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Neil Hannon & The Divine Comedy: « Offline Politics »

Trois ans se sont écoulés depuis le come-back de Neil Hannon et de The Divine Comedy un retour marqué par l’album Foreverland qui n’avait pas recueilli le même enthousiasme que la plupart de ses disques précédents. Office Politics, le douzième opus du groupe avait donc pour mission de réconcilier l’artiste avec des fans déçus .

Axé sur le monde du travail et ce qu’il entoure ; les privilèges pour certains, les miettes pour les autres, c’est précisément cette thématique qu’aborde Neil Hannon dans « Queuejumper », morceau d’ouverture et premier extrait de ce nouveau disque. Sans être une révolution, le titre est plutôt accrocheur grâce, en particulier, à une rythmique ne laissera pas indifférent. Bonne entame donc, même s’il ne s’agit pas du meilleur morceau de Office Politics. Le disque va d’ailleurs se découper en deux parties. Celle où on retrouve le Neil Hannon classique, au piano, dramatique ou derrière une pop song dont il a le secret, et une autre, où l’Anglais va se montrer davantage électronique, son amour pour Kraftwerk n’est pas étranger, mais aussi expérimental, avec, disons-le, plus ou moins de réussite.
La première partie se montrera, par conséquent, plus simple d’accès avec le titre d’ouverture mais aussi un plaisant « Norman And Norma » façon eighties tout comme ces ’autres sompositions aux guitares funky que sont « Office Politics », « Absoluletly Obsolete » ou encore « The Life And Soul Of The Party ». Neil Hannon, avec une parfaite « anglicité », affichera un final de très grande classe lors d’un majestueux « You’ll Never Work In This Town Again », que n’aurait pas renié Burt Bacharach ou John Barry.
On trouvera aussi des moments sombres dans cette tranche de chansons. « I’m A Stranger Here » est particulièrement dramatique et « Dark Days Are Here Again » ne fera pas mentir son titre de fin du monde. Mais Neil Hannon conservera, toutefois, suffisamment d’élégance pour encore nous charmer, notamment avec les deux derniers morceaux de cet album dont « After The Lord Mayor’s Show » remportera la palme de la mangnificence triste.


La seconde moitié connaitra davantage de hauts et de bas. Si « Infernal Machines » illustre parfaitement la cadence mécanique et épuisante du travail avc un groove presque psychédélique qui semble tout écraser sur son passage, la douceur sera de mise sur « A Feather In Your Cap », notable par sa nappe synthétique. Du reste Neil Hannon se lâchera ensuite littéralement dans un dialogue entre une machine et lui-même le temps d’un « Psychological Evaluation » suivi par un « The Synthesiser Service Centre Super Summer Sale » quelque peu boursouflé. Probablement inspiré de la boulimie de pubs et autres messages publicitaires ingurgités à longueur de journées, Hannon propose là une de ses chansons les plus osées. « Philip And Steve’s Furniture Removal Company », de son côté, se voudra comme allant au-delà du concept de la collaboration entre Philip Glass et Steve Reich,mais s’avèrera avant tout comme un morceau qui aurait plutôt mérité de figurer en face B d’un éventuel « single ».

Tout n’est donc pas parfait dans ce disque, un peu comme dans le monde du travail.
Office Politics est un disque riche et particulièrement osé. Même si ce n’est pas un double album (seize chansons le constituent tout de même), il est, à sa manière, le Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me de The Divine Comedy. Un peu long il est vrai, mais tout le monde y trouvera sûrement un peu son compte ce qui est bien l‘essentiel. Neil Hannon n’aura peut-être pas réussi à se réconcilier avec tous ses fans, il n’en demeure pas moins que sa prise de risque mérite d’être saluée et, plus encore, de s’avérer payante.

***1/2

5 juin 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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