No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Tim Shiel : « Glowing Pains/Deep Cuts »

Tim Shiel est compositeur, DJ de radio et producteur du label Spirit Level, à Melbourne. Il a réalisé en 2018 la bande son de The Gardens Between, un jeu vidéo de réflexion mettant en scène deux adolescents dans un univers fantastique où le joueur peut manipuler objets et personnages dans une lignée temporelle : sphères de lumière à capter, fleurs lumineuses tombant sur les chemins d’exploration, chute dans un vaste océan de rêves serti de petites îles d’expériences partagées…

Tout récemment paraît cet ensemble de morceaux inédits intitulés Deep Cuts, qui s’inscrivent dans la continuité de la bande son principale, et s’écoutent volontiers sans les intrigues du gameplay. Tim Shiel y déploie les mêmes ambiances mystérieuses et oniriques (« Child Life) », un environnement de voix d’enfants lointaines et de sons liquides (« New King Mega »). Mélodies répétitives, ludiques, notes sautillantes mimant à merveille une progression linéaire confrontée à des découvertes d’objets (« Graphiti »), les courtes pièces de Deep Cuts semblent léviter dans l’éther et forment une véritable bande-son pour rêver et remonter dans le temps.

***

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Marissa Nadler & Stephen Brodsky: « Droneflower »

Faire évoluer sa carrière solo de façon abrupte est évidemment une option, mais rechercher l’enrichissement via une collaboration est également une prometteuse possibilité. Avec ce projet-ci, c’est forcément la seconde solution que Marissa Nadler a choisie. Elle qu’on avait déjà retrouvé dans l’expérience Sailor With Wax Wings s’associe à Stephen Brodsky aguerri par ses prestations dans des groupes plutôt musclés (Old Man Gloom, Cave In, Mutoid Man, New Idea Society) pour de nouvelles envies communes d’écriture qui ne trouvaient pas place dans leurs discographies respectives.

Mêler une voix aérienne et du gros son n’est pas une idée neuve certes mais il faut d’emblée préciser que résultat n’est aucunement le metal gothique qu’on aurait pu penser. La lourdeur est forcément au rendez-vous mais finalement pas si présente. Sur « For The Sun » la guitare est lourde mais en fond, le morceau reste aérien et aéré avec des notes de piano. La voix de Nadler est vraiment dissimulée dans le mix, ne gardant que sa composante aérienne.

On est en tous cas très loin du systématisme. On peut passer de sons pas très éloignés du post-rock (« Buried In Love ») à des arpèges plus légers. Quand « Shades Apart » est articulé autour de ces arpèges, les sons ne sont pas que folk et c’est une guitare électrique pleine de réverb’ qui vient s’ajouter. « Space Ghost I » et « Space Ghost II » sont même des pièces plus évanescentes, sans guitare aucune. « Dead West » est plus figuratif, confinant même à l’âpreté et à la scansion au néo-folk.

On retrouve avec plaisir deux reprises, « Estranged » de Guns ‘n Roses et « In Spite of Me » de Morphine, deux univers bien distincts et a priori également éloignés de l’esprit de l’album. Dans la première nommée, ceux qui ne connaissent pas l’original ne pourront qu’avec difficulté discerner qu’il s’agit d’une reprise. Evidemment, la longueur hors-normes et l’aspect épique maintenant un peu datés ne sont pas privilégiées par les forces en présence. Mais il faut convenir qu’en l’état on a affaire à un grand morceau. Le classique In « Spite of Me », un peu atypique dans la discographie singulière du groupe reçoit le renfort de son saxophoniste. Il s’agit en fait d’un très beau terrain de jeu pour affirmer style.

Les chansons de Marissa Nadler sont toujours un peu hantées, leur donnant un cachet certain à ce qui pourrait être classiquement folk. On comprend l’intérêt de confronter son univers à celui d’autres artistes. Si cette collaboration-ci a tout son sens et une variété qu’on ne retrouve pas nécessairement sur les albums de la Bostonienne, on pourra trouver aussi une intensité manifeste mais moins envoûtante que ses propres albums. Mais ce qu’ils réussissent ici permet d’explorer de nouvelles pistes sonores bien cohérentes.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

bvdub: « Explosions in Slow Motion »

Comment peut-on être un musicien prolifique, sans pour autant perdre en qualité ? bvdub détient la réponse a cette question, puisqu’il ne cesse disque après disque de témoigner de ses qualités de producteur hors pair. Peu après la sortie de Heartless, son dernier album, l’Américain a quitté la Californie pour partir s’installer à Varsovie. Cette période de quelques mois passée en Pologne a été humainement très difficile pour Brock Van Wey, qui s’est retrouvé dans une situation d’isolement quasi-totale du monde extérieur. C’est en hiver, depuis son appartement polonais qu’a été conçu ce nouvel album puissant, probablement le plus triste de sa carrière.


Composé de quatre vignettes (dénommées « Ember ») et de quatre longues formes propres à l’univers de bvdub, d’une durée de 80 minutes, cet album développe une atmosphère singulière et nostalgique dont seul bvdub a la clé. Les nappes de synthétiseur sont plus puissantes que jamais sur ce nouvel opus, et l’utilisation de violons comme sur
un titre à la beauté désarmante comme « Disappearing in the Sun » viennent contribuer à forger un monolithe à la dimension quasi infinie.
La musique de bvdub parle au coeur, et
Explosions in Slow Motion vient apporter une nouvelle pierre à l’édifice de l’inégalable carrière de l’artiste.

***

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Emotional Indulgence: « Emotional Indulgence »

Le code couleur de cet album, entre rose et violet, laisse croire à un album d’influence vaporwave ou whillwave après la lettre. Et c’est par endroits le cas, même si Daniel Hill et Juliana Dieterich revendiquent l’esprit et la tonalité musicale d’un genre à vocation thérapeutique appelé « healing » ou curatif outre-atlantique : ils évoquent dans les notes le symbolisme de ces couleurs : l’intuition, la sensibilité, la compassion et une propension à faciliter la guérison / réparation psychique.

Malgré des flutes lénifiantes à ascendance new age, des nappes de synthé réverbérées et traversée par les belles envolées vocales de Juliana Dieterich, Emotional Indulgence reprend les samples ralentis (« Decide », « JadeDragonz7) », les percussions et sonorités de fairlight des années 80, qui caractérisent – entre autres, le courant vaporwave.

L’ensemble est percussif, rythmé, séduisant, riche d’évolutions inattendues (« Chrysalis », « Powdery Blue », « Beyond in a Blue Feel »), davantage propice à susciter des états de conscience sous psychotropes : une réparation psychique si on en accepte la proposition.

***

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Maps: « Colours. Reflect. Time. Loss »

Le temps qui s’écoule entre deux albums de Maps s’allonge un peu plus avec chaque sortie : deux ans pour le second, quatre pour le troisième, et maintenant six pour voir paraître Colours. Reflect. Time. Loss.. Heureusement, James Chapman, l’homme orchestre qui officie seul dans Maps, sait où il va.
Sur cet album, ce ne sont pas que les étendues géographiques que le musicien explore. Il a entrepris un voyage intérieur dans les méandres de la mémoires. Réfléchissant à comment un souvenir peut se comporter comme un être vivant qui apparaît, disparaît, se transforme, comme mu par une volonté propre. Le parti pris de cet album inspirant la nostalgie est que les souvenirs ne devraient pas nous appartenir.


Colours. Reflect. Time. Loss. est une oeuvre philosophique autant que musicale. Elle a été écrite loin du brouhaha de la ville et des medias par un artiste qui regrette que Google Maps banalise l’utilisation des cartes, mais qui se repose sur la technologie pour jouer sa musique. L’artiste-ermite a trouvé sa paix intérieure et peut sagement dire que Just Reflecting est le morceau qui sera joué à ses funérailles.
Paradoxalement, alors que l’album est très intimiste, James Chapman n’a jamais été autant entouré. Trois chanteuses assurent les choeurs sur plus de la moitié des titres interprétés : Cecilia Fage de Cobalt Chapel, Jennifer Pague de Vita And The Woolf et Rachel Kenedy de Flowers. Pour la première fois, il est également accompagné d’un véritable orchestre pour donner vie aux sections de cordes et de cuivres.
Ce sont pourtant dans les morceaux où il ajoute une pointe de rock que l’on pourra sur cet album. La guitare, même discrète sur « You Exist In Everything » donnera plus de contraste à l’avalanche de synthés et la batterie de « Wildfire » qui tire le morceau comme un locomotive.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Neil Hannon & The Divine Comedy: « Offline Politics »

Trois ans se sont écoulés depuis le come-back de Neil Hannon et de The Divine Comedy un retour marqué par l’album Foreverland qui n’avait pas recueilli le même enthousiasme que la plupart de ses disques précédents. Office Politics, le douzième opus du groupe avait donc pour mission de réconcilier l’artiste avec des fans déçus .

Axé sur le monde du travail et ce qu’il entoure ; les privilèges pour certains, les miettes pour les autres, c’est précisément cette thématique qu’aborde Neil Hannon dans « Queuejumper », morceau d’ouverture et premier extrait de ce nouveau disque. Sans être une révolution, le titre est plutôt accrocheur grâce, en particulier, à une rythmique ne laissera pas indifférent. Bonne entame donc, même s’il ne s’agit pas du meilleur morceau de Office Politics. Le disque va d’ailleurs se découper en deux parties. Celle où on retrouve le Neil Hannon classique, au piano, dramatique ou derrière une pop song dont il a le secret, et une autre, où l’Anglais va se montrer davantage électronique, son amour pour Kraftwerk n’est pas étranger, mais aussi expérimental, avec, disons-le, plus ou moins de réussite.
La première partie se montrera, par conséquent, plus simple d’accès avec le titre d’ouverture mais aussi un plaisant « Norman And Norma » façon eighties tout comme ces ’autres sompositions aux guitares funky que sont « Office Politics », « Absoluletly Obsolete » ou encore « The Life And Soul Of The Party ». Neil Hannon, avec une parfaite « anglicité », affichera un final de très grande classe lors d’un majestueux « You’ll Never Work In This Town Again », que n’aurait pas renié Burt Bacharach ou John Barry.
On trouvera aussi des moments sombres dans cette tranche de chansons. « I’m A Stranger Here » est particulièrement dramatique et « Dark Days Are Here Again » ne fera pas mentir son titre de fin du monde. Mais Neil Hannon conservera, toutefois, suffisamment d’élégance pour encore nous charmer, notamment avec les deux derniers morceaux de cet album dont « After The Lord Mayor’s Show » remportera la palme de la mangnificence triste.


La seconde moitié connaitra davantage de hauts et de bas. Si « Infernal Machines » illustre parfaitement la cadence mécanique et épuisante du travail avc un groove presque psychédélique qui semble tout écraser sur son passage, la douceur sera de mise sur « A Feather In Your Cap », notable par sa nappe synthétique. Du reste Neil Hannon se lâchera ensuite littéralement dans un dialogue entre une machine et lui-même le temps d’un « Psychological Evaluation » suivi par un « The Synthesiser Service Centre Super Summer Sale » quelque peu boursouflé. Probablement inspiré de la boulimie de pubs et autres messages publicitaires ingurgités à longueur de journées, Hannon propose là une de ses chansons les plus osées. « Philip And Steve’s Furniture Removal Company », de son côté, se voudra comme allant au-delà du concept de la collaboration entre Philip Glass et Steve Reich,mais s’avèrera avant tout comme un morceau qui aurait plutôt mérité de figurer en face B d’un éventuel « single ».

Tout n’est donc pas parfait dans ce disque, un peu comme dans le monde du travail.
Office Politics est un disque riche et particulièrement osé. Même si ce n’est pas un double album (seize chansons le constituent tout de même), il est, à sa manière, le Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me de The Divine Comedy. Un peu long il est vrai, mais tout le monde y trouvera sûrement un peu son compte ce qui est bien l‘essentiel. Neil Hannon n’aura peut-être pas réussi à se réconcilier avec tous ses fans, il n’en demeure pas moins que sa prise de risque mérite d’être saluée et, plus encore, de s’avérer payante.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Fujiya & Miyagi: « Flashback »

Fujiya & Miyagi proposent depuis 1999 une pop electro d’une qualité constante ce qui a permis au groupe de Brighton de s’imposersur la scène electro comme une sorte de Teenage Fanclub plus porté sur Kraftwerk et Aphex Twin que sur les Byrds.
Au programme, comme sur chaque album : des voix susurrées, des beats et lignes de basses taillées pour le dancefloor et des mélodies discrètes mais imparables. Le tout sublimé par une production résolument vintage, à base de beatbox
ess et synthés estampillés seventies et eighties.
À force de creuser un sillon bien particulier, Fujiya & Miyagi maîtrisent parfaitement leur affaire
et Flashback illustre ce savoir-faire développé avec les années confirme leur talent certain pour réunir sur la piste de danse les fans d’electro et d’indie pop. Les fondateurs, David Best et Steve Lewis, sont, à det égard, des genres de Chemical Brothers minimalistes, capables de prendre les meilleurs éléments de la scène alternative allemande des années 1970, Kraftwerk donc, mais aussi Can ou Neu !, pour en faire des petites pépites dansantes.


Les sept titres de la septième livraison du groupe comprennent leur lot de tubes miniatures. « 
Personal Space » d’abord, qui n’est pas sans rappeler l’inoxydable premier album de Calvin Harris mais il sera également Impossible de résister au groove de titres comme « Subliminal », « Dying Swan Act » ou la chanson-titre. Les sept minutes et vingt-quatre secondes toutes en tension de la psychédélique « Gammon » s’avèreront somptueusement épiques qpour faire de Flashback, si ce n’est le meilleur album du groupe, une collections de compositions ecellant dans l’auuto-tune et les cymbales en triolet.

***

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ian Broudie: « Tales Told »

En 2004, Ian Broudie laisse The Lightning Seeds au repos et décide d’enregistrer un disque solo avec la jeune garde de Liverpool. L’idée fut évidemment géniale car Tales Told est son plus beau disque.
Ian Broudie est un des piliers de la scène musicale de Liverpool. Après avoir oeuvré dans le punk, la new-wave (avec notamment Original Mirrors), Broudie décrocha le jackpot avec The Lightning Seeds dans les années 90. Le jackpot court toujours car les Seeds jouent toujours à guichets fermés dans les villes anglaises. Ian Broudie est, en plus d’être un type qui sait écrire des chansons, un producteur assez habile. Au début des années 2000, Broudie vit une lune de miel avec The Coral et lThe Zutons. Connu pour avoir « planté » le premier disque de Shack et avoir mis en lumière Noir Désir, Broudie vit un conte de fée avec les jeunes groupes de Liverpool. Au début des années, l’alignement des planètes est parfait du côté de la Mersey. Un ex Shack a fondé un label (Deltasonic Records) qui héberge des jeunes groupes ultra productif The Coral y publièrent leurs quatre premiers albums en quatre ans) épaulés Broudie.

En 2004, ce dernier enregistra un disque solo aidé pa Nick Power, Bill Ryder-Jones, James Skelly, Sean Payne et bien d’autres. L’enregistrement fut visiblement rapide et chaotique. Mais le résultat est superbe. En effet, Tales Told est l’anti-The Lightning Seeds ; tout y est raffinement et délicatesse. Les titres co-écrits avec Skelly et Power sont de vraies petites merveilles. Ce disque sort aujourd’hui pour la première fois avec un E.P. d’inédits chez Needle Mythology un label qui porte bien son nom tant il nous permet de redécouvrir des vieilles chansons à l’apparente simplicité qui nous retourneront comme l’écho d’un temps béni.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

whenyoung: « Reasons To Dream »

Sous la houlette des femmes, la scène rock anglaise semble être en train de connaître un second souffle ; après Dream Wife, Wolf Alice, Black Honey ou autre Anteros, et en attendant Yonaka, voici que whenyoung publient enfin leur premier album construit au cours des deux dernières années sur les nombreux « singles » sortis entretemps.
Leur marque de fabrique, à l’image de celles de leurs nombreux prédécesseurs, ne les disposait pourtant guère à
se singulariser : guitare omniprésente, tempo le plus souvent relevés, « singles » taillés pour les stades ou les ondes radiophoniques… Tout cela a été entendu des centaines si ce n’est des milliers de fois sans pour autant encombrer la mémoire collective. Mais là où beaucoup n’ont jamais su se démarquer de la masse, whenyoung présentent eux de sérieux arguments, à commencer par les variations vocales de Aoife Power, un sens de la mélodie rare et aux subtilités multiples, et des refrains pour la plupart immédiats.


Fait rare, si tous les titres ne sont évidemment pas de qualité équivalente, aucun remplissage n’est ici à déplorer. Des compositions sortent évidemment du lot, à l’image de la paire d’ouverture (« 
Pretty Pure » et sa ligne de basse omniprésente et surtout l’hymne « Never Let Go » au refrain et aux chœurs entêtants à souhait), mais l’uniformité du disque en terme de qualité, si rare de nos jours, est à saluer et constitue l’un des points forts de ce Reasons To Dream.
Des quarante-deux minutes que dure le disque, on retiendra notamment
aussi « A Labour Of Love », sur lequel le trio présente une facette plus épurée de sa musique dans un premier temps avant de partir vers une envolée finale jouissive, « Blow Up The World » dont le tempo plus lent offre un bref moment d’accalmie, ou encore l’étonnant « Something Sweet » choisi en guise de final pour une lente et longue montée finale s’étirant sur près de cinq minutes. Belle surprise, Reasons To Dream constitue un premier fait d’armes de choix pour whenyoung que l’on n’attendait pas à pareille fête. Peut-être tenons-nous ici-même un combo à suivre.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Big Brave: « A Gaze Among Them »

Actif depuis 2012, ce trio en est un ici avec son quatrième album, un A Gaze Among Them signé sur le même label que Earth ou Sunn 0))). Sans surprise on aura droit à un opus de sluge et de soom rock, parfaitement à sa place, lourd, sans être crasseux et méchant, avec un juste dosage entrer les mouvements hypnotiques, les montées post-rock et le mur du son.

L’entame, « Muted Shifting of Space », plafonne à plus de huit minutes et s’ouvre avec une séquence répétitive de batterie qui se poursuit un bon et long moment après que des guitares pesantes comme elles se doivent de l’être, ne fasseent apparition. La voix mélodieuse de Robin Wattie vient aussi donner le ton. Sans tomber dans les excès métal, le groupe préfère ces ambiances lourdes à l’agressivité qui caractérise souvent le style.

« Holding Pattern » qui suit démarre de façon plus posée. La voix vulnérable, mais jamais plaintive lance le bal sous un léger drone qui prendra plus de place alors que la chanson évolue tranquillement en mur de feedbacks et d’accords en distorsion. Sans rien réinventer, le titre convient parfaitement à l’image du groupe.

Le troisième morceau de l’album, avec ses 10 minutes bien sonnées, rappelle par certains moments les derniers albums de Swans : longue intro, voix aérienne et batterie frénétique qui entre en jeu à la moitié du programme sans donner de rythme particulier. C’est le type-même de morceau à écouter à un volume assourdissant, chose idéale pour comprendre la force de frappe du groupe. Cela sera d’ailleurs d’autant plus vrai que lorsque le riff principal de guitare démarrera et qu’un audacieux effet de trémolo viendra rajouter à la confusion et à la puissance de cette composition

« This Deafening Verity » viendra calmer l’auditeur avant la finale. Un petit moment de répit dans ce qui n’est autre alors qu’un champ de ruines musicale. Mais de belles ruines. En effet, malgré la lourdeur, ce groupe se démarque vraiment par sa façon d’infuser un peu de beauté dans son doom. Les amateurs des premiers albums de Jesu pourront s’y retrouver.

« Sibling », enfin, avec sa structure influencée par le rock industriel, et en loop pendant les 7 minutes de la chanson, permettra de varier les dynamiques. Une mélodie vocale, avec un feedback de guitare contrôlé à l’arrière-scène, conduira alorse l’auditeur dans une transe qui se terminera au bout de quarante trop courtes minutes.

***1/2

5 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire