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The Gotobeds: « Debt Begins at 30 »

Ce troisième album des Gotobeds pourrait être le remède idéal pour qui serait en mal d’énergie. Le groupe, avait déjà suscité un intérêt certain avec ses précédentes productions, mais ce nouvel album sonne comme une libération sonore. La formation de Pittsburgh déploie un mur du son de guitares tapageuses sur des morceaux bruitistes qui sont maîtrisés de bout en bout.

Les paroles clamées virent souvent au règlement de compte et convoquent l’ombre planante de Mark E. Smith sur des rythmiques accidentées. On se pince quand on perçoit des instruments à vent dissonants, toujours délicats à justifier, qui sèment un désordre et ’installent savamment sur chaque plage de l’enregistrement.

Le seul bémol à cette nouvelle sortie pourrait être la production trop parfaite qui dessert à la longue les efforts indéniables que les musiciens ont déployés sur les arrangements et l’image Do it Yourself que le groupe s’était forgé depuis son entrée en religion.
Le disque aurait sans doute gagné en cohérence en adoptant un son moins lissé et plus abrupt. Reste que ces morceaux sont taillés pour la scène (« Dross », « Calquer the Hound « , scène que les Gotobeds retrouveront dans les jours à venir au cours d’une tournée qui risque de laisser des acouphènes aux spectateurs imprudents qui n’auraient pas protégé leurs tympans, passeraient des heures au vu du chaos qui règne sur ce disque et seraient en mal d’énergie.

***1/2

3 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ulla Straus: « Big Room »

Les ingrédients de la Pennsylvanienne Ulla Strauss ressemblent à ceux qu’on peut trouver dans d’autres productions ambient : drones, mélodies, sons concrets épars ;

mais chez elle, ils se trouvent sublimés par sa maîtrise des nappes et de la profondeur de l’espace sonore.

Elle donne à ses morceaux la forme d’une vague, d’un motif répétitif (« Petted »), créant de la beauté avec peu de choses, d’où l’impression d’une magie minimaliste à l’oeuvre dans cet album. Et ce en phase avec les émotions et sensations qui l’ont inspirée : « rêver de quelque chose qui n’est pas réel », « garder des photos sur un mur laissé là par quelqu’un d’autre », « entendre un ami marcher à travers la porte d’entrée », « laisser une plante mourir » et « le silence d’une pièce lorsque le ventilateur est éteint. »

On est ainsi sous le charme de ses bourdons en fond sonore (« Billow »), que vient rehausser ici une mélodie de synthé (« Sister »), là un carillon lancinant « (House » ou encore la percussion ronde et résonnante de Net, qui donne une coloration instrumentale acoustique, « Past » offre un cortège d’aspérités inouïes, presque dissonantes, baignant dans un ressac délassant.

Big Room est une une grande chambre des merveilles, livrée dans un étui somptueux qui fait office d’écrin, artefact qui, ici, mérite cette appellation.

***1/2

3 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Elsa Hewitt: « Self-Portrait

La bande-son concoctée par la compositrice et chanteuse Londonienne Elsa Hewitt assemble un douzaine de morceaux et extraits inédits, des bouts de mélodies, de chants, des traitements de sons naturels ou concrets, des textures électroniques, des notes carillonnantes.

Le tout est, soit capté en première prise, plus spontanée, soit échantillonné et retraité, pour être ensuite introduits dans ce mix d’environ 60 mn dont le résultat forme un auto-portrait intimiste, inattendu et rafraichissant.

***

 

3 juin 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

r beny: « echo’s verse »

Véritable expert de synthèse sonore, le Californien r beny a réussi en seulement cinq albums à se forger une place parmi les plus passionnants musiciens ambient contemporains. Pour sa deuxième sortie, r beny insuffle toujours une approche mélancolique à sa musique, mais l’expression des sentiments de tristesse et d’isolation, est remplacée cette fois par la manifestation des connexions entre les êtres et l’éloignement de la solitude.
Cet album est donc le reflet d’un sentiment d’apaisement chez l’artiste, qui a souhaité ici explorer le concept de l’écho, reflet de la communication entre être humains. Ce concept transposé à la production musicale a amené le musicien à utiliser l’effet delay sur l’ensemble de l’album.

Cette mise en relation du son original et de son écho produit par le delay donne toute sa force à l’album, qui réussit en une trentaine de minute à apaiser et à manifester un sentiment de sérénité puissant. echo’s verse est vraiment l’album sur lequel il convient de se pencher si on est fan de musique ambient.

***1/2

3 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire