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Rammstein: « Rammstein »

Dix ans après son dernier album, que reste-t-il de Rammstein ? On peut légitimement se poser la question tant le duo de tête, Till Lindemann et Richard Kruspe semble s’être éloigné ces dernières années, le premier fricotant avec d’autres stars metal et nous gratifiant de jolies s’efforcer de percer avec Emigrate, un alter-ego musical de Rammstein, cette fois contrôlé de A à Z par le bonhomme. Alors, amitié renouvelée ou besoin de remettre du pain sur la table ? Peu importe ; le groupe semble être revenu aux affaires avec la même envie de donner des coups de pieds dans la fourmilière, chose déjà faite avec son premier « single », qui, à peine sorti, faisait ressurgir la polémique. Une polémique que ne manquera pas non plus de susciter cette pochette arborant une allumette, menace sourde mais bien réelle.

Rammstein est-il encore capable de mettre le feu ? En tout cas, il s’y emploie. Il n’y a qu’à lancer « Deutschland » pour s’en rendre compte ; son gros clin d’oeil à « Du hast » n’est pas qu’un coup d’esbroufe. On continue sur le riff de « Radio », et sa construction qui sent bon les débuts du groupe.Le groupe ne brille pas par son courage ; pour son retour, il a préféré miser sur des valeurs sûres, un schéma bien établi. Ces derniers temps le combo avait déçu mais, ici, l’écoute est plus qu’agréable avec une alternance entre morceaux costauds voire pompiers, et moments plus riches en sensibilité.

Si certains pourront le regretter, d’autres apprécieront ces moments plus calmes où Till montre qu’il y a un coeur derrière ses textes goguenards. A la réécoute, con se dira que Rammstein est un opus plutôt roublard ;juste ce qu’il faut de gros riffs, de clichés caricaturaux, un pas de côté vers plus d’electro, et puis pas de titre avec Zaz, ce qui ne peut que faire plaisir (« Deutschland », « Diamant », « Puppe », « Was ich liebe » et « Hallomann »).

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1 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ben Rath: « Any GIven Moment »

Le Britannique Ben Rath, apparu relativement récemment sur la scène ambient, en est déjà avec ce Any Given Moment à son huitième . Le musicien avait attiré l’attention, sous son alias Slow Heart Music avec lequel il a sorti deux très bons albums de guitares acoustiques sorties sur les labels Eilean et Whitelabrecs. Il s’agit aujourd’hui de sa deuxième sortie sur Whitelabrecs, maison de disque du musicien Harry Towell (Spheruleus).

Bien que de nature expérimentale, cet album a su, très rapidement capter l’intérêt dans la mesure où on y entend un ensemble de morceaux qui semblent, tout à tour, préalablement composés et partiellement improvisés. La 6 cordes de Rath occupe autant l’espace que ses drones ambient lumineux qui l’accompagnent, l’ensemble créant un univers onirique d’une grande légèreté. Les quatre longs passages qui composent le disque, s’enchaînent parfaitement, pour, au final, ne former qu’un long ensemble dans lequel l’on souhaite se replonger à souhait.

***1/2

1 juin 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sebadoh: « Act Surprised »

Lou Barlow (Folk Implosion, Dinoqsaur Jr et Jason Loewenstein forment l’épine dorsale de cette importante formation indie-rock lo-fi qui a connu un succès d’estime au cours des années 90 grâce à l’album Bakesale paru en 1994. En 2013, après 14 ans d’absence, Barlow et Loewenstein se sont adjoint les services du batteur Bob D’Amico afin de ressusciter Sebadoh. Cette réunion inespérée a mené à l’album Defend Yourself, un bon disque de la part du trio, mais qui n’avait pas enthousiasmé les sudiences

Six ans après ce retour, Sebadoh propose Act Surprised, Réalisé par ce magicien des pédales à effets qu’est Justin Pizzoferrato ( Speedy Ortiz, Chelsea Light Moving, Dinosaur Jr, etc.), la formation présente son album le plus cohérent en carrière et ce n’est pas étranger au fait que le trio ait décidé de concevoir ce disque en équipe. Habituellement, Barlow et Loewenstein se présentaient en studio avec leurs chansons toutes prêtes. Cette fois-ci, avec l’aide de Pizzoferrato, les membres de la formation ont peaufiné et achevé les chansons tous ensemble.

La hargne chansonnière de Loewenstein est de retour, ce qui dynamise l’approche du groupe et nous permet d’apprécier encore plus l’indéniable talent mélodique de Barlow. Un heureux mélange de sensibilité pop alliée à une énergie juvénile résolument punk. Musicalement, Sebadoh n’a jamais semblé aussi bien soudé et confiant, la réalisation lourde de Pizzoferrato accentuant la force de frappe du groupe.

 

Bien qu’il n’y ait pas de compositions phares à la « Not To Be Amused » grande chanson de l’album Bakesale, jamais la fusion de ces deux compositeurs n’a paru aussi fluide et efficace. Ainsi on voit poindre à l’horizon une sorte de résurrection du rock des années 90, l’arrivée de ce Act Surprised tombe pile et vient rappeler l’importance qu’a eu Sebadoh  dans l’histoire du rock indépendant américain.

Barlow se surpasse dans la superbe « Sunshine » qui, aux dires du parolier lui-même, est une chanson qui fait référence à la vie intérieure et à la vanité de chercher solution dans les réseaux sociaux. On souscrit de plus en plus à cette idée. Loewenstein dépasse les attentes dans la nerveuse « Stunned » et D’Amico nous balance un excellent titre avec « Leap Year ».

Avec Act Surprised,Sebadoh confirme à nouveau sa pertinence et, d’une certaine manière, son éternelle jeunesse. Tout au long de l’écoute, on ressent le plaisir que ces vétérans ont eu à concevoir ce disque. C’est solide, juste assez fielleux et c’est mélodiquement irréprochable.;tout ce qu’on demande à un excellent groupe de rock.

***1/2

1 juin 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire