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Mariska Baars / Rutger Zuydervelt : « Eau »

Bien que collaborant régulièrement tous les deux au sein du quartet Piiptsjilling, Mariska Baars alias Soccer CommitteeSoccer Committee et l’ultra prolifique Rutger Zuydervelt alias Machinefabriek, unissent à nouveau leur talent sur le très lumineux Eau, opus qui nous transporte à travers des paysages à la beauté diaphane.

Tout en douceur, le duo conjugue voix féminines et stries incandescentes, poussant l’auditeur à se pauser, histoire de profiter pleinement de cette narration chargée de fantômes et d’esprits, de temporalité et d’éphémérité, de profondeur et de perte des sens. 

Les ombres mélodiques caressent sans discontinuer des amas de poussière magnétique, poésie abstraite aux vers infinis, pause liquide en mode flou, où les mots et les syllabes arpentent les douces rives de rêves sur le point de s’évanouir.

***1/2

21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

The Head and The Heart: « Living Mirage »

The Head and the Heart n’avait pas convaincu avec son dernier album Signs of Light. Le groupe indie folk de Seattle s’efforce de faire un grand bond en avant avec cet opus qui cherche, ici, à rectifier le tir sur ce nouvel opus Living Mirage.

Le désormais quintet de Seattle ne chéroge à ses habitudes avec un indie folk toujours aussi bien ciselé et entêtant. On retrouve ainsi les harmonies vocales de Jonathan Russell et de Charity Rose Thielen ainsi que les compositions qui ont de quoi rappeler The Lumineers.

Exit Josiah Johnson, c’est avec des morceaux beaucoup plus roots qui sentent bon le Joshua Tree comme « See You Through My Eyes », « People Need A Melody », « Honeybee »ou « Running Through Hell » que l’on a affaire.

Living Mirage regroupera donc tout ce qu’on attendait de la part de The Head and the Heart pour le meilleur comme pour le pire. Il est clair que l’absence de la tête pensante du groupe se fait sentir que ce soit sur « Running Through Hell », « Saving Grace » ou bien même sur « I Found Out ». Pour ce quatrième album, le groupe de Seattle opère pour la force tranquille qui, du coup, sonne presque comme du déjà entendu par moments. On ne pourra, néanmoins, pas leur en vouloir de chercher la lumière tout au long de ces onze morceaux.

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21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Operators : « Radiant Dawn »

Lorsque Dan Boeckner n’officie pas aux côtés de Wolf Parade ou de Divine Fits, il réactive son autre projet musical qu’est Operators. Le supergroupe de Montréal qui compte également dans ses rangs Sam Brown de Divine Fits et Devojka avait publié un premier album nommé Blue Wave en 2016 et récidive trois ans plus tard avec leur successeur intitulé Radiant Dawn.

S’ouvrant sur « Days », Operators revient avec leur pop synthétique digne des années 1970 qui nous transporte très loin. C’est avec des hymnes bien taillés pour le live avec des rythmiques infectieuses et hypnotiques comme « Faithless », « In Moderan » ou encore « Terminal Beach » entrecoupés d’interludes instrumentaux comme « (Public Void) », « (Airlock) » ainsi que « (Object Sighting) ».

A travers ces quatorze morceaux et en 43 minutes de musique, Operators nous offre une bande-son post-apocalyptique où la société part à sa perte à travers des titres qui mettent la puce à l’oreille avec « Despair », « Strange » ou bien la conclusion héroïque de six minutes nommée « Low Life ». Radiant Dawn voit la force créative du supertrio montréalais qui ne finira pas d’étonner plus d’un.

***1/2

21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Alex Lahey: « The Best Of Luck Club »

Plus rien ne semble arrêter l’ascension fulgurante d’Alex Lahey. Révélée en 2016 avec son premier EP B-Grade University et suivi de son premier album I Love You Like A Brother la jeune australienne a réussi à se faire un nom sur la scène indie rock/pop-punk locale malgré la volonté des médias de la comparer à Courtney Barnett et Bethany Consentino de Best Coast. Deux ans plus tard, elle présente son successeur attendu, pour certains au tournant,The Best of Luck Club.

S’ouvrant sur « I Don’t Get Invited to Parties Anymore », la musicienne de Melbourne (aidé de sa productrice Catherine Marks) continue de nous partager ses galères du quotidien malgré son succès retentissant à travers ses compositions beaucoup plus pop-punk qu’à l’accoutumée.

Que ce soit sur « Am I Doing It Right? », « Misery Guts » (dont la construction musicale rappelle quelque peu « Celebrity Skin » de Hole) et « I Need to Move On », Alex Lahey partage ses doutes, ses angoisses et son envie d’être accepté par tous en étant queer dans l’industrie musicale.

Plus personnel que son prédécesseur, la jeune femme parvient à nous embarquer dans ses scénettes de tous les jours où on a l’impression d’être un spectateur que ce soit sur « Don’t Be So Hard On Yourself » avec un solo de saxophone bien incongru ou sur « Isabella » avec sa mélodie pianotée et « Black RMs ». Dans tous les cas, elle réussit à nous toucher avec ses textes sentant le vécu que ce soit sur la ballade « Unspoken History » ou bien même sur « I Want to Live With You » en guise de conclusion héroïque montrant un The Best of Luck Club ayant plus à voirà l’habileté qu’à la chance.

***1/2

21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Efrim Manuel Menuck & Kevin Doria: « are SING, SINCK, SING »

Le second album d’Efrim Manuel Menuck intitulé Pissing Stars avait, peu ou prou, été mis en valeur. Le membre de Godspeed You! Black Emperor et de Silver Mount Zion avait exploré son talent jusqu’ici inexploité. Il ne compte pas se reposer sur ses lauriers cependant car le voilà qu’il revient avec un album collaboratif en compagnie de Kevin Doria, tête pensante de Total Life intitulé are SING, SINCK, SING.

Le « superduo » s’est envolé au Mexique pour mettre en boîte cinq morceaux à mi-chemin entre ambient, drone et folk psychédélique pour un contenu aussi bien musical et politique. Résolument engagé, Efrim Manuel Menuck & Kevin Doria arrivent à balancer leurs messages que ce soit l’introduction hypnotique de huit minutes nommée « Do the Police Embrace? » riches en loops électroniques menaçants ou encore « Fight the Good Fight » et « We Will » qui sont placés sous le signe de la persévérance.

are SING SINCK, SING arrive à distiller ces influences musicales pour une écoute plus que religieuse. Avec des titres magnétiques comme « A Humming Void an Emptied Place » et les hommages à l’héritage juif d’Efrim Manuel Menuck du somptueux « Joy Is on Her Mount and Death Is on Her Side », l’album entre les deux artistes arrive à nous emporter au loin et à faire revivre et entrer dans leurs univers respectifs.

***1/2

21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Gitar Wolf: « Love&Jett »

Guitar Wolf est rarement mentionné dans la liste des groupes prolifiques en matière de garage-punk et pourtant, ils sont présents depuis un bout de temps maintenant. Le combo japonais en est à son treizième album intitulé Love&Jett et il ne change en rien sa recette principale.

Voici donc dix morceaux dépassant rarement les 3 minutes à se mettre sous les oreilles. S’ouvrant sur le morceau-titre, Guitar Wolf montre leurs prouesses en incorporant des influences allant du surf au garage-punk en passant par le rockabilly.

De « Sex Jaguar » à l’énergie infectieuse de « Fireball Red Legend » en passant par « Australopithecus Spark », « Gimme Some Lovin’ » et autres « Bowling In Takada-No6baba », le groupe japonais ne déçoit en aucun cas en la matière.

Au final, rien de nouveau sous le soleil, Guitar Wolf reste dans leur zone de confort à travers ce treizième disque court, homogène et allant droit au but. Même si le manque de renouvellement est à souligner, le groupe montre qu’il a encore son énergie infectieuse après tant d’années.

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21 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Aoratos: « Gods Without Names »

Aoratos est le projet de la tête pensante de Nightbringer, l’américain Naas Alcameth. Au sein de celui-ci, son but est clairement de redonner une légitimité au terme black metal. En effet, beaucoup de formations du genre privilégient la brutalité, la sauvagerie, la haine chevillée au corps. Aoratos, lui, a d’autres projets, plus extrêmes. Il se propose de ramener l’indicible horreur, la répugnante noirceur au coeur du genre. Gods Without Names est un tout. Black atmosphérique, black cru, dark ambiant s’y conjuguent, et si les ambiances sont prépondérantes, groupe n’hésite pas à jouer de silences, de stridences et, à placer ça et là hurlements d’effroi pour qu’on ne puisse oublier d’où il vientet comment il tire tant de titres malsains, voire bestiaux.

Ainsi, Aoratos parvient sans peine à instaurer un climat de haine et de terreur au travers de ses neuf compositions. On ne peut que féliciter Debemur Morti, le label du combo, d’être parvenu à déceler le talent chez des formations qui, certes, ne sortent pas de nulle part, mais ne se contentent plus de singer leurs condisciples et ont une vraie passion pour le genre qu’ils servent. Gods Without Names est une véritable réussite, un retour aux sources de ce que représente le black metal : un genre en-dehors de toute convention, musicale et humaine, centré sur tout ce qu’il y a de plus noir chez l’homme, parvenant sans mal à réveiller les forces obscures pour l’assister et les exorciser.

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21 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire