No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Into Orbit: « Kinesis »

La Nouvelle-Zélande ne fournit pas le gros du contingent des groupes dont on parle ici. Il semble d’ailleurs que la musique instrumentale nous offre une bien belle palette d’origines. Notamment parce que la provenance géographique y est moins perceptible. D’ailleurs, d’emblée, les points communs sont trouvés avec une formation de Sheffield (65 Days of Static) ou de Chicago (Russian Circles). En effet, c’est dans ce genre de musique vitaminé avec riffs puissants et rythmique carrée qu’on peut placer Into Orbit.

Le duo formé d’un guitariste (Paul Stewart) et d’un batteur (Ian Moir) ne se contente pas uniquement d’une énergie débridée , il fait preuve de personnalité abec un album très bien séquencé.

On entend évidemment de grosses guitares en avant dès « Shifter » et une lourdeur très convaincante sur « Between Stars » mais de façon fort judicieuse, la pression retombe avec un petit arpège et un riff bien senti. La maîtrise est là, pas de doute. On retrouve même des moments carrément calmes (« Emergence »), les rapprochant d’un post-rock plus classique.

« Crystallise « commence tout en arpèges et on ne doute pas alors que le ton va durcir ; cela sera évidemment le cas mais ces déboulements ne sont pas systématiques. Sur ce morceau par exemple, un riff lancinant sera appuyé par un roulement bien efficace.

D’une manière générale, le jeu de guitare est varié, couvrant une belle palette de possibilités, parfois au sein d’un même morceau. « Horus » pourra ainsi se montrer plus brouillardeux ou plus poisseux, avec une texture bien dense sur laquelle le combo joue plus que sur la la joliesse mélodique La technique sans faille est de toute façon un prérequis pour pratiquer ce genre et elle est ici habilement mise en valeur. Les couches se superposant à grands renforts de pédales de loop en sont la démonstrtaion sans que l’on imagine le groupe était camplaisant avec lui-même. Une retenue et une sobitété tranchantes qui dont plaisir à entendre.

***1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Japanese House: « Good At Falling »

Ce premier album est né du projet solo d’Amber Bain qui, après plusieurs E.P.S, a franchi le pas avec un Good At Falling où elle nous délivre isi ses plus belles rêverie.

Révélé sur le devant de la scène par les éloges de Matty Healy (The 1975), The Japanese House ne vogue pas pour autant sur les mêmes pas que les tendances éditoriales, rock et indé mêlés à un moule synthétique, du label, Dirty Hit, que les deux formations partagent.

Amber Bain a depuis toujours ses propres idées en tête ; celles de rendre à la musique ses envolées les plus vertigineuses. Good At Falling est un parfait condensé des précédentes compositions dévoilées au compte-goutte par The Japanese House depuis 2015. Presque quatre années de maturation, de voyages et de tournées, qui ont façonné un « debut album » qui se présente sous en forme d’un grand voyage vers le monde si particulièrement neurasthénique de la vocaliste.

Produit par George Daniel (batteur de The 1975) et BJ Burton (connu pour ses collaborations avec James Blake et Justin Vernon, alias,Bon Iver), est une véritable aventure de 45 minutes ; d’emblée passionnante et sans cesse mélancolique (« Maybe You’re the Reason », « We Talk all the Time », « You Seemed so Happy »), parfois expérimentale (« somethingfartogoodtofeel », « Marika Is Sleeping ») et souvent élégiaque (la magnifique « f a r a w a y » ou « Lilo »).

C’est, en fait et surtout,  un carnet de route incroyablement bien ficelé (chaque titre suit et complète l’autre) et mixé avec talent. Sans doute un disque de dreampop qui restera comme un classique.

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10 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Martin Kohlstedt: Ströme »

Il y a deux ans, Martin Kohlstedt avait atteint les sommets avec son album Strom. Le compositeur néo-classique a réussi à se faire un nom aux côtés d’autres actes nationaux comme Nils Frahm entre autres grâce à son univers à mi-chemin entre musique classique et ambient. Cette année, il revient avec un nouvel album intitulé Ströme en compagnie de la chorale de Gewandhaus de Leipzig.

Une fois de plus, Martin Kohlstedt continue de captiver son auditeur avec son univers aussi bien néo-classique qu’avant-gardiste de façon primitive et puissante. Accompagné d’une chorale, les textures musicales qui ont fait la renommée du musicien allemand sont encore une fois la bienvenue à travers ces huit compositions instrumentales d’une rare beauté allant de « SENIMB » à « THIPHY » en passant par « AUHEJA », « NIODOM » et « JINGOL ».

Sur Ströme, Martin Kohlstedt passe à un niveau supérieur et il prouve qu’il sait mélanger le clair et l’obscur comme personne. Et ce ne sont pas d’autres pièces immersives comme « TARLEH » et « AMSOMB » qui nous prouveront le contraire tant il nous permet d’être dans l’intime et le contemplatif.

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10 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Glen Hansard: « This Wild Willing »

Glen Hansard semble traverser aujourd’hui une phase particulièrement prolifique puisque 14 mois séparent seulement son dernier disque en date, « Between Two Shores », de celui-ci. Et pourtant les deux n’ont rien à voir. Depuis le début de son aventure solo, l’Irlandais s’était peu à peu installé dans le confort d’une musique qui revenait inexorablement à ses racines irlandaises, ou d’une façon plus large à celle des musiques folk, blues, country, particulièrement mises en valeur sur son avant-dernier album.

Autant d’oeuvres de singer-songwriter qui montraient que le temps de The Frames était bien loin, et que le rock à qui il doit également beaucoup ne faisait plus tellement partie de son répertoire. Il s’en est éloigné pour y revenir, pas d’une façon frontale, mais avec toutes les subtilités de sa plume et de son chant bercé d’émotion. On ne peut qu’être surpris à la découverte du premier extrait de This Wild Willing,« I’ll Be You, Be Me », un morceau pas du tout folk, pas vraiment pop mais en apparence très calme, avec une section rythmique basse/batterie qui prenait son temps avant de laisser monter en puissance le reste du titre, grondant tel un orage. Puis il y a aura le cotonneux « Fool’s Game » qui nous laisse un peu sur notre faim car, Glen Hansard ayant décidé de bousculer ses habitudes, il lui a fallu sortir de son train-train d’un singer-songwriter.

Ceci dit, celui lui a fait du bien. Ce nouveau disque est, en effet, beaucoup plus varié, et surtout inspiré que son prédécesseur. « Don’t Settle » est un bijou habité tel qu’il n’en avait probablement plus écrit depuis « Burn The Maps » de The Frames en 2004. Il y mêle tout ce qu’il a acquis tout au long de sa carrière : guitare, piano, cuivres, arrangements de cordes, pour un résultat somptueux et prenant.

Mais l’élément le plus marquant de This Wild Willing  cc’est la présence de ses invités, des musiciens iraniens permettant ce malange où les musiques traditionnelles irlandaises et orientales se mélangent. Le résultat, en sera c’est notamment « Race To The Bottom », « The Closing Door » et « Threading Water », des titres enregistrés avec un chœur de musiciens qui comprenait deux musiciens iraniens, les frères Khoshravesh.

Le disque a été conçu à Paris et enregistré dans les studios Black Box avec David Odlum et les musiciens Joe Doyle (basse), Romy (piano, voix, arrangement des cordes) qui sont des complices de longue date, et les musiciens électroniques dublinois Deasy et Dunk Murphy (Sunken Foal). Glen Hansard a voulu mettre l’inventivité au centre de cet album. Sans se renier (« Brothers’ Keeper » est là pour nous le rappeler) il y est magnifiquement parvenu, apportant à ses chansons un nouveau souffle car s’il est un excellent interprète, ses albums avaient parfois du mal à restituer la force de ses prestations scéniques. Tout ces éléments font de « This Wild Willing » une belle exception au milieu de cette discographie désormais conséquente, et conforte encore un peu plus Glen Hansard dans son habit d’artiste authentique et passionné.

***1/2

10 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Death and Vanilla: « Are you a Dreamer ? »

Ce trio suédois avoir étonné pas mal de monde avec son To Where The Wild Things Are publé en 2015. Depuis, ils ont sorti une surprenante bande-son du fim A Score For Roman Polanski’s The Tenant l’année dernière. Are You A Dreamer ? est ce nouvel album  tant espaéé  qui marque leur véritable retour.
Le combo a musclé son jeu et fait montre d’une agilité hallucinant pour dénicher des mélodies hypnotiques et jouer avec nos émotions. Les musiciens débutent les choses calmement avec « A Flaw In The Iris » et L »et’s Never Leave Here ».

On pensera immédiatement à Eno ou aux Cocteau Twins mais ces morceaux sont une mise en bouche. Le groupe passe à la vitesse supérieure avec « Eye Bath » où la voix de Marleen Nilsson joue à cache à cache avec nos sensations et nous attire dans son piège.

On n’aura, à partir de cala aucune appréhension à rejoindre Death & Vanilla pour se retrouver hors du temps grâce à « Vespertine » qui pourrait émouvoir les oreilles les plus endurcies. Saveurs à déguster !

***1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mammoth Penguins: « There Is No Fight We Can’t Both Win »

There Is No Fight We Can’t Both Win est le troisème opus des Mammoth Penguins combo anglais fort de l’expérience acquise avec John Doe (2017), un album-concept surprenant et ambitieux sur lequel il avait choisi d’accueillir cordes, claviers et samples en tout genre.

Le groupe de Cambridge revient ici aux fondamentaux de la formule « power trio″ »de ses débuts, tout en étoffant légèrement sa palette instrumentale (de fines touches synthétiques par ci, un peu de violoncelle par là).

Soutenue par une section rythmique tout en robustesse formée par le bassiste Mark Boxall et le batteur Tom Barden, la chanteuse-guitariste Emma Kupa (Standard Fare, The Hayman Kupa Band) exprime ses états d’âme avec une conviction et une sincérité peu communes. Parvenant ainsi à installer une véritable proximité avec l’auditeur, la demoiselle se livre à cœur ouvert au fil de ces onze chansons agiles et frondeuses, aux mélodies souvent poignantes (« Closer », « I Wanna », « Put It All On You »).

There Is No Fight We Can’t Both Win est un disque à conseiller aux fans du Wedding Present, de Comet Gain ou d’Hefner et, plus généralement, à tous les amateurs de pop à guitare vigoureuse et sensible.

***1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Marc Demarco: « Here Comes the Cowboy »

Aux premières notes de ce cinquième album du « slack-rocker » Mac DeMarco, un trépignement agrippe l’oreille : l’auteur-compositeur-interprète serait-il en train de nous emmener ailleurs ? Il faudra bien vite redescendre de nos grands destriers, cette introduction très Rocky Racoon n’était qu’illusion. Dès la seconde pièce, l’extrait Nobody, on retrouve ce même bon vieux Mac qui gratte ses cordes désaccordées façon jangle pop, qui chante sans trop se presser.

 

L’artiste ramène aussi les inflexions aiguës rappelant Salad Days (2014). On attend donc patiemment pendant quelques chansons de s’accrocher à quelque chose de neuf. À la sixième chanson survient « Choo Choo », un jam au propos obscur avec plus de funk et de tempo. Encore une fois, on y est,et on s’embarque avant que çaça retombe dans la zone de confort tout de suite après. Mais c’est toujours sympa, un peu de Mac DeMarco diront les inconditionnels.Certes mais c’est pour ça qu’on se repasse encore Salad Days.
**1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

Holly Herndon: « Proto »

Dans la catégorie album-concept, il sera difficile de battre l’Américaine Holly Herndon, repartie à Berlin enregistrer son 3e album, Proto après avoir obtenu son doctorat en composition musicale de la Standford University. Herndon a pu compter sur la collaboration de ses amies théoriciennes et exploratrices des musiques modernes pour concevoir ce disque, mais surtout sur l’apport de « Spawn », un logiciel, une intelligence artificielle à qui elle a enseigné à composer et à chanter, ainsi que l’illustre le titre « Evening Shades (Live Training »).

Ainsi, la voix (humaine, cybernétique, les deux se confondent et s’expriment en choeur) est le matériau primaire de ce disque, certes aride, mais généralement bienveillant, surtout lorsque les rythmes électroniques nous ramènent en terrain familier — intense « Alienation », jubilatoire « Eternal », tribale « Frontier ». Herndon aspire à rendre plus humaine la machine, et y parvient avec une émotion insoupçonnée sur des compositions comme la douce « Fear, Uncertainty, Doubt ».

***1/2

10 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire