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Phil Cook: « People Are My Drug »

Phil Cook avait publié son premier album Southland Mission en 2015 et avait reçu un accueil plutôt chaleureux. L’ex-membre de Megafaun avait réussi à se réinventer avec un opus moins freak-folk qu’auparavant mais avec un éventail plus large. Après quelques collaborations mémorables, le voici de retour avec son successeur nommé People Are My Drug.

En neuf morceaux, Phil Cook reprend là où il s’est arrêté trois années plus tôt avec plus d’aisance que d’habitude.

Le musicien américain s’aventure sur des terrains folk, gospel et soul que ce soit sur l’introduction nommée « Steampowered Blues » ou bien même sur « Tide of Life », le larmoyant « Another Mother’s Son », « He Gives Us All His Love » et j’en passe.

Que ce soit sur « Miles Away » co-écrit par Amelia Meath de Sylvan Esso ou des ballades comme « Tupedo Child » qui contrastent aux morceaux plus enlevés comme « Deeper Kind », on est bien gâtés tout au long de ce People Are My Drug un secod album qui devrait laisser peu de personnes indifférentes.

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25 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Uranium Club: « The Cosmo Cleaners »

À quoi tient cette envie d’écouter en boucle un morceau ? A peu de choses parfois, surtout s’il s’agit d’une longue composition un brin arty et pleine d’humour absurde, comme ce titre de Uranium Club, « Michael’s Soliloquy » qui raconte sous forme de satire, l’histoire de Michael, un cadre sup’ quelconque. On le suit, de ses premiers méfaits jusqu’à son ascension à la tête du pays, en passant par tous les postes qu’il a tenus avec juste ce qu’il faut de cette tarte à la crème qu’est la notion de bienveillance. Leur musique est un mélange quasi-parfait de punk-rock garage et d’humour satirique à la manière de Devo et, sur cet album,

on peut entendre les deux guitares du combo se répondre pendant sept minutes avec des petites phrases aux mélodies rebondissantes une peu déglinguées, parfois dissonantes, souvent nerveuses.

La basse semble vouloir entrer dans le dialogue, mais pas complètement, elle s’impose rapidement avec une rythmique répétitive, permettant ainsi au chanteur de déclamer son long texte dans un chanté-parlé des plus acide. L’histoire a, certes, de quoi fasciner avec ces différentes aberrations, évoquant sous un rire ddu plus beau jaune la réussite sociale d’une époque devenue trop stupide. Bien sûr, Uranium Club est plutôt là pour faire dans le pince-sans-rire tendu, mais impossible de lâcher toute cette musique crue, punk et psychédélique que l’on peut entendre sur leur dernier album, le bien nommé The Cosmo Cleaners.

***1/2

25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Richard Edwards: « Verdugo »

En 2017, Richard Edwards avait publié un premier album, Lemon Cotton Candy Sunset qui était passé relativement inaperçu. Le musicien de Los Angeles avait chanté sa rupture et sa solitude de façon touchante ; le voici de retouravec son nouvel opus, Verdugo.

L’ex-membre de Margot and The Nuclear So and So’s continue de faire parler tout son talent sous la forme de dix compositions qui nous transportent dans les années 1970 et où l’on croise les spectres de Fleetwood Mac et de Jackson Browne lorsque l’on écoute « Gene » qui ouvre le bal, mais également « Minefield », « A Woman Can’t Say No » ou bien « Howlin’ Heart ».

Plus soft-rock qu’à l’accoutumée, Richard Edwards n’hésite pas à soigner ses textes plus vrais que nature. Verdugo marche ainsi sur le pas de son successeur avec un surcroit d’ambition. Grâce à des morceaux comme « Something Wicked », « Teens » ou encore la conclusion intitulée « Pornographic Teens », le Californien dessine de manière approfondie son univers musical solo avec beaucoup de réussite et de conviction.

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25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Emily Wells: « This World is Too _____ For You »

Quand on entend parler de l’album solo d’une violoniste, beaucoup de ses congénères viennent à l’esprit. On peut parle de Sarah Neufeld, Fiona Brice, Jessica Moss eou Catherine Graindorge. Mais à l’inverse de ces artistes qui pratiquent une musique instrumentale, l’Américaine chante et utilise des boucles pour étoffer le son et se suffire à elle-même ; un procédé qui la rapproche plus de Owen Pallett ou, bien sûr, Andrew Bird.

Instrument, oblige, on retrouve logiquement des sons communs, par exemple sur « Stay Up » ou encore l’intro d’ « Eulogy For The Lucky » dotée d’une somptueuse mélodie. Sa voix haut perchée mise résolument en avant repose à merveille sur un tapis de cordes et on pourra y déceler des accents rappelant Natasha Kahn ou Alina Orlova même si son phrasé est quelque peu en retrait. Cette tension vocale permanente sera d’ailleurs peut-être ce qui empêchera certains morceaux de se détacher plus franchement les uns des autres.

Les morceaux peuvent en tous cas monter à tout moment avec de vraies harmonies vocales et, parce qu’elle produit et arrange, donnent une vraie cohérence à l’ensemble. Cette hybridation réussie, loin des recherches formelles peut aussi la placer dans le sillage d’une artiste comme Bat For Lashes. On appréciera ce mélange de cordes et beats pour soutenir la conclusion intense de « Remind Me To Remember » ou se concentrer sur de très inventives cordes de « I Need a Placebo » dont on retiendra le magnifique chorus tout comme ladouceur que véhicule « Ruthie ».

Emily Wells fait montre d’une monstrueuse potentialité ; quand celle-ci se réalisera, pleinement on ne pourra que s’incliner sur ses fulgurances mâtinées de constance.

***1/2

25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

GRÓA: « Í Glimmerheimi »

Ce trio islandais nous livre ici un deuxième album, Í Glimmerheimi, après un premier opus qui laissait entrevoir un fort beau potentiel.Comptant parmi les fers de lance du collectif Post-Dreifing, qui rassemble des artistes de la scène locale de tous bords et dont le but est à la fois de proposer des concerts mais également de l’entraide dans la production des titres, GRÓA, malgré une moyenne d’âge inférieure à 18 ans, est un groupe qui écume les scènes de Reykjavík, soulevant la ferveur certaine d’un public très vite acquis à lsa cause.

Alos que la production de leur « debut album » avait esmblé un peu trop léchée, le successeur va séduire par une entame post-punk qui ne sera pas sans rappeler les prestations « live » du combo.

Comme en témoigne le titre d’ouverture, « Fullkomið », l’ossature de cet Í Glimmerheimi repose essentiellement sur une alliance basse/batterie, menée respectivement par Friða et Hrafnhildur (qui assurent également les backing vocals). C’est efficace, précis et immédiat, mais pour autant non dénué de nuances qui en feraient rougir plus d’un, « María » en sera, à cet égard, la meilleure démonstration avec un clavier n’intervenant qu’à partir de la deuxième moitié.

D’ailleurs, de l’entame au final, le ton sera donné et on sera aspiré par cette base rythmique dont la pression ne se relâche à aucun instant, et ne s’interdisant pas quelques incartades aux accents syncopés et funky (« Of Lítil ») ou dansants (« Prinsessudans »).

Le reste, à savoir le chant, le clavier et la guitare, est assuré par Karolína qui délaisse quelque peu sa six-cordes ici, pourtant instrument central du premier opus. Côté chant, il est à la fois nonchalant et puissant quand cela s’avère nécessaire, en témoigne notamment un « Tralalalala », rappelant quelque peu peu, dans son énergie, le mouvement riot grrrl.
C’est en revanche du côté de l’instrumentation que l’évolution est la plus notable. Alors que la guitare était largement prédominante sur l’album éponyme, il faut attendre
le quatrième morceau, « Of Lítil », avant qu’elle ne fasse son apparition. D’ailleurs, au même titre que le clavier, utilisé tant en son « piano » qu’en son « synthé » » l’intervention de cet instrument se fait par touches subtiles et délicates, ne prenant que rarement (et jamais pour longtemps) le devant de la scène. Cette alternance marquera la volonté du groupe de ne pas s’enfermer dans un carcan punk / rock avec les codes que cela implique, signe d’une certaine maturité et curiosité. « Jetpackstelpan » illustrera ainsi plutôt bien cette nouvelle palette du group) : un riff au piano en début et fin, une ligne basse/batterie qui monte en puissance au fur et à mesure du morceau et délicatement soulignée d’une nappe de synthé, pour accompagner un chant totalement décomplexé.

Oscillant entre insouciance et insolence, GRÓA fait figure de valeur montante à suivre attentivement et Í Glimmerheimi pourra pouvant facilement incarner l’héritage de cette scène islandaise émergente, et ceci, pourquoi pas au-delà dans les années à venir.

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25 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Big Bend: « Radish »

Comme beaucoup d’auteurs-compositeurs, Nathan Phillips, l’homme derrière Big Bend, s’inspire de son quotidien, ou plus exactement de son boulot dans un café, laissant les mélodies de la radio du bar s’imprégner en lui pour les chantonner discrètement lorsque les clients ne le regardent pas, et improviser pendant les silences. Radish est le premier album de Big Bend où Nathan se risque à chanter. Et on se demande pourquoi il ne l’a pas fait plus tôt ; sa voix douce n’est pas sans rappeler le Mark Kozelek des débuts, avec davantage de retenue. Lui qui s’était auparavant illustré au sein d’une musique instrumentale beaucoup plus proche d’un minimalisme gorgé d’un psychédélisme assez abrasif, le voici à présent à écrire des chansons calmes, aux sonorités douces, qui développent un écosystème passionnant – les instruments respirent, les timbres s’invitent et puis repartent…

On pense parfois à un Mark Hollis aux arrangements plus luxuriants. Radish se ressent avant tout comme une expérience de studio. Nathan semble avoir envisagé les différents segments de son album au cours de sessions studio séparées les unes des autres (par groupes de 4 musiciens à la fois), ce qui est à la fois gratifiant et frustrant. Exemples parfaits : « Swinging Low » et « Four », qui font intervenir la violoncelliste Clarice Jensen et le gourou new age Laraaji (avec un sample vocal de la mère de Nathan, chanteuse d’opéra, sur la première des deux pistes), laissent bien deviner qu’il s’agit de parties coupées de sessions bien plus longues. Et si ce sont deux morceaux superbes, on assiste à regret à l’arrêt prématuré de « Four », qui développait une stase parfaitement reposante, et qui aurait bien pu durer 10 minutes de plus, et qui se voit obligée de conclure brusquement.
S’il est vrai que Radish peut laisser par moment l’impression d’un patchwork de sessions différentes (cas étrange de ce « 12′ – 15′ », brève plage électroacoustique contemplative avec Susan Alcorn, fort belle mais curieusement placée entre deux chansons « pop » qui auraient tout aussi bien pu se suivre), chacun de ces segments est d’une beauté paisible qui réchauffe l’âme.

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25 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Biffy Clyro: « Balance, Not Symmetry »

De tous les projets mis en oeuvre par Biffy Clyro à ce jour, leur dernier en date est sans nul doute le plus surprenant et inattendu : la B.O. du film Balance, Not Symmetry dont le scénario a été co-écrit par Simon Neil.
Si les membres du groupe se défendent de percevoir ce nouveau disque comme un véritable album au sein de leur désormais riche discographie, difficile de ne pas leur donner tort à l’écoute des titres réunis ici. Loin de proposer un disque instrumental, le trio délivre ici quelques dix-sept titres, dont la grande majorité ne surprendra en rien tant les fans de la première heure que ceux ayant choisi de les suivre dans un passé plus récent. Exception faite d’une poignée d’interludes instrumentaux au piano sur le thème des couleurs (« Pink », « Navy Blue », « Yellow »), les compositions de la formationécossaise les voient évoluer encore et toujours dans le registre à mi-chemin entre le rock et pop de stade avec la formule guitare / basse / batterie qui reste à l’honneur mais qui se voit abondamment enrichie de piano et d’arrangements électroniques, dont leur musique s’est imprégnée sur leurs plus récentes productions.


Choisi comme premier « single »,le titre éponyme nous renerra au Biffy Clyro des débuts avec un brûlot punk et direct sur lequel Simon Neil ne ménage pas sa voix. Une entame jubilatoire, surprenante, mais aussi peu représentative d’un disque dans lequel le groupe présente ses facettes les plus accessibles. « All Singing And All Dancing » au potentiel radiophonique évident en portera témoignage , tout comme le premier enregistrement studio de « Different Kind Of Love », acoustique, downtempo et emprunt de choeurs découvert lors de la tournée du combo, MTV Unplugged.
Entre compositions directes et efficaces (« Sunrise ») et essais plus posé (« Fever Dream, » « Plead) », le groupe tire son épingle du jeu dès lors qu’il se prête au jeu des changements de rythmes et cassures ou du travail sur les harmonies vocales (« Tunnels And Trees » et son piano mutin, « The Naturals » ou le grandiloquent « Following Master »), un registre dans lequel il a toujours excellé, toutes époques confondues.
Loin d’être un simple faire-valoir au film qu’il accompagne, cohérent et ne manquant ni de relief ni d’audace, ce dernier disque en date de Biffy Clyro trouvera à n’en pas douter une place de choix au sein de la discographie du groupe. Une sortie inattendue, aux qualités évidentes, que les amateurs du trio sauront apprécier à sa juste valeur dans l’attente d’un prochain album officiel.

***1/2

25 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire