No BS: Just Rock & Roll!

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Honeyblood: « In Plain Sight »

Le projet Honeyblood, mené par Stina Tweeddale, sort un troisième album qui semble être touchée par le syndrome de Peter Pan tant il donne la sensation, à l’écoute, d’assumer totalement l’esprit teenage qui domine ses morceaux. Cela n’enlève rien à sa spontanéité habituelle, mais au cadre adopté, celui d’une production qui a tendance à lisser les choses ne promet pas que des surprises.
Les onze titres ne sont pas tous à la hauteur
et nombreuses sont les compositions sans relief qui s’appuient sur des mélodies pop-punk calculées.

L‘introduction « She’s A Nightmare » ne convainc rapas avec sa suite facile d’accords et ses arrangements de cordes alors que « The Third Degree » lorgnera plutôt du côté des climats crypto-lycéens à la Blink 182.
En outre et de
e manière générale, les refrains sont fragiles, que ce soit « The Tarantella » (à la sauce Black Keys) ou encore « Gibberish » et « Glimmer ». Honeyblood se plie ainsi à une hétérogénéité musicale qui est plutôt symptome de manque de direction.

En revanche, la ferveur évolutive sera plus concaincante. Ainsi, ce sera avec une énergie communicative et un lot d’ambiances galvanisantes que « Touch » viendra atomiser la banalité du prpos avec une teinte 80’s et « You’re A Trick » se montrera également intéressant avec un registre électronique galvanisant, et sa tornade d’instruments.

Pour ce qui est des moments intimistes, deux ballades ferment In Plain Sight. On préférera les réverbérations de « Twisting The Aces » ainsi que les guitares cristallines plutôt que les le piano/voix de « Harmless) » et sa performance un peu trop maîtrisée.
Honeyblood rebrousse chemin et elle expérimente, avec les risques que cela comporte et qui, sur cet opus, risquent de révéler les failles plutôt que galvaniser les médailles qu’on pourrait, ici et là, lui décerner.

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26 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

The Heavy: « Sons »

L’une des marques de fabrique de The Heavy est de rentrer immédiatement dans le vif du sujet et Sons ne dérogera pas à la règle, débutant sur les chapeaux de roue avec un « single », « Heavy For You », qui, même si très peu subtil, se veut être le tube imparable de l’album. On lui préfèrera pourtant, le titre suivant, « The Thief » par sa façon de nous proposer des arrangements et mélodies si grandioses.

La formation anglais offrira en trente-cinq minutes un condensé de ce quelle sait le mieux faire, entre funk entraînante (« Put The Hurt On Me »), rock teinté de jazz (« Fighting For The Same Thing ») et soul abrasive (« What Don’t Kill You »), le tout bien évidemment porté par un Swaby semblant tout droit sorti des années 80.

Les années 80 il en sera d’ailleurs question sur la surprise majeure de l’opus, « Simple Things », morceau disco empli de nostalgie, à la fois expérimental dans la forme et classique dans son approche, sympathique mais qui ne s’avère être au final qu’un simple interlude assez anecdotique.

Le principal écueil dans ce type de démarche est de parvenir à se renouveler sur des bases déjà existantes et c’est là que le bât bless ; bien que sans reproche, les compositions de ce Sons n’ont ni l’aura ni, forcément, l’attrait de la nouveauté qui faisaient le sel des premiers opus.Il restera, sans doute, sur nos platines quelques mois encore pour ensuite prendre la poussière, quand un Hurt & The Merciless ne cesse, depuis des années, de faire vibrer les baffles.

**1/2

 

26 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Virginia Wing:  » Ecstatic Arrow »

Très souvent comparé à Broadcast en raison de ses similitudes vocales avec Trish Keenan et Alice Merida Richards, Virginia Wing se forme en 2012 et abandonne Londres pour s’installer à Manchester.

Un premier album, Measures Of Joy, voit le jour en 2014, bientôt suivi par Forward Constant Motion. Le groupe aujourd’hui se résume à d’un duo composé d’Alice et de Sam Pillay. C’est avec ce line-up qu’ils se lancent dans l’enregistrement d’un troisième opus, Tomorrows’ Gift assez expérimental puis de ce Ecstatic Arrow qui le voit retrouver son terrain de prédilection, à savoir une art pop avec quelques réminiscences psychédéliques le tout conjugué à grand renfort de synthés.

La musique d’Alice et Sam donne en effet cette sensation de s’installer confortablement au fond d’une piscine et de vivre une aventure sonore aquatique originale, à l’instar de l’excellent « single » « The Second Shift » ou de l’introductif « Be Released ».

 

S’installe aussi jubilation tranquille (« For Every Window there’s A Curtain ») avec une voix envoûtante et des claviers aériens et fugaces, renforçant l’impression d’apesanteur fragile. Tout n’y pas pour autant aussi extatique ; l’électro pop se fait sombre sur « Glorious Idea » ou mélancolique sur « Relativity ».

De surcroît, le quotidien fait montre d’une tristesse infinie mais celle-ci demeure combative sur ce morceau-phare qu’est « Eight Hours Don’t Make A Day ». Virginia Wing mélange ainsi dure réalité et imaginaire sonore sur un album au charme instantané et très original et nous offre un véritable petit bijou de pop savante et immédiate.

***1/2

26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Wallows: « Nothing Happens »

Wallows est un trio basé basé à Los Angeles qui vient de sortir son tout premier album, Nothing Happens, opus qui fait déjà parler de lui. Entre plusieurs singles, tournées et surtout un EP sorti en 2018 qui avait fait du bruit, cet ensemble de onze titres cela a de bonnes chances d’enfoncer le clou un peu plus profond..

Il est incontestable que les Américains se soient inspirés des groupes des années 90. Du punk en passant vers de l’authentique indie rock, ; terrain propice pour que le trio se balade entre différentes influences.

Ce mélange crée une atmosphère presque chaotique mais pourtant très homogène; les morceaux s’enchaînent parfaitement. Les transitions sont très travaillées pour que toutes les chansons soient parfaitement liées et que l’album ne fasse qu’un.

Les émotions ainsi suggérées évoluent au fur-et-à mesure q »une écoute qui se fait nuancée. « Are You Bored Yet? », en duo avec Clairo, a été le premier son à être révélé au public. Alors que cette chanson parle de l’innocence d’une nouvelle relation amoureuse, la suivante, « Scrawn »”, est très différente. Ses beats plutôt lourds et sa batterie plus présente dénoteront avec un rendu plus léger alors que « Treacherous Doctor » se fera dansant, « Ice Cold Pool » nous acclimatera à un contenu mélodique, et que la ballade « Worlds Apart » nus transportera dans l’émotion.

Alors que l’ensemble commence sur un côté plutôt fort, positif et entraînant avec « Only Friend », celui-ci va graduellement devenir plus calme pour finir sur « Do Not Wait » oscillant entre tristesse et espoir.

Nothing Happens porte relativement bien son titre dans la mesure où il se présente sous la forme d’un ascenseur émotionnel:entre nostalgie, danse et émotions, le disque ne peut laisser indifférent. Il restera à approfondir ces nuances demanière plus percutante pour que ce Nothing Happens ne reste pas un galop d’essai qui n’aura pas été jusq’au bout.

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26 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Spotlights: « Love & Decay »

Mario et Sarah Quintero ont su s’entourer des bonnes personnes pour sortir de l’ombre. Au moment de la sortie d’un premier album autoproduit, ce couple aimant et multi-instrumentiste s’est fait remarquer par Aaron Harris du groupe Isis et de son ami Chino Moreno, qui décide de les embarquer sur la route en première partie, ni plus ni moins, que des Deftones.Notoriété acquisee, le duo a pu sortir un premier album et un E.P. et tourner, entre autres, avec The Melvins.

Entretemps, il va s’adjoindre les services de Chris Enriquez à la batterie pour nous livrer, Love & Decay, un deuxième album aussi aérien que bourdonnant.

Le post-rock de Spotlights sonne comme très inspiré par les ambiances shoegaze, à la fois bougrement lourd et toujours sensuellement planant. En témoigne l’efficace « Far From Falling », qui n’est pas sans rappeler Isis, pour la virtuosité de ses lignes mélodiques et la tranquille montée en tension de ses guitares.

Toujours bouillonnantes, les cordes nous figent instantanément dans une transe grasse sur « Until the Bleeding Stops », en total contraste avec l’entrainant « The Particle Noise » aux mélodies majeures et chaleureuses. Encore plus frénétique, et fraîchement extatique, « Mountains are forever » est une petite pépite qui réussit à capturer l’essence du post-rock, dans toute sa dimension émotionnelle, en faisant osciller notre taux d’adrénaline telles des montagnes russes. « Love & Decay » s’achève par le magnifique « The Beauty of Forgetting », pièce majeure qui s’étale pendant 11 minutes d’un pur plaisir qui serait une fausse note si on le boudait.

***1/2

26 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Shifting Sands: « Crystal Cuts »

Originaires de Brisbane, Shifting Sands se compose de transfuges de Gentle Ben & His Sensitive Side et de SixFtHick, connus des aficionados du punk rock musclé. Celui-ci fait pourtant sa sortie au profit d’ambiances mesurées, à l’élégante retenue, qui ne sont pas sans rappeler les productions d’âmes torturées telles que Mark Lanegan ou King Dude.

Ce deuxième opus nous est, ainsi, belle surprise de la part du quintet suatralien Les compositions intimistes à tendance folk, et les envolées voluptueuses empreintes d’un certain psychédélisme, sont accrocheuses dès la première écoute et Shifting Sands va dégager un air de fraicheur, à l’image de « Disaster Response », titre atyant l’envergure d’un « single », qui nous plonge dans une profonde mélancolie avec son refrain instantané.

L’envoûtant duo vocal composé de la douce Anna Clifford et de l’écorché Geoff Corbett, partage avec sincérité leurs tourments sur « Terror of Love » ou « Smoking Again ». En arrière-plan, la guitare exprime ses distorsions les plus sauvages (« Love Song Dedication »), mais semble contenir toute sa férocité dans un équilibre harmonique délicieux (« The Intensity ») tout au long de l’album.

Ainsi, Shifting Sands produit une musique faite de contrastes, où la puissance vocale de Georg Corbett s’oppose à la légèreté des mélodies (« Hibiscus ») et où la délicatesse d’Anna Clifford pondère la rudesse de ses compères.

Crustal Cuts est un album qui séduit pour ses compositions au bord de la rupture, ligne de crête qu’il faut oser vouloir et savoir ménager.

***1/2

26 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Vessel: « Queen of Golden Dogs »

Isolé pendant 18 mois dans un coin perdu du pays de Galles, Sebastian Gainsborough, alias Vessel, a imaginé ce mélange peu commun de musiques électroniques, musiques de chambre tonale ou atonale (violon, violoncelle), chants féminins harmonisés et traités.

Outre l’électroacoustique savante, la techno, l’ambient, la percussion polyrythmique, le bruitisme et la musique instrumentale contemporaine, on trouve aussi des éléments stylistiques inspirés du baroque (pour le clavier électronique rappelant le clavecin ou le clavicorde) dans cette proposition.

Très clairement, nous avons entre les oreilles un opus des plus singuliers, riche, touffu, inédit, gracieuseté d’un créateur originaire de Bristol.

 

En fin de vingtaine, ce musicien anglais peut compter sur des connaissances musicales très diversifiées pour concevoir un amalgame aussi solide. Qui plus est, tout le spectre émotionnel est investi.

Ce troisième opus de Vessel est tout sauf linéaire: le chaos, la tristesse, la mélancolie, l’explosion, la violence sauvage, la colère, la guerre, la paix méditative, l’harmonie céleste, l’amour tendre sont tour à tour portés par ce vaisseau polychrome.

Voilà une trame narrative pleine de rebondissements, voilà une oeuvre en bonne et due forme. Vaste palette… vaisseau polychrome.

***1/2

26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Evan Thomas Way & The Phasers: « Long Distance »

Evan Thomas Way & The Phasers est une excroissance de The Paroson Red Heads, combo ayant migra de Californie en Oregaon qui s’était fait connaître sur la compilation Twelve String High sorte de Nuggets à la sauce «jangle pop». Comme en témoigne le mélange de country alternative et de power-pop proposé sur son dernier album en date, Blurred Harmony (2017), le quatuor construit sa trajectoire selon un axe classique et légendaire déjà emprunté avec bonheur par leurs aînés de The Jayhawks, allant des Byrds à Big Star en passant par Buffalo Springfield.

Aboutissement de travaux parallèles ébauchés dans le plus grand secret pendant ces dix dernières années, le deuxième album solo de leur leader Evan Thomas Way nage dans des eaux similaires, tout en apportant une touche plus personnelle et introspective.

L’objectif avoué de ce projet, que le bonhomme avait d’abord imaginé était  d’enregistrer seul en mode « singer-songwriter » avant de décider de se faire accompagner par quelques amis musiciens regroupés sous le nom de The Phasers, était de sonner comme une version shoegaze de Neil Young. Long Distance n’est pas loin d’atteindre son but, déroulant paisiblement une succession de chansons folk-rock atmosphériques parfois ornées d’un saxophone mesuré (« Gone ») et qui pourraient figurer des croisements entre le Loner et Mojave 3 (« Don’t Fall Away », « Hope », « Change Your Mind »).

Le sommet de ce disque qui ne fréquente que les hautes altitudes sera sans doute, le « twangy » « Fire at the End of the Line », un petit miracle d’équilibre instrumental qui replonge l’auditeur au cœur des rêveries nocturnes du Luna de la période Penthouse. Lumineux avec The Parson Red Heads, ou plus contemplatif sous son propre nom, Evan Thomas Way séduit et impressionne par la constance de son inspiration.

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26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Hash Redactor: « Drecksound »

Sur la scène indie de Memphis, on peut toujours dénicher pas mal de talents. La preuve en est avec les groupes comme NOTS et Ex-Cult qui continuent à dominer la scène locale.Les membres du de ces combos se sont prêtés leurs forces respectivement afin de donner naissance à un supergroupe nommé Hash Redactor et punlier un premier album, Drecksound.

On retrouvera ainsi la fusion de leurs univers musicaux respectifs, à savoir un mélange entre post-punk et noise-pop bien chaotique.Hash Redactor arrivere parfaitement à tisser le lien à travers des morceaux rutilants à l’image de « Good Sense » qui ouvre les hostilités sans oublier « Terri » et « In The Tank » qui synthétisent parfaitement la musique du supergroupe. Entre les lignes de basse démentes de Meredith Lones, l’interprétation riche en reverbs d’Alec McIntyre et les riffs acérés, cela donne des bombes soniques bien menaçantes comme « Step 2 Success » et le féroce « Open Invite ».

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Tout au long du disque on se prendra une bouffée d’énergie presque surnaturelle. Hash Redactor ne nous autorisera d’ailleurs aucune pause et aucun moment de répit car des titres plus que salvateurs sont au menu, que ce soit « Lotion Poet Laureate » ou bien même « Fish ». Le clou du spectacle restera la conclusion bien féroce du nom de « Floral Pattern » où pendant cinq minutes, le groupe s’en donne à cœur joie et synthétise bien l’ambiance d’un Drecksound qui, qi tant est qu’il en était besoin, apportera la preuve qu’il ne faut jamais sous-estimer la scène de Memphis.

***1/2

26 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Tyler The Creator: « IGOR »

On peut dire de Tyler The Creator qu’il est régulier comme l’horloge. À tous les deux ans depuis 2009, il fait paraître un album. Son dernier en date, Scum Fuck Flower Boy, avait montré que le rappeur/créateur/compositeur américain n’a pas de scrupule à s’aventurer dans de nouvelles zones musicales. Il continuait à pousser plus dans la chanson R&B, délaissant un peu le rap qui avait fait sa marque de commerce.

On le devinera, c’est ce qui se poursuit sur IGOR. Le côté juvénile et vulgaire du personnage de Tyler The Creator continue aussi de s’estomper pour laisser place à un être sensible et émotif. Si l’homme contemporain doit être capable de parler de ses sentiments à des moments autres que la frustration au point de devenir presque un modèle pour les jeunes hommes.

Ainsi, « Earfquake », son premier « single », a beau être accompagné d’un clip où l’humour tient une place importante, la chanson elle-même, où Playboi Carti, Charlie Wilson et Jesse Wilson prêtent leurs voix, est une composotion émotionnelle évoquant l’amour et la séparation. « Running Out of Time « nous ramènera à la relation particulière qui unit Tyler The Creator et Frank Ocean en rappelant les créations de son ami et collaborateur tandis que « Gone, Gone/Thank You » comptera sur les voix de Ceelo Green et La Roux et que Tyler y rappera avec aplomb.

Il faut le conxtater, avec le temps, les compositions de Tyler The Creator continuent de prendre du coffre et de la complexité. Cette fougue et cette folie qu’il possédait déjà plus jeune est maintenant mieux réfléchi. Un bel exemple en sera la contagieuse « I Think » sur laquelle Solange glissera sa voix et remettra le couvert sur la très soul « A Boy Is a Gun », titre qui ouvre une porte aux procédés qui ont bâti le succès de Kayne West. Cette dernière porte D’ailleurs, celui-ci collaborera sur un « Puppet » qui démontrera la grande agilité de Tyler The Creator lorsqu’il est temps de rimer. Enfin, « What’s Good » empruntera une voie plus dynamique sur laquelle Slowthai accompagnera celui qui peut être compéré au MC américain.

Ce sixième album de Tyler The Creator frappe la cible en plein dans le mile encore une fois. Avec le temps, il se développe en un artiste de plus en plus pertinent. IGOR continue de creuser le sillon qu’il avait ouvert avec Cherry Bomb et approfondi sur Scum Fuck Flower Boy.

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26 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire