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Western Edges: « Prowess »

Après sa participation au dernier album de The Declining Winter, Richard Adams revient sept mois après, mais sous une autre appellation. En effet, non content de se montrer assez productif avec le pseudonyme précité, l’Anglais développe un projet plus ambient, sous le nom de Western Edges, dont Prowess est le premier effort. Alors qu’on ne s’attendait pas forcément à grand-chose, ce court disque  fait montre de plusieurs qualités.

La première pourrait être sa modestie et sa discrétion, cumulées avec une forme de retenue dans l’instrumentation. De fait, quand The Declining Winter déploie, jusqu’à la caricature, les mêmes mesures de guitares arpégées chargées de structurer les morceaux, Western Edges opte majoritairement pour un minimalisme bienvenu, juxtaposant tout simplement quelques accords de six-cordes et couches de synthé.

Ensuite, histoire de ne pas laisser l’auditeur s’assoupir face à ce schéma très classique, Richard Adams propose, au milieu et vers la fin de l’album, deux titres scandés par des rythmiques soutenues (« Solid Gold Soul », « Very Good On The Rushes »). Avec leurs colorations un peu lo-fi  le Britannique trace un trait pertinent entre ce nouveau pseudonyme et ses vies antérieures.

Enfin, pour clôturer le disque, « Absence » s’étale sur sept minutes (contre trois minutes environ pour les sept premiers titres), joue sur la stéréo des nappes, et introduit des pulsations sourdes et lointaines puis une basse très régulière, soit un registre assez différent du reste de l’album, confirmation de la pertinence de ce projet.

***192

24 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Zachary Paul: « A Meditation On Dischord »

Violoniste ayant officié sur un album de Simon Scott, Zachary Paul sort logiquement son premier album solo ; un opus constitué de trois longs morceaux (trente-et-une minutes pour le premier, entre dix et douze minutes pour les deux autres). A Meditation On Discord permet de retrouver le violon en majesté, tout juste auréolé de quelques apports électroniques. Afin de varier un peu le propos, le musicien californien officie évidemment par samples et strates superposées, mais module également l’accordage de son instrument.

C’est ainsi que, sur « Premonition (3:30pm Lake Perris) I Rays II Clouds », il a baissé d’un ton les deux dernières cordes de son violon, de telle sorte que seules deux notes (sol et ré), à une octave d’écart, soient disponibles. Par suite, quand il appose ses doigts sur le manche de son instrument, il en résulte une forme de redondance qui apporte chaleur et profondeur aux mélodies, comme si plusieurs participants jouaient en même temps la même note.

Plus loin, dans le même morceau, l’empilement des couches de violon favorise une double prise en charge : d’un tapis sonore plus uniforme et continu, d’une part, et de notes plus aigües, dévolues à une destinée plus mélodique, d’autre part. En bonne partie improvisée, cette demi-heure conduit l’auditeur à divaguer, au gré des flux et reflux des interventions même si, passées les vingt premières minutes, on se trouve presque face à une sorte de musique expérimentale, entre couinement et sifflement.

À cette aune, les deux morceaux suivants se font plus traditionnels, accueillant une nappe électronique en arrière-plan et un concours du violon partagé entre appuis longs et petits frémissements. Seule la seconde moitié d’ « A Person With Feelings (Original Score) » se fait un peu différente, introduisant des triturations et percées perturbatrices, soit des composantes peu attendues pour une musique de film, fût-il court et abstrait.

***1/2

24 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Interview de Methyl Ethel

Le dernier album de Methyl Ethel, Triage est, pour dans son intégralité, une avanture sen solo, celle de Jake Webb qui a enregistré et produit le disque dans son studio à Perth, en Australie. Mélodies art-pop électiques et influences R&B, tonalités infectieuses tout en demeurant réflectives et songeuses, cette collection de neuf plages amalgame des images surréalistes à la fois lyriques et sombres sur fond de dancefloor. Que dit son auteur de ces évolutions ?

Comment vous-êtes vous mis en rapport avec 4AD et quelles sont vos relations avec le label ?

Ils m’ont contacté un peu avant que je ne joue au festival du CollegeMusic Journal. Nous étions, des deux côtés, assez excités et satisfaits et sommes devenus très proches. C’est génial de pouvpoir travailler avec des gens de qui vous vous sentez proches.

D’où viennent, selon vous, vos meilleures idées ? Est-ce que le d’avoir des horaires ou une structure fixes peut vous aider en termes de créativité ?

En général tout se cristallise l’après-midi. Le matin je mets mes idées à la broyeuse et c’est la que le flot de l’inspiration se matérialise. Travailler à des horaires réguliers m’aide à me mettre en branle sans devoir attendre d’être frappé par un éclair de créativité.

Qu’avez-vous appris dans cette exépériance où vous réalisiez tout vous-même de l’écriture à la production ? Et qu’avez-vous tiré de votre expérience avec Marta Salogni pour la production ?

Travailler seul m’a permis d’acquérir pas mal d’astuces techniques. Ceci dit, avec Marta qui a collaboré avec moi, j’ai vu que faire participer d’autres personnes pourrait se montrer profitable aussi. La solitude n’est eaut-être pas la meilleure solution pour moi.

Vous dites avoir fini une trilogie en terminant cet album ; en suois dont-ils tous reliés les uns aux autres ? Et à quoi va ressembler le prochaine chapitre de votre carrière ?

Sur tous ces disques, tout est issu de mes expériences personnelles et tout y est direct. Je voulis écrire en me déterminant par rapport à cela. Ma vie a été passablement bouleversée et je me suis dit que la meilleure manière de m’en éloignée était d’écrire en l’évoquant. C’est sans doute un procédé cathartique pour moi.

Quelle est voter notion du succès ? Et direz-vous que vous l’avez atteint pou approché ?

Le succès n’est pas un paramètre pour moi. À mon sens, ce qui importe est d’avoir été au bout de mes objectifs.

24 mai 2019 Posted by | Rapid Talk | | Laisser un commentaire

Josephine Wiggs: « We Fall »

Josephine Wiggs, bassiste notamment des Breeders – elle a travaillé sur le mythiqueThe Last Splash mais aussi sur le dernier Lp en date du groupe , All Nerve, revient dans un registre bien différent du grunge d’antan avec un album solo et presque entièrement instrumental intitulé We Fall où elle est accompagnée par son ami de longue date, Jon Mattock (Spacemen3, Spiritualized).

Il s’agit d’un opus d’ambient music influencé par de Brian Eno à Harold Budd, en passant Alva Noto et Ryuichi Sakamoto. les morceaux ont été composés à partir de parties instrumentales (piano, guitare, batterie, violoncelle…) enregistrées puis retravaillées et assemblés sur ordinateur. L’ensemble, malgré sa richesse instrumentale, reste assez froid et contemplatif, avec des morceaux, dans l’ensemble, peut-être un poil trop semblables.

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24 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Park Jiha: « Philos »

Le nouvel album de la musicienne sud-coréenne Park Jiha poursuit le travail débuté avec Communion, sorti en 2018, à la différence que Philos a été entièrement composé et joué par l’artiste.

Ici les instruments traditionnels continuent d’effacer les frontières entre les genres et les époques, donnant naissance à des espaces à la quiétude mouvementée, à l’image du titre « Easy » qui voit l’artiste libanaise Dima El Sayed lire un poème sur l’impossibilité de prendre les choses à la légère face aux menaces climatiques, aux guerres qui plombent la monde et aux déplacements de population.

Park Jiha livre un deuxième opus moins policé et plus engagé, où l’amour demande un investissement de tous les instants, livrant des mélodies enrobées de field recordings dissimulés en arrière plan, faisant ployer l’espace sous ses doigts et à travers son souffle, chargeant l’espace de notes pleines de mélancolie rêveuse, où la tristesse côtoie les instants de bonheur fugace. Un opus chargé d’émotions et de sensations à la beauté indescriptible. Magique.

***1/2

24 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mick Sussman: « The Rosenberg Algorithmic Music Generator: Selected Works, Vol. 2 »

La création de logiciels musicaux est l’occasion de repousser les limites de la créativité en informatique et de mesurer l’apport de l’intelligence artificielle, via certaines oeuvres, à l’image de Proto, le nouvel album de Holly Herndon.

Pour Mick Sussman, l’élaboration du logiciel The Rosenberg Algorithmic Music Generator pose la question de savoir qui est le créateur, lorsqu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour déclencher la création de titres composés par sa machine.

Mélange de chaos et de rythmes décalés, de mélodies frénétiques qui n’ont rien à envier à un Aphex Twin, ce Selected Works, Vol.2 est l’occasion de mesurer la distance qui nous sépare de machines nourries par nos émotions, et capables de régurgiter un monde singulier qui est le reflet de leur lente mais inexorable mutation. Intriguant.

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24 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The London Sound Survey: « Thames »

Membre du Langham Research Centre, Ian Raws est l’homme derrière l’incroyable projet The London Sound Survey, plongée abyssale dans le coeur de la capitale anglaise, qu’elle soit géographique ou temporelle, qui voit la ville prendre vie à travers des centaines d’enregistrements effectués dans différents lieux à des moments distincts, témoignages ethno-musicaux de sonorités qui disparaitront un jour de l’oreille des londoniens.

The London Sound Survey est un travail colossal, allez sur son site pour vous faire une idée de l’amplitude du labeur, avec ses cartes et ses informations historiques, ses enregistrements et ses différentes catégories, des field recordings enveloppant ses rues et ses monuments, ses rites religieux et ses changements climatiques, sa faune et son urbanité, révélant une musicalité insoupçonnée.

Thames n’est que l’esquisse de The London Sound Survey, voyage sur les bords de la Tamise, avec ses ponts qui coulissent et ses ascenseurs qui montent et descendent, les sirènes de bateaux naviguant sur ses eaux troubles, oiseaux et grenouilles rompant la monotonie mécanique d’une ville aux bruits incessants.

Thames est une virée de l’intérieur, focus d’un instant donné à jamais dissous et avalé par des temps qui changent, laissant derrière eux l’empreinte et le souvenir d’instants éphémères, captés remarquablement par les micros de The London Sound Survey.

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24 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Thomas William Hill: « Grains Of Space »

Multi-instrumentiste et compositeur de musiques pour films, Thomas William Hill fut membre de la formation Wauvenfold pendant un temps, puis fonda le trio Origamibiro aux cotés du contrebassiste Andy Tytherleigh.

Avec Grains Of Space, deuxième album sous son nom, Thomas William Hill contemple la beauté du monde et lui offre un manteau de lumière, à coups de viole de gambe, de trompette, de kalimba, bol tibétains, harpe, métallophone, piano, cordes et autres arrangements divers et variés.

Les images défilent sous nos yeux ouverts, dévalant des collines gorgées de mélancolie heureuse et de souvenirs aux couleurs effacées, faisant tournoyer les silences dans les profondeurs d’un espace au mouvement perpétuel, livrant aux tous noirs une nourriture céleste à la véhémence enivrante.

Grains Of Space s’amuse de tout, comblant les silences de notes et de mélodies virevoltantes, dansant sur les cimes nuageuses de cieux dégagés, invitant les instruments à combiner leurs textures pour s’enfuir de la médiocrité et pénétrer avec force dans l’immensité. Sublime.

***1/2

24 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Suldusk: « Lunar Falls »

Suldusk, c’est aussi Myrkur ; ces deux patronymes étant les alias de Emily Highfield, une Australienne qui décrit son projet solo. Suldusk n’est pas une copie carbone pourtant, il semblerait que l’une des références principales de la jeune femme soit le défunt Trees Of Eternity, autre pseudonyme de la musicienne. Ce que Lunar Falls propose va être un habile mélange entre folk black metal, neo folk et post rock sombre. Une musique à la fois romantique dans son acception littéraire et poétique, mais tout de même assez éloignée des poncifs européens du genre.

Le nom qui vient également à l’esprit est Blackmore’s Night. Dans sa simplicité, sa douceur et son côté très accessible (la plupart du temps, les éléments metal intervenant de manière plus que sporadique), Suldusk a vraiment des points communs avec « Shadow of the Moon ». Bref, Lunar Falls ne fera fuir personne Ceci dit, son positionnement est tel qu’il pourrait être jugé trop légerpar les fans de metal et trop metal par les fans de dark folk. Ce qui serait assez dommage car ce disque est vraiment plaisant, à défaut d’être original.

***1/2

24 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire