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Blueprint Blue: « Tourist »

Alors que le groupe est actif depuis 2014, ce n’est qu’aujourd’hui que paraît le premier album de Blueprint Blue, un quatuor de pop qui nous vient du sud de Londres. C’est autour de leur admiration pour Neil Young, Grateful Dead et Steely Dan qu’ils se rencontrent et décident d’entamer ce projet, forcément très ancré dans les années 70. Intitulé Tourist, cet album a pour dessein « d’examiner l’amour, la condition humaine et le futur », le tout nimbé de science-fiction et de fantaisie, anticipant l’impact des nouvelles technologies sur les relations humaines. C’est tout particulièrement l’objet du single « An- D», qui nous parle d’un service de rencontre qui a pour particularité de vous affecter non pas un humain mais un robot sur la base de vos affinités.

Le décalage entre la musique et l’univers narratif est saisissant : on ne peut imaginer pop plus classique que celle de Blueprint Blue. Nous sommes purement et simplement plongés dans la scène néo-Woodstock des années 70 : un doux mélange de Crosby, Stills Nash & Young et de Fleetwood Mac. Le son est pur et sans artifices, les voix douces évoluent délicatement entre pop et soul en des enchaînements très académiques. Il est dit que les synthétiseurs sont la nouveauté de cet album, en comparaison avec leurs premiers EP, et que le groupe s’est senti très à l’aise avec cette évolution. Cela fait notamment suite à un accident qu’a eu le chanteur, Elliot Hayward, avec une trancheuse et qui l’a empêché de jouer de la guitare pendant un temps.

Pourtant,les claviers sont quasiment inexistants sur le disque, et lorsqu’ils s’offrent à nos oreilles c’est avec une retenue et un classicisme qui évoquent tout sauf un univers futuriste. Si le groupe n’avait pas expliqué très clairement le thème de son album, il est aurait été tout simplement impossible à déceler.
Cela n’a pas grande importance, les morceaux sont élégants et subtils, ils s’enchaînent avec aisance pour brosser un tableau estival et nonchalant qui met instantanément de bonne humeur. Cela n’est finalement pas si éloigné de ce que peuvent proposer Mac DeMarco ou Toro Y Moi, l’innovation sonique en moins. La production, assurée par le leader de Younghusband, Euan Hinshelwood, est minimaliste et efficace : les enchevêtrements de guitares accompagnent des arrangements vocaux très soignés (où la voix de la batteuse Melissa Rigby est bienvenue). Des chansons comme « Bitter Musician » ou » Real As These « sont de franches réussites, et le groove seventies au tempo lent qui colore l’ensemble de Tourist vous fera voyager loin, mais certainement pas dans le futur.
C’est en tout cas là une première œuvre très intéressante, dans laquelle le talent d’écriture est éclatant et l’exécution subtile et dosée. Gageons que Blueprint Blue est promis à une longue carrière et de nombreuses tournées .

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8 mai 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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