Ulla Straus: « Big Room »

Les ingrédients de la Pennsylvanienne Ulla Strauss ressemblent à ceux qu’on peut trouver dans d’autres productions ambient : drones, mélodies, sons concrets épars ;

mais chez elle, ils se trouvent sublimés par sa maîtrise des nappes et de la profondeur de l’espace sonore.

Elle donne à ses morceaux la forme d’une vague, d’un motif répétitif (« Petted »), créant de la beauté avec peu de choses, d’où l’impression d’une magie minimaliste à l’oeuvre dans cet album. Et ce en phase avec les émotions et sensations qui l’ont inspirée : « rêver de quelque chose qui n’est pas réel », « garder des photos sur un mur laissé là par quelqu’un d’autre », « entendre un ami marcher à travers la porte d’entrée », « laisser une plante mourir » et « le silence d’une pièce lorsque le ventilateur est éteint. »

On est ainsi sous le charme de ses bourdons en fond sonore (« Billow »), que vient rehausser ici une mélodie de synthé (« Sister »), là un carillon lancinant « (House » ou encore la percussion ronde et résonnante de Net, qui donne une coloration instrumentale acoustique, « Past » offre un cortège d’aspérités inouïes, presque dissonantes, baignant dans un ressac délassant.

Big Room est une une grande chambre des merveilles, livrée dans un étui somptueux qui fait office d’écrin, artefact qui, ici, mérite cette appellation.

***1/2

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.