pensé en découvrant « The Moor You Know. » Le morceau progresse lentement sur un riff de basse menaçant, et la voix rocailleuse de Jared Warren est tour à tour introspective, sombre, étrange, avant de prendre les devants pour rester presque hors de contrôle, comme pour mieux combattre par le mal certaines heures tristes. Coady Willis cogne derrière ses fûts, ponctue le morceau d’une batterie lourde, aussi épaisse que du plomb proche du point de fusion.

On y entend aussi quelques phrases de synthétiseur qui accentuent encore un peu plus ce fond d’angoisse pas complètement digéré pour finir par lentement nous plonger dans un nuit froide et effrayant. Mais « The Moor You Know » ne se limite pas qu’à cette ligne de basse jouée sur des cordes étouffées avec la ferme intention de rendre l’ambiance pesante. Le duo joue sur les contrastes de son instrumentation, repart à l’assaut, balance quelques riffs distordues et relance le morceau avec un certain souffle guerrier. Quand la fatigue est à son comble, cette musique, plus que de raison, peut s’écouter alors pour accompagner un café définitivement réparateur.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mark Barrott: « Sketches From A Distant Ocean »

Adepte d’un style baléarique très évocateur, l’anglais Mark Barrott, venu de la house et de la drum’n’bass, s’est lancé en 2014 dans l’écriture d’albums inspirés par l’île d’lbiza, intitulés Sketches from an Island.
Avec
Sketches From A Distant Ocean, on continue le voyage en terres exotiques et on profitera encore une fois de ces sonorités que l’on imagine venues des plus belles îles du Pacifique.


Comme sur les précédents albums,
Mark Barrott déploie une palette sonore très suggestive, créant des musiques aux résonances tropicales, avec guitares ondulantes, synthés aériens et marimbas. Il donne vie ainsi à des mélodies suaves et des rythmes dansants, avec des fields recordings qui évoqueront la douceur et la beauté d’une ile perdue au cœur de l’océan.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Helgi Jonsson: « Intelligentle »

C’est presque devenu un genre que d’être un chanteur islandais, sans doute que l’écoute est biaisée par cette origine géographique mais on ne peut s’empêcher de déceler des points communs avec d’autres. On ne va pas essayer de distinguer la composante « nordique’ »de cette musique mais elle est manifeste, c’est une musique de soleil et de brouillard, de froid et de confort, de douceur et d’âpreté. Dans ce contexte, on pensera notamment aux moments calmes d’un Lonely, Dear ou aux belles choses deLow Roar, l’Américain exilé sur cette île.

Comme souvent, la mise en bouche iu en boucle est le meilleur moment. « Lofa Mér » mêle en effet douceur du piano et une densité électronique sur la fin, et on retrouvera cette densité et des cordes sur « Lyfta ».

Si Helgi Jonsson joue tout tout seul, les paroles sont souvent dues à sa compagne, Tina Dickow, qui prête aussi sa voix à quelques morceaux pour de belles et douces harmonies. On retrouve au fil de cet album apaisé de belles mélodies (« Trouble Is) », des arpèges de guitare (« Intelligentle ») mais aussi un peu d’attention qui retombe quand les arrangements se font plus passe-partout (« Hundred Miles », « Run Wild » où il montre un bel engagement). Comme chez Indridi, il s’exprimera aussi dans sa langue natale sur le joliment nommé (« Brudkaupslag »).

Bref, voici un autre de ces artistes si vous avez déjà fondu pour des artistes nordiques et plus singulièrement islandais, qui nous accompagnera tant que l’hiver existera, et au-delà.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Waterboys: « Where The Action Is »

Les Waterboys sont des oubliés mais cela ne les empêche pas d’être de retour. Temps aidant, Where The Action Is suscite souvenirs flous d’autant plus que le première écoute est enlevée, voire fougueuse. La chanson-titre riffe de façon alerte et « London Mick » pourrait même être qualifiée de débridée.

La surprise est belle; tant le groupe semblait avaoir réccroché ses crampons. Mike Scott et ses acolytes dans une forme optimale. S’ils baissent la garde avec « Out of all this Blue », la trame demeure toujours aussi veloutée et « Right Sde of Heartbreak (Wrong Side of Love) » affiche une touche funky et déliée de plus bel aloi renda,nt le combo ancore plus crédible en termes de musicalité et de nerf à l’exemple de « In my Time on Earth ».

Ensuite le propos va s’assagir sensiblement ; « Ladroke Grove Symphony » ne fait pas mentir son titre en matière de mélodicisme et « Take me where I will Follow » imposera des abords mêlant vocaux à la limite du hip-hop, coolitude électro et vocaux de choix. Le rendu est hybride et plaisant. Il surprend un peu, mais passe le cap.

Celui-ci est maintenu avec la soul feutrée mais racée de « And There’s Love » ou la pop élégante sur « Then She Made The Lasses O (Mash) » ouù les voix se mêlent et les sons cuivrés font leur effet. Le final, « Piper at the Gates of Dawn », lui, n’aura rien à voir avec le chef d’oeuvre du Pink Floyd période Syd Barrett mais poursuivra une trame narrative, sensible en clair-obscur.

The Waterboys abordent ce nouvel opus avec allant pour ensuite lever le pied ; ils n’en demeurent pas moins qu’ils sont encore pertinents et capables d’insuffler un peu d’action là où ils se situent aujourd’hui.

***

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Maps and Diagrams: « Azurescens »

Maps And Diagrams est une extension de Bluhm un des duos que ce dernier a formés tant il est un artiste prolifique (2 ou 3 albums par an et

une multiplication des sorties qui rend l’Anglais difficile à suivre. Musicalement, au surplus, il a délaissé son electronica pour une approche plus ambient, avec morceaux plus longs et mélodies moins présentes. Il nous fallait pourtant reprendre l’attache du Britannique un moment ou un autre, et ce long-format paraissant sur deux labels simultanément semblait le véhicule idoine.

Si l’auditeur pensait encore associer Maps And Diagrams à de l’electronica mélodique, il sera rapidement détrompé : textures superposées, petites perturbations sonores, travail sur la profondeur des nappes et large absence de mélodies structurent ainsi les onze morceaux du disque. Ces dernières n’ont toutefois pas complément disparues, non plus que les rythmiques ; en témoignent « Spore » et « Sola », par exemple, avec leurs accents futuristes dans leur utilisation de montées chromatiques de synthé.

Alors que certains titres paraissent un rien trop paresseux, on appréciera l’introduction de quelques traits de guitare électrique, venant zébrer l’espace dense et sombre mis en place par ailleurs, et de percussions sèches apportant corps et consistance à des nappes qui peuvent sembler parfois trop éthérées (« Bohemica »). De même, des sortes de grelots amènent progressivement les nappes à se doter d’une saturation assez intéressante (« Amarra »). À d’autres moments, ce sont des aspects plus oniriques qui s’invitent sur Azurescens : accords coruscants, bruissements agréables ou touches de clavier presqu’aquatiques. Au reste, c’est avec ces notes, sur le caudal « Vesca », que se clôt un album finalement plus intéressant que ce qu’on aurait pu imaginer de prime abord.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Sacramento: « Lido »

En dépit de son patronyme, Sacramento ne vient pas de Californie mais de Milan. La géographie n’a pourtant que faire de la symbolique car le son de ce trio s’apparente à ces incursions dans les ambiances des années 80 sises sur la West Coast.

La musique est ustrée, policée et elle fonctionne à merveille quand le tempo s’élève. Mais si on approche la neurasthénie sur « Why d U Die », finalement, ce n’est pas désagréable du tout et on pourra même profiter de la mollesse de « A Cowboy In Shamokin ».

On peut voir ça comme un objet un peu suranné mais l’effet est différent quand on le fréquente plus assidûment ; on les raccrochera ainsi plus facilement au train de faux branleurs comme Mac De Marco ou Walter Martin. « Spacetrip » et sa choriste est un morceau à la mélodie assez imparable. Il arrive à lancer des ponts entre une certaine idée « pro »g des années ’70, des sons un peu froids de la décennie suivante et une densité bien de notre époque.

La paresse est un état d’esprit et si vous cherchez la bande-son pour ces moments-là, Sacramento poura vous fournir cette dose de spleen qui s’avère, au fond, bienrevigorante.

***1/2

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

River Whyless: « Kindness, A Rebel »

En 2016, River Whyless avait fait marqué les esprits avec son album We All The Light. Et même si le groupe d’Asheville na pas rencontré encore le succès escompté, on peut le considérer comme étant un des combos les plus talentueux de la scène folk américaine. Il tente, ici, de confirmer cet espoir placé en lui avec Kindness, A Rebel.

Cette fois-ci, l’heure n’est plus à la fête mais à la prise de conscience. River Whyless fait parti de ces groupes qui ont été traumatisés par les élections américaines et ila décidé de soulever un tas de questions. En n’abandonnant jamais ses inspirations folk qui lui ont été primordiales, le groupe nous envoie des ondes ne laissant indifférent personne sur « All of My Friends » qui ouvre le bal mais encore sur « Born In The Right Country » et autres « Van Dyke Brown ».

Entre les harmonies vocales et les riffs mélodiques, River Whyless n’hésite pas à incorporer des sonorités venant des quatre coins du monde. Que ce soit des influences sud-américaines, orientales ou afro, Kindness, A Rebel nous offre de beaux moments comme « Falling Farm », « The Feeling of Freedom » ou bien même « Another Shitty Party ». S’achevant sur un somptueux « Mama Take Your Time », il parvient, en outre, à éveiller les consciences avec grâce et délicatesse.

***1/2

 

8 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire