No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Drahla: « Useless Coordinates »

Les trois membres de Drahla ont echaînés EPs et concerts pendant trois ans dans un esprit punk et arty. Ils ont poussé le trio basse-guitare-batterie au bout de l’expérimentation en y invitant un saxophone et,ne laissant rien au hasard, ils se chargent aussi du design de leurs pochettes, de leurs affiches de concerts et réalisent leur propre vidéos.

Ce premier album a été enregistré entre divers concerts et tournées et il concilie énergie brute à besoin de proposer un son abouti et contrôlé qui colle bien aux tonalités post-punk .
Le début des années 80s hantent les pistes de Useless Coordinates. La guitare est tranchante (Siouxsie And The Banshees, Bauhaus), la basse double les mélodies (Joy Division, The Cure) et on trouve même un saxophone écorché (Psychedelic Furs, Siglo XX). L’ambiance est tellement 80s que le téléviseur dans le vidéo clip de « Stimulus For Living » a un tube cathodique et ,ultime coquetterie, album sort même en cassette.

Signé chez Captured Tracks, label de de The Soft Moon et DIIV ou Mac DeMarco, la filiation avec la première vague post-punk est pourtant moins évidente.
Ces références sonnent néanmoins une idée du son que Drahla développe, mais il n’y a rien de nostalgique ou passéiste dans cet album. L’expérimentation semble sincère, et ce premier disque est le journal d’un groupe qui bascule des répétitions aux tournées. Les « coordonnées inutiles » sont les points de repères que le groupe doit se fixer pour se retrouver dans la bonne ville au bon moment : une invitation au voyage pour le moins brutale et bruitiste pour les adeptes de la chose.

***

14 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

DYGL: « Songs of Innocence & Experience »

Les Japonais de DYGL avaient impressionné et imprimé  en 2017 avec un premier album très efficace, Say Goodbye to Memory Den. Aujourd’hui Ils décident de confirmer tout le bien que l’on pense d’eux avec Songs of Innocence & Experience, un deuxième opus délicat et aussi bien ficelé que le précédent.
Le combo ne fait rien comme les autres ; en 2017, le quatuor était produit par un Strokes et il reprenait à son comptel’héritage de Cast avec es titres enlevés et jouissifs.

Avec ce nouveau disque, ses membres font plutôt du U2 en mettant en ligne directement leur album avant sa mise en vente chez les disquaires.
Chaperonnés par Rory Atwell (
The Vaccines, Veronica Falls), DYGL affine son jeu et prend des chemins de traverse.
La première partie du disque est résolument calme et fait dans le mid-tempo délicat. Au lieu de débouler sur la piste et de danser comme en 1995, on se rassoit et on savoure la nouvelle passion de Nobuki Akiyama, la plume qui écrit toutes les chansons de
DYGL (et qui les chante). On se relèvera à partir de « Bad Kicks », on remet le son et on file se déhancher comme au bon vieux temps. Au final un petit opus, déconstruit et contrasté, mais solide et bien équilibré.

***

14 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ex Confusion:  » I Remember When »

Retrouver, un peu moins de six ans après With Love, l’ambient d’Ex Confusion, c’est savoir qu’on va être face à un disque de bonne facture, mais ne venant pas forcément bousculer les certitudes en la matière. De fait, une nouvelle fois, le Japonais empile deux ou trois couches de synthé, jouant sur les variations d’intensité et le caractère lumineux qu’apporte cette concordance de notes. Au-delà de ce matériau très caractéristique de ce registre, on recherche ce qu’Ex Confusion pourrait apporter qui viendrait laisser percer une véritable singularité.

Si cette dernière ne se fait jamais vraiment jour (louons toutefois les sonorités des instruments de « Your Touc »h, semblables à des vocalises spectrales), il serait parfaitement injuste de ne pas avouer avoir été séduits par un morceau comme « Forgiven », son atmosphère tendre et sa guitare électrique vaporeuse, ou, dans une moindre mesure, par « Nothing Stays The Same » avec sa six-cordes en finger-picking, façon banjo.

Malheureusement, et ainsi qu’on le regrettait déjà dans nos recensions des précédents disques d’Atsuhito Omori, il semble avoir parfois peur de la durée, restreignant, par exemple, le premier morceau à soixante-deux secondes et le second nommé à un peu plus de trois minutes et trente secondes.

Un peu après le milieu du disque, Ex Confusion accueille un invité de marque sur un titre, en la personne de Benoit Pioulard ; à eux deux, les musiciens parviennent habilement à conjuguer travail en flux et reflux, et apports électroniques (toutes petites explosions, à un moment). La proximité entre les deux hommes est indéniable, probablement trop forte, même, tant et si bien que, passé au morceau suivant, on se prend à penser que l’États-Unien agit toujours au côté du Japonais (ce qui n’est pas le cas). Voyons-y, au choix, soit une belle homogénéité, soit une forme de monotonie…

***

14 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Mystery Lights: « Too Much Tension! »

The Mystery Lights avait débarqué en puissance avec un premier album éponyme qui avait imposé le quintet de Brooklyn comme un combo essentiel de le scène rock (tendance « and roll »).

Son successeur,Too Much Tension ! mérite son point d’exclamation et la tension (l’attention) malgré une introduction synthétique qui n’annonce pas la couleur.

Mais les pemières amours sont de retour et The Mystery Lights va balancer la sauce avec des morceaux garage-rock’n’roll comme « I’m So Tired (Of Living In The City) », « Can’t Get Through My Head » et « Goin’ Down ». Se voulant être à la croisée de The Normal et Suicide ou encore de The Kinks et Television, Too Much Tension! prouve que le groupe n’a pas rendu les armes.

Toujours dans l’esprit rétro qui les anime, The Mystery Lights sait faire cohabiter riffs flamboyants et synthés venus d’ailleurs sur ces dix morceaux imparables. Résolument 70’s dans l’âme avec « Wish That She’d Come Back », « Thick Skin » ou bien même « Watching The News Gives Me The Blues », ce Too Much Tension ! affichera à merveille sa profession de foi et rendra un parfait hommage au garage-rock psychédélique d’antan avec une exigence assumée qui fait chaud au coeur.

***1/2

14 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire