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October Tide: « In Splendor Below »

À l’instar de Saturnus, tous les changements inhérents à October Tide (line-up, label, logo, etc.) n’ont jamais rien changé au fond ni aux formes de leur musique. Troublant (on note toutefois une disparition des claviers après le premier album). Depuis le premier album – Rain Without End, sorti en 1997 – d’un projet qui se présentait à l’époque comme un side-project à Katatonia, l’orientation est purement doom/death, sous-genre musical où les guitares sont au centre du propos. Elles posent le cadre et l’embellissent. On retrouve donc un midtempo plombé et un florilège de mélodies à la beauté froide qui nous ramènent instinctivement à la période Brave Murder Day / Sounds of Decay de Katatonia.

Ce constat fait, on peut émettre une solide hypothèse : OT demeure et restera jusqu’à la fin des temps le projet de cœur de Fred Norrman (et dans une moindre mesure, celui de son frère Mattias, bassiste ou second guitariste selon les besoins du groupe) : celui qui injecte les fluides, l’initiateur, le compositeur de génie. Malgré la participation de Jonas Renkse sur les deux premiers albums (dont le dernier pour lui, l’excellent Grey Dawn [1999]), qu’on peut se risquer à qualifier d’anecdotique, Norrman et October Tide seront liés jusqu’à la mort de l’un ou de l’autre.
De 1999 à 2010, l’entité disparait, puis renaît avec un line-up cristallisé autour de Fredrik et Mattias. Il restait des démons à extérioriser. Depuis sa reformation en 2010 (quelques mois après que les frères Norrman aient quitté Katatonia), quatre albums ont vu le jour, inégaux mais loin d’être dispensables (
Winged Waltz [2016], pauvre en moments forts, succède à un Tunnel Of No Light un brin décevant).

Tout est aujourd’hui oublié car In Splendor Below s’impose facilement comme une des productions les plus vibrantes de la discographie des Suédois. Un sixième album transcendant qui rappelle les meilleures heures d’un doom/death sans compromission (entre 1995 et 2005, à quelques mois près), et dans lequel la guitare lead se distingue majestueusement. Inspirés en diable, tous les titres sont gorgés en mélodies puissamment mélancoliques et en refrains addictifs (« Stars starve me » et « Guide my Pulse » peuvent à eux-seuls représenter le genre). On reste impressionné par la cohésion de l’ensemble, l’absence de déchets, et par la lourdeur rythmique qui certes ne varie que très peu, mais qui laisse filtrer des suites de notes célèbrant les ténèbres. Obscurité et désespérance, magnifiés par le chant d’Alexander Högbom (Centinex, Demonical), parfait dans son rôle d’hurleur d’outre-tombe. Fred Norrman parvient à réinjecter de la magie dans un genre où tellement de choses ont déjà été dites… d’ailleurs, hormis Daylight Dies ou Swallow The Sun, aucun groupe ne peut sérieusement prétendre égaler cette maîtrise du sujet et son exploitation.
On connaissait l’aura noire et les potentialités d’OT, son rayonnement dans un ciel où les étoiles doom/death ont disparu une à une ; mais on ne s’attendait pas à une telle décharge émotionnelle, un tel sursaut d’orgueil. Que les amateurs de musiques sombres et électrifiés s’en réjouissent.

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7 juin 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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