No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Signalstoerung: « uu »

Membre du collectif artistique Adventurous Music, Signalstoerung connu aussi sous le nom de Hendekagon, est un artiste pluridisciplinaire dont le nouvel album uu, se dit inspiré d’éléments chimiques radioactifs à la durée de vie fugace et à la puissance énorme.

Signalstoerun compose une musique aux mélodies légères et virevoltantes, appuyées par des rythmiques qui combinent intensité atmosphérique et densité palpable, qui traduisent assez bien certaines réactions chimiques, avec leurs courses folles et leurs instants de flottement.

Les titres aux allures  downtempo, ne sont pas sans évoquer parfois des ambiances dubstep alenties, délestées de leur coté urbain, enrobées d’une certaine forme de douceur. On signalera aussi, le phénoménal travail sur le son, avec ses couches diluées en arrière fond qui donnent une impression d’expérience fantomatique volontairement incontrôlée. Un album tout en minimalisme subtil et en contrastes rigoureusement équilibrés. Superbe.

***1/2

29 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

USA Nails: « Life Cinema »

La formation londonienne USA Nails avait produit un premier album, No Pressure, en 2016. Sa mixture de no wave, de post-punk et de noise rock avait fait date au point de permettre la sortie de, un an plus tard , de l’excellent Shame Spiral et de son mur sonique bourré de guitares soniques mais néanmoins ingénieuses.

Life Cinema arrive enfin pour compléter cette trilogie avec une approche résolument punk et un discours offrant une bruyante résistance à la médiocrité sociale, politique et économique qui sévit dans ce coin de l’Europe.

En compagnie du réalisateur Wayne Adams il nous présente un opus frénétique et agressif, fidèle à ses habitudes, mais, cette fois-ci, ci, le groupe fait preuve d’un remarquable sens mélodique tout en conservant intact son cocktail sonore habituel. ; un pas de géant pour ce groupe qui ne fait jamais de compromis.

Côté thèmes, le quatuor frappe sur les mêmes clous depuis ses débuts : aliénation consentie au « dieu capitaliste », emplois inutiles et humiliants, artistes en quête de reconnaissance à tout prix et anxiété sociale constante causée par cette éternelle obligation d’arborer un sourire forcé en toutes circonstances. USA Nails appuie là où ça fait mal et il s’en porte très bien que ce soit sur le trépidant « Smile » ou le caustique « Life Cinema Reprise.

On ajouyera le post-punk de type « You Wish », la basse éructante sur « Microphone » ou le riff aussi efficace qu’un coup de matraque accompagnant « A Fair Nickel ».

Ajoutons enfin la rythmique martiale de « A Sense of Self Will Always Limit You » pour apprécier un disque aussi volcanique qu’on aurait pu l’espérer.

***

28 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Andres Tesselmeyer: « Textures »

Membre du trio Hotel Neon, Andrew Tasselmeyer s’échappe en solo, le temps d’un Surface Textures en forme de mappemonde auditive, composé à coups de field recordings, captés lors de divers voyages en Asie.

Si les lieux d’où sont issus les enregistrements ne sont pas indiqués, ils suscitent tous un sentiment de nostalgie et de bercement serein, voyage à dos de nuage au dessus de contrées enrobées de senteurs lointaines et de douces énergies.

Andrew Tasselmeyer assemble les sons pour inventer une nouvelle façon de voir le monde, effaçant les frontières et annihilant les notions d’identité, éradiquant la laideur en surface pour développer la profondeur de choses enfouies dans l’âme humaine. 

Surfaces Textures est un album aux atmosphères en équilibre, où les nappes caressent la croute terrestre, déplaçant les murmures sur des tapis de couleurs fragiles. Envoutant.

***1/2

28 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Black Mountain: « Destroyer »

En 2016, Black Mountain avait signé un IV pour le moins innatendu mais emblématique car le combo nn’avait pas donné signe de vie depuis plusieurs années.

Toujours ancré dans les ambiances rock psychédélique et stoner rock, Black Mountain décéidé de ne plus perdres son temps en nous envoyant un gros son comme sur « Future Shade » et « Horns Arising » avec ses riffs bien sauvages et ses claviers cosmiques. Le tandem vocal de Stephen McBean et Amber Webber reste toujours aussi explosif et fait des miracles sur les ravageurs hard-rock de « High Rise » avec en prime un solo de guitare wah wah des plus endiablés ou de « Licensed To Drive » toujours aussi urgent.

Mais, sur ce Destroyer, le groupe montre qu’il est capable de sortir du normatif. Les claviers épileptiques de « Closer To The Edge » que l’on retrouve sur la montagne russe sonique de « Boogie Lover » mais encore des sommets psychédéliques de « Pretty Little Lazies » passant du calme à la tempête de façon imprévisible avec en prime un solo de Mellotron nous font rappeler que la vie est loin d’être un fleuve tranquille pour le groupe de Vancouver. S’achevant sur l’hommage non dissimulé à David Bowie intitulé « FD’72 », Destroyer montre une fois de plus un groupe qui a envie d’en découdre en matière de déflagrations soniques chose qui est toujours bon à prendre.

***1/2

28 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Cate Le Bon: « Reward »

Cate Le Bon est tout simplement une des artistes les plus brillantes de la scène galloise. Trois années après son Crab Day qui était déjà un opus emblématique, la musicienne reste toujours aussi prolifique et intrigante puisqu’elle a posé sa patte sur les disques de Deerhunter ou Tim Presley.

Sa nouvelle œuvre solo se nomme Reward, un disque sur lequel elle a décidé de faire tomber le masque. C’est en s’éloignant de tout pour aller chercher de l’inspiration du côté du parc national du Lake Districk dans le Nord-Ouest de l’Angleterre qu’elle a pu donner néissance à au disque. Son art-pop s’y montre des plus touchants et des plus maîtrisés comme l’atteste les trois premiers titres aussi bien mélodiques que doucement mélancoliques que sont « Miami » avec une guitare synthétique et quelques notes de saxophone mais également les lumineux « Daylight Matters » et « Home To You » qui met en valeur l’interprétation plus que vulnérable de la musicienne galloise.

Même si son aspect avant-gardiste est totalement dilué sur cette dernière sortie, elle n’hésite pas à faire appel à son côté freak et étrange sur « Mother’s Mother’s Magazines » rappelant les ambiances dignes du Low de David Bowie sans oublier « Here It Comes Again ». Bien évidemment Cate Le Bon n’est pas tout à fait seule dans cette « retraite spirituelle ». Elle a fait appel à Stella Mozgawa de Warpaint, Josh Klinghoffer de Red Hot Chili Peppers mais également Stephen Black et son éternel collaborateur Huw Evans.Pour coronner le tout, on reconnaîtra également la voix de Kurt Vile sur l’art-pop binaire et gentiment bancal « Magnificent Gestures ».

Pour le reste, on se laissera bercer par la douceur et l’étrange mélancolie des morceaux comme « Sad Nudes » mené au piano ou encore la touchante conclusion qu’est « Meet The Man » où piano et saxophone sont mis à l’avant. Parfois se couper du monde pour mieux se ressourcer, cela amène à du bon. Cate Le Bon l’a très bien compris et elle fera de Reward restera une de ses œuvres majeures.

****

28 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Ausmuteants: « .​.​.​Present The World In Handcuffs »

Une fois de plus, les enfants terribles du punk australien continuent de frapper. On avait laissé Ausmuteants avec un Band of The Future des plus rutilants il y a maintenant trois années de cela. Cette année, le trio de Melbourne récidive avec un nouveau disque toujours aussi explosif nommé …Present The World In Handcuffs.

N’y allons pas par quatre chemins, Ausmuteants a décidé d’aller droit au but avec leur punk-rock incisif qui ne dépasse jamais les 2 minutes. Que ce soit « Favorite Cop », « Born Into The Badge » ou bien même « They Wanna Be Caught », le trio australien dézingue la police australienne qui abuse de leurs fonctions pour telle et telle raison. Et on n’est pas au bout de nos surprises car le groupe de Shaun Connor en balance une bonne couche avec une dose d’ironie sur « Find The Cop In Yourself », « Just Like You » sans oublier « Officer Steve ». Un bon disque pour porter haut et fort les calrons de la subversion musicale.

***1/2

28 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

All People: « Do This Again Tomorrow »

Depuis 2011, All People trace son bonhomme de chemin comme il se doit. En l’espace de deux albums parus en 2015 et 2016, le groupe de la Nouvelle-Orléans était bien parti pour durer. Jusqu’à cette année où ils décident de tirer leur révérence avec un ultime opus intitulé Do This Again Tomorrow.

All People passe ce nouveai cap fait passer le cap avec une facilité déconcertante à travers des titres racés et mélodiques allant de l’introductive « Let’s Do This Again Tomorrow » à « Bognor Regis » en passant par « Dream Of Love », « Stay Here » et par « But Then Again What Is ».

Entre riffs post-punk et allures quelque peu emo, le groupe mené par Daniel Ray (montre toujours qu’il est dans son élément natif (l’utilisation de saxophone par exemple et parvient à véhiculer tout un éventail d’émotions (« Harbor », « Give Up » et de « Know For Now »).

S’achevant sur des climats bruitistes, il convient de saluer un combo capable d’avancer et de nous gratifier d’un opus riche en mélodies entêtantes.

***1/2

28 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Alaskalaska: « Dots »

On le sait tous, un premier album, ça passe ou ça casse. Dans le cas d’Alaskalaska de Dots, c’est une unanime et percutante entrée en matière. Faisant suite à un E.P. prometteur le groupe débarque en force avec un album qui donne l’impression d’en écouter douze. Et pourtant, tout s’imbrique soigneusement.

Bien plus qu’un simple catalogue, le panache que porte avec assurance Dots allie un impressionnant mélange de style. Passant par un jazz fusion comparable à l’album Hot Rats de Frank Zappa, par de la pop inspirée des Talking Heads, ainsi que d’un afrofunk assumé à la Cymande, il donne envie de se dégourdir les jambes comme notre bon vieux Elvis.

On constate également l’influence de la scène londonienne, là où le groupe a créé l’opus, en y dénotant à certains moments une sonorité jazzy digne de Kokoroko et d’Alfa Mist. On note aussi des influences de Munt Kimbie au niveau de la construction et des crescendos de leurs chansons.

Malgré cette myriade d’influences, le sextuor parvient à se définir à travers cette combinaison éclatée en forgeant son propre moule. Cette appropriation stylistique permet ainsi de combler les envies et les intérêts d’un public hétérogène.

Dès le départ avec la chanson Dots, l’auditeur est submergé dans une atmosphère sinueuse digne de la série Stranger Things, comme pour annoncer un sentiment d’inconfort.

Dots est un album intellectuel, émotionnel et revendicateur, s’écoutant comme s’il était la résultante des changements que subissent le corps et l’esprit. Il évolue à travers diverses phases de vie tantôt euphoriques, tantôt plus calmes dans une randonnée qui présente à certains moments des pentes plus abruptes que d’autres. C’est un vaisseau spatial qui aborde des questionnements actuels sur l’évolution d’une société dans ses bons comme dans ses moins bons côtés.

Ce fait d’armes s’observe non seulement au niveau de la musicalité, mais également au niveau des paroles. Fait intéressant, on sent que le groupe s’éloigne de plusieurs artistes qui, de façon récurrente, se nourrissent de tristesse et de peines d’amour. On sent qu’ALASKALASKA tend plutôt à parler de l’amour vrai et cru à travers « Tough Love » et « Monster ». De plus, certaines chansons comme « Bees » et « Meateater » dénoncent une société robotique vivant sur une idéologie et un mode de vie déjà tracé.

Présentant des éléments qui persistes à travers chacune des chansons tout en laissant certaines choses disparaître puis réapparaître, comme le saxophone sensuel dans « Bees » et dans « Moon », le groupe tend à imager des choses qui forgent l’être autant à titre éphémère que tout au long de sa vie. Quant à « Sweat », elle permet de se rendre compte de la possibilité de reprendre son souffle suite à d’interminables moments de réflexion.

En employant un ton qui questionne autant qu’il affirme, la voix de Lucinda Duarte-Holman appuie bien les paroles. Intime, sensuelle, revendicatrice, elle présente des textures qui tendent à hypnotiser l’auditeur.

On sent chez elle une volonté d’inclure l’auditeur, alors que les sujets soulevés peuvent être vécus par tout un chacun. C’est pourquoi Duarte-Holman pose des questions du genre « Are you breakin’, breakin’ all the rules again? » et, « Who’s in charge here? » dans « Bees » ou encore « Who gives a shit about anything lately? » dans Tough Love.

L’album se conclut par la chanson « Skin » qui, pour rappeler l’ambiance lourde en émotions et en questionnements de Dots, emploie l’autotune, comme pour rappeler que la plupart des êtres humains sont programmés au lieu de suivre ce qui les passionne réellement.

Certes, comme dans toutes choses il y place à un raffinement, mais Alaskalaska aura fort à faire pour porter leur second album à un niveau aussi haut que celui de Dots.

****

28 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Kinbrae: « Landforms »

Les frères jumeaux Andrew et Michael Truscott  forment Kimlbrae, mêlant instrumentation classique, production électronique et field recordings. Avec leur deuxième album Landforms, ils puisent leur inspiration de la rivière Tay en Écosse et de ses rives, au fil du temps et des saisons.

Il n’est jamais aisé de chercher à mettre en musique une géographie donnée, pouvant limiter l’auditeur dans l’appréhension de la musique proposée. Pourtant  Kimbrae relève le pari avec brio, nous entrainant dans les remous et les courants de Tay, plongeant au dessus de montagnes et de vallées en bordure, dépassant le cadre des frontières pour embrasser une universalité poétique, touchant les sens profonds de l’auditeur pour réveiller en lui une cartographie intérieure.

Landforms évite les écueils d’un néo-classicisme abscons, ouvrant en grand les portes de l’imagination, flirtant avec l’espace et le temps, mariant mélancolie mémorielle et sursauts présents, spirales climatiques et ambient tortueux sur lesquels souffle une bise d’instruments à vent, touchés par la grâce et l’élégance.

***1/2

27 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Honeyblood: « In Plain Sight »

Le projet Honeyblood, mené par Stina Tweeddale, sort un troisième album qui semble être touchée par le syndrome de Peter Pan tant il donne la sensation, à l’écoute, d’assumer totalement l’esprit teenage qui domine ses morceaux. Cela n’enlève rien à sa spontanéité habituelle, mais au cadre adopté, celui d’une production qui a tendance à lisser les choses ne promet pas que des surprises.
Les onze titres ne sont pas tous à la hauteur
et nombreuses sont les compositions sans relief qui s’appuient sur des mélodies pop-punk calculées.

L‘introduction « She’s A Nightmare » ne convainc rapas avec sa suite facile d’accords et ses arrangements de cordes alors que « The Third Degree » lorgnera plutôt du côté des climats crypto-lycéens à la Blink 182.
En outre et de
e manière générale, les refrains sont fragiles, que ce soit « The Tarantella » (à la sauce Black Keys) ou encore « Gibberish » et « Glimmer ». Honeyblood se plie ainsi à une hétérogénéité musicale qui est plutôt symptome de manque de direction.

En revanche, la ferveur évolutive sera plus concaincante. Ainsi, ce sera avec une énergie communicative et un lot d’ambiances galvanisantes que « Touch » viendra atomiser la banalité du prpos avec une teinte 80’s et « You’re A Trick » se montrera également intéressant avec un registre électronique galvanisant, et sa tornade d’instruments.

Pour ce qui est des moments intimistes, deux ballades ferment In Plain Sight. On préférera les réverbérations de « Twisting The Aces » ainsi que les guitares cristallines plutôt que les le piano/voix de « Harmless) » et sa performance un peu trop maîtrisée.
Honeyblood rebrousse chemin et elle expérimente, avec les risques que cela comporte et qui, sur cet opus, risquent de révéler les failles plutôt que galvaniser les médailles qu’on pourrait, ici et là, lui décerner.

***

26 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire