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Tant qu'il y aura du Rock!

Aisha Burns: « Argonauta »

En 2013, Aisha Burns avait publié son tout premier album intitulé Life In The Midwater, un pur bijou indie folk qui a été malheureusement passé trop inaperçu. La chanteuse et violoniste a disparu de la circulation avant de revenir en force avec son second opus, Argonauta. Considéré comme étant un disque de deuil et de rédemption, la violoniste de Balmorhea nous offre huit compositions relatant la mort de sa mère et la naissance d’un amour prometteur. De l’introductif hanté « We Were Worn » au sensible « Leavin’ » en passant par « Must Be A Way » et « Would You Come To Me », on assiste à un moment religieux comme on en fait plus.

Après cette absence, Aisha Burns sait toujours comment émouvoir son auditeur à travers un songwriting beaucoup plus affirmé et des arrangements beaucoup plus étoffées. Il en résulte ainsi un Argonauta touchant avec « If I » et « Where Do I Begin » en guise de conclusion qui permettra à la musicienne d’affirmer encore plus son talent.

***1/2

13 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Ty Segall: « Deforming Lobes »

Chaque fois qu’il est question de Ty Segall, on souligne sa phénoménale capacité à lancer des albums à volonté. Il est rare, en revanche qu’on parle de l’incroyable talent de showman du bonhomme ; aussi ce Deforming Lobes, album en concert du Californien, remettra les pendules à l’heure sur ce plan.

Capté en janvier 2018 lors de trois soirs au Teragram Ballroom de LA, Deforming Lobes est un très réjouissant album live à écouter même si on a peu d’intérêt pour la chose. En effet, ce disque traduit à merveille l’énergie brute de Segall et son groupe ur scène avec tout ce que ça implique de lourds riffs, de solos complètement déjantés et de feedback grinçant. Ajoutons que le disque a été enregistré et mixé par Steve Albini et on comprendra pourquoi cet opus est saisissant.

Mais Segall et Albini ne sont pas les seuls capables ici. Avec son Liberty Band, Ty Segall a atteint un potentiel de rouleau-compressage jusqu’ici inégalée dans sa carrière et ce disque live en témoigne autant qu’il apparaît comme la fin d’un cycle.

Avec le Liberty Band, Segall a lancé son deuxième album homonyme, le EP Fried Shallots et l’acclamé double disque Freedom’s Goblin. Alors que les deux premiers sont moins exploratoires, on y retrouvait un concentré de Tyl, plus ramassé et plus percutant. Avec Freedom’s Goblin, le guitariste chanteur a ramené une dose de folie et de psychédélisme garage à sa formule, mais en conservant son approche mise de l’avant depuis les débuts de son super groupe.

« Finger », « Warm Hands » et « Love Fuzz » sont parmi les meilleurs moments de ce « live » ; concentrés comme ils sont aux antipodes de ces groupes qui ont tendance à vouloir en faire trop sur pareils exercices.

Les guitares très fuzzées, la grosse basse deMikal Cronin et la voix perçante de Segall sont à l’avant-plan dans une production sale de grande qualité. Le choix des chansons a été fait avec soin alors qu’on a pris soin d’appréhender dans toutes les périodes de la carrière de Segall. À cet égard, « Squealer » et « Breakfast Eggs » en versions live avec le Liberty Band sont absolument convaincantes, au même titre que son inoubliable interprétation inoubliablement interprétation sur Emotional Mugger.

Bref, Deforming Lobes est une une leçon de rock, un tour de force technique et un album qui est simplement purement rock très plaisant à écouter. Segall prendra peut-être une pause de son Liberty Band dans les prochains mois pour se consacrer à des projets plus personnels (et déconstruits) – il a déjà commencé d’ailleurs – mais cet album « live » est un superbe échauffement pour le talentueux musicien.

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13 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Charly Bliss: « Young Enough »

En 2017, Charly Bliss avait tfait parler de lui avec un premier album, Guppy. Le quatuor power-pop vient de Brooklyn et présente le successeur de son opus initial, Young Enough où le combo veut prouver qu’il a mûri

On commencera par la voix d’Eva Hendricks qui est moins aiguë que d’habitude. Celle-ci arrive à survoler avec classe et maîtrise ses nouvelles compositions plus bubblegum et plus pop qu’auparavant à l’image de l’introduction nommée « Blown To Bits » ou bien même de « Under You » et « Camera » même si ses textes reflètent ses mésaventures amoureuses et son quotidien plutôt difficile.

La différence entre leur premier album et Young Enough est l’utilisation plus importante de synthétiseurs rendant leur bubblegum power-pop beaucoup plus hybride qu’à l’accoutumée. Ce résultat plus pop se fait entendre à l’écoute des allures discoïdes de « Chatroom » ou de la ballade synthétique nommée « Hurt Me » mais ils n’ont pas oublié leurs origines power-pop comme « Capacity », « Bleach » sans oublier « Hard To Believe » qui a de quoi rappeler The New Pornographers dans la démarche.

Ce virage plus pop ira dérouter plus d’un car on était habitué à des compositions plus rentre-dedans et musclées. Au final, Charly Bliss a passé l’âge adulte tant on appréciera plus les textes d’Eva Hendricks sur ce Young Enough plus fiévreux et plus bubblegum qu’à l’accoutumée.

***1/2

13 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Offthesky: « Illuminate »

Depuis 15 ans, Jason Corder Offthesky  sort un rythme régulier des disques qui se comptent aujourd’hui par dizaines,seul ou en collaboration, pour divers labels. Le dernier en date parait chez le Français Eilean rec. et nous convie à l’écoute d’une œuvre assez ambitieuse, mêlant sonorités acoustiques et électroniques, entre lesquelles vient se poser la voix de la harpiste Jaqueline Sophia Cordova.

L’instrumentation est riche : violon, saxophone, violoncelle, hautbois, flûte, et harpe… le son de cette dernière offrant une résonance et une grâce toute particulière à ces musiques que l’on imaginerait très bien réalisées pour une installation.
Un disque à la beauté étrange, assez contemplatif et aux vertus méditatives, qui flirte par moment avec le jazz et le néo-classique… et dont on ne se lasse pas de découvrir les recoins.

***1/2

13 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Yutaka Hirasaka: « Element

Guitariste et producteur basé à Tokyo, Yutaka Hirasaka sort des albums dans des tonalités très variées depuis 2018.
Alors que le précédent était parsemé de boucles et des beats très tranquilles, Element – à ranger dans les productions les plus dépouillées de sa discographie –  est composé essentiellement avec sa guitare.
Un bonheur de musiques folk mélancolique typiquement dans le style Japonais telles qu’on peut les entendre dans les films de Naomi Kawase ou Kore-eda.

Un style que l’on rapprochera par exemple de celui de Daisuke Miyatani ou d’artistes aux musiques poétiques et délicates. On pourra même trouver pourquoi pas une parenté avec l’univers de Bibio.
A l’image de la pochette du « single », « Melody », les musiques présentes sur Element peuvent être envisagées comme comme la B.O. d’un printemps naissant, d’une nature en éveil, d’une douceur retrouvée.

***1/2

13 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Body Type: « EP / EP2 »

La scène indie australienne continue de battre son plein. Destination non Melbourne mais Sydney pour partir à la rencontre d’un quatuor féminin nommé Body Type. A mi-chemin entre jangle-pop et surf-rock, Sophie McComish (chant, guitare), Annabel Blackman (chant, guitare) Georgia Wilkinson-Derums (chant, basse) et Cecil Coleman (batterie) font forte impression sur leurs premiers EPs

.

Composé de six titres, Body Type arrive à distiller avec aisance leurs influences musicales citées plus haut. S’ouvrant sur l’élégant « Ludlow (Do You Believe In Karma ?) », les musiciennes arrivent à séduire l’auditeur d’emblée. Tantôt mélodique tantôt rugueux à travers des morceaux comme « Palms », « Dry Glass » et « Silver », ces EPs possèdent suffisamment de charmes pour accéder au panthéon des plus belles promesses australiennes.

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13 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Radiator Hospital: « Music For Daydreaming »

Radiator Hospital avait publié un album, Plays The Songs You Like, il yy a deux années de cela . Depuis, le quatuor de Philadelphie était sorti des sentiers battus en s’efforçant de fusionner jangle-pop et pop-punk pour un résultat plutôt satisfaisant. Cette année ils appuient aujourd’hui sur la pédale douce leur nouvel opus nommé Music For Daydreaming.

Radiator Hospital s’éloigne en effet du courant pop-punk pour un éventail d’influences beaucoup plus douces et mélancoliques. On voit ainsi le groupe naviguer dans des eaux plus bedroom-pop et alternative country. Et cela s’entend sur des morceaux beaucoup plus paisibles allant de l’introduction nommée « My Fire » à « I Never Dreamed » en passant par des contrées bluesy et bluegrass « Alright Again », « For Daydreamers Only » et « Stories We Could Tell ».

Toujours est-il qu’on planera toujours tout au long de cet opus avec des titres comme « Personal Truth », « Guitar » ou « I Never Dreamed » avant que Radiator Hospital ne revienne aux bases à travers des morceaux plus électriques de la trempe de « Cupid » et « My New Chord » aux inspirations plus garage. Le combo Cook-Parrott a trouvé que sagesse et mélancolie pouvaient aller de paire. Reposant et rafraîchissant à la fois.

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13 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Dehd: « Water »

Dehd est un trio indie rock basé à Chicago qui avait fait impression en 2016 avec sa toute première sortie. Composé de Jason Balla des groupes Ne-Hi et Earring, Emily Kampf, ex-membre de Lala Lala et du batteur Eric McGrady, le groupe était resté dans une démarche « DIY » avec ses parutions suivantes mais semble prêt à passer à l’étape supérieure avec un premier véritable album, Water.

Composé de 13 morceaux, Dehd fait parler ses influences à mi-chemin entre post-punk et surf-rock, où The Cramps et Third Coast cohabitent sans aucun souci. Cela donne des morceaux implacables restant toujours dans l’esprit DIY allant du titre d’introduction nommé « Wild » à « Lake » en passant par « Baby », « Wait » et « Sunbeat » ne dépassant que rarement les 3 minutes.

Une des forces ssu combo est sa capacité à gérer la rupture amoureuse qu’ont traversée Jason Balla et Emily Kampf il y a quelques années de cela. Le disque fait office de thérapie de couple afin d’aller de l’avant à travers des textes personnels mais plutôt touchants comme sur « On My Side » en passant par « Love Calls » ou encore l’entêtant « Happy Again » montrant qu’après la rupture survient toujours une renaissance ; voilà une philosphie à laquelle tout un chacun peut adhérérer.

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13 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Jesse Mac Cormack: « Now »

Jesse Mac Cormack a toujours baigné dans l’industrie musicale. Réalisateur de plusieurs albums dont le premier d’Emilie & Ogden il les accompagne aussi sur scène lors de leurs spectacles. En l’espace de quelques années, il nous a présenté 3 EP. C’est à la suite de tournées aux États-Unis et en Europe qu’il il présente son premier album complet, Now.

Mac Cormack est un musicien talentueux. Son objectif, c’est de faire de la musique tet se concentrer sur son art. Chose qu’il réussit à faire à sa manière et à son goût.

L’engouement autour de Jesse Mac Cormack est palpable : son nombre d’adeptes ne cesse de croître, et ce, un peu partout dans le monde. Son nouveau matériel est aussi plus qu’attendu dans l’industrie du disque.

Parce qu’il est unique et qu’il propose un folk-pop-rock réinventé et accrocheur, à ’écoute de Now, on reconnaît que ses inspirations sont larges : les Beatles, Madonna (« Ever go on »), Eddie Vedder (« Nothing Lasts) » ou encore Justin Timberlake « (No love go »), Now respire l’éclectisme et!a lui va bien.

Il nourrit ici son inspiration et il n’y a pas une chanson qui ressemble à une autre.

L’ambiance musicale de Now est un peu plus pop que ce pour quoi on connaît l’artiste, mais les paroles font toujours autant dans l’émotion brute. Le mélange des genres est incroyablement bien fait et bien dosé. Conçu en commençant par penser aux rythmes il ne peut qu’offrir à ses auditeurs quelque chose qui bouge, aussi bien à l’intérieur des âmes qu’aux phrasés des corps.

***1/2

13 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire