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Tant qu'il y aura du Rock!

Ian Hawgood: « Impermanence »

Nonobstant ses multiples sorties (au moins deux par an), il n’avait pas été donné occasion de se pencher sur Ian Hawgood dont Impermanence est le premier album solo. Il est vrai que l’artiste aime à intervenir en duo et que, jusqu’à présent, ce sont surtout ses travaux avec Danny Norbury, Giulio Aldinucci, Wil Bolton ou Tim Martin qui avaient attiré l’attention.

En outre, son ambient avait toujours paru un peu trop traditionnelle pour beaucoup chose sur laquelle oppotunoté était ici donnée d’effacer cette fâcheuse impression.

Avec ses quarante minutes et ses neuf morceaux, Impermanence permet de se trouver face à des superpositions de nappes, issues de cassettes, synthés et guitares traitées, soit le parfait attirail de l’amateur d’ambient enveloppante, ondoyant doucement et jouant sur de fines percées lumineuses (« Whispers », « Ever Loved », « Never Alone) ». Aux côtés de ce programme, somme toute très classique, on goûtera davantage les passages dans lesquelles les plages accueillent une légère saturation, forme de perturbation plutôt bienvenue (« Never Gone ») ou, à l’autre bout du spectre, les moments plus sombres (« Grace »).

Comme très souvent avec ce registre musical, c’est également quand les morceaux dépassent les quatre minutes qu’on peut pleinement entrer dans les propositions d’Ian Hawgood, artisan assurément honnête mais qui se démarque, au final, un peu plus de la production existante.

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6 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Pip Blom: « Boat »

Pip Blom est un combo néerlandais qui, peu à peu, commence à faire parler de lui scène indie rock européenne. Le quatuor composé de deux filles et de deux garçons mené par la pétillante chanteuse Pip ainsi que son frère guitariste Tender a, en effet, à prouver que qes premiers E.P.s n’étaient pas un feu de paille at que le véritbale épreuve du feu, à savoir un premier album, était essentielle.

Sur Boat, la recette idéale era celle de compositions indie rock aux douces saveurs lo-fi facon 90’s, le tout associé à des riffs grungy et au chant entraînant de Pip. Résultat des courses, on assistera à une vague de fraîcheur à l’écoute des morceaux comme l’introduction « Daddy Issues » qui donne le ton sans oublier « Say It », « Bedhead » et autres « Tinfoil ».

Le quatuor hollandais se complète à merveille et on sent qu’ils ont digéré les disques de Sleater-Kinney et de Regina Spektor des tout débuts surtout sur « Don’t Make It Difficult ».

L’esprit vivace est là et on ne s’ennuiera jamais une seconde à l’écoute de l’album. Que l’on tape du pied ou que l’on se laisse entraîner par ces mélodies accrocheuses que sont « Ruby », « Sorry » et « Aha », ce premier album abouti et cohérent va droit au but comme il se doit. Au final, Pip Blom confirme bien qu’il reste un espoir de la scène indie européenne avec ce Boat bincisif et mordant.

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6 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sacred Paws: « Run Around The Sun »

En 2017, une bouffée d’air frais s’était invitée sur la scène anglaise, il s’agissait du duo féminin Sacred Paws mi-londonien mi-écossais qui navait marqué un profond sillon avec son premier album Strike A Match résolument ensoleillé et entraînant. Les voici de retour pour Run Around The Sun.

Rachel Aggs (chant, guitare) et Eilidh Rogers (batterie) retroussent leurs manches et nous offrent une bonne dose de post-punk afro dansante pour ceux qui en redemandent. Une fois de plus, Sacred Paws marche de nouveau sur les pas de feu Golden Grrrls et de Shopping à l’écoute des titres aux rythmiques enjouées comme « The Conversation » qui ouvre le bal ou bien même « Shame On Me » avec son orgue bien jovial et les claviers doucement psychédéliques de « What’s So Wrong ».

Il peut arriver que d’autres arrangements viennent s’y greffer pour donner plus d’envergure comme les cuivres sur « Almost It » et sur « Life’s Too Short » ou des percussions endiablées sur les rythmiques effrénées de « Is This Real ? ». Mais la majeure partie du temps, Sacred Paws marche droit dans sesbottes et sait faire réfléchir son auditeur tout en le faisant danser sur « Write This Down » jusqu’au morceau final, un « Other Side », qui devrait consolider la réputation du tandem.

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6 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Martyrdöd: « Hexhammaren »

On avait découvert le crust metal bien brutal de Martyrdödil y a trois ans avec un List de facture assez classique mais dont la radicalité avait quelque chose d’atypique et d’intéressant.

Hexhammaren st la nouvelle salve des musicuens suédois at, attendue avec une certaine fébrilité, elle va voir cette dernière récompensée avec un enchaînement de titres uptempo,

portés par une voix bien granuleuse, des riffs classiques et efficaces, une rythmique assez minimaliste et quelques fioritures mélodiques à la guitare solo.

Tout çla va bien s’équilibrer et permettra d’apprécier la folie et la violence de l’ensemble sans que l’on enonce au plaisir de l’analyse qui nous autoriserait à différencier les compositions.

Par rapport à la première livraison, le son est plus massif, le mix moins froid et plus clair. Ainsi la voix va mieux ressortir, de façon moins directe mais sans que l’aspect « trashy » ne soit jeté aux orties.

L’effort reste porté sur le mélodique sans que l’on tombe dans une sensibilité mal placée ; au final on pourra trouver que Hexhammaren est une mauvaise surprise tant il ne possède pas l’aura de nouveauté de List. En revanche on ne pourra que se féliciter du fait que Martyrdöd ne se réfugie pas dans l’immobilisme et que, de ce fait, il a encore des idées à avancer.

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6 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Katie Dey: « solipsisters »

Katie Dey n’avait pas donné signe de vie depuis trois années et son emblématique opus, Flood Network. Il était donc temps pour la musicienne australienne de réapparaître avec cet album un peu surprise, solipsisters.

Ce qui fait l’originalité de la native de Melbourne, c’est celle d’allier bedroom-pop et pop expérimentale pour en faire un résultat plutôt exceptionnel.e sera, ainsi, à travers des textures brumeuses et des sonorités extra-terrestres que Katie Dey tire son épingle du jeu notamment sur le titre d’introduction nommé « waves » mais également sur le piano hypnotique de « stuck » et « dissolving ».

Avec une interprétation débridée et étrange et des instrumentations alliant le synthétique et l’organique rappelant quelque peu les allures d’Animal Collective période Feels, elle continue de nous embarquer dans un univers parallèle qui s’avère illogique mais se révèle charmant au final.

Impossible, donc, de vouloir résister aux épopées audacieuses de l’éblouissant « shell » où elle se confie sur sa voix bien particulière ou bien de « unforming » la révélant en tant que compositrice affirmée.

S’achevant sur un magistral « sieve », Katie Dey opère un autre tour de force avec ce solipsisters plus lumineux et moins chaotique qu’à l’accoutumée. Avec un univers musical transcendant et des textes personnels dont il faut décoder les références, l’Australienne sait comment emmener son auditeur très loin de la planète.

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6 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Kishi Bashi: « Omoiyari »

On n’avait plus de signe de vie de la part de Kishi Bashi et son troisième album Sonderlust paru il y a maintenant deux ans et demi. Il est fort dommage que le musicien américain d’origine japonaise soit soit sous-estimé de la sorte car à travers ses récits personnels, il ressort toujours des œuvres d’exception. Une fois de plus, il nous le prouve avec l’incroyable Omoiyari.

Moins personnel thématiquement parlant et plus sociopolitique dans les discours, Kishi Bashi donne son avis sur la montée de la white supremacy aux Etats-Unis suite aux élections américaines de 2016 ayant plongé le pays dans le chaos. Profondément affecté par le sort des Américains ainsi que des personnes étrangères vivant sur le sol, il décide de cicatriser cette douleur et ce malaise général en musique. Et pour ce faire, il revient aux sources en nous offrant ses compositions les plus touchantes avec « Penny Rabbit and Summer Bear » qui ouvre le bal ou bien même « Marigold » et « Angeline ».

Omoiyari le verra emprunter des influences plus baroques et moins audacieux qu’auparavant. Un peu comme si Sufjan Stevens de la période Illinois et Fleet Foxes ou bien même Other Lives fusionnait sur des titres aux allures dramaturgiques comme « F Delano » et « Summer of ’42 » où il nous plonge dans des récits dignes des plus grandes épopées de l’histoire de son pays d’origine. Qu’il chante en japonais sur le théâtral « Theme From Jerome (Forgotten Words) » ou que ce soit en instrumental sur le frémissant « A Meal For Leaves », Kishi Bashi ne laissera personne indifférent. Excepté la conclusion country-folk un peu trop légère nommée « Annie, Heart Thief of the Sea » en revanche.

Avec Omoiyari, Kishi Bashi revient aux sources et nous offre son disque le plus touchant et le plus engagé de sa carrière. En ouvrant les grandes pages de l’histoire et en remettant le contexte dans la société d’aujourd’hui, le musicien arrive enfin à faire ouvrir les yeux de son auditeur et nos oreilles avec.

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6 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire