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Gemma Ray: « Psychogeology »

Gemma Ray est une chanteuse originaire de l’Essex au Royaume-Uni mais  elle vit depuis plusieurs années à Berlin où se trouve son propre studio. Très prolifique, elle sort aujourd’hui son 8ème album en 10 ans, une disque marqué par ses voyages et une atmosphère Folk gothique, aux touches rétro, particulièrement captivante.

Il y a quelque chose qui rappelle Ennio Morricone dans ses chansons, comme « Death Tapes » qui serait un morceau parfait pour un western. Le résultat est un enivrant voyage aux arrangements d’orgue et de cuivres qui confèrent à Psychogeology  une touche particulièrement épique.

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8 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Qasim Naqvi: « Teenages »

Qasim Naqvi est connu comme batteur du groupe Dawn of Midi mais, lorsqu’il n’officie pas dans le groupe, ia réalisé des bandes-sons intrigantes en tous genres mais jamais publiées sous forme de un véritable album. Celui-ci paraît enfin « officiellement » et il se nomme Teenages.

Le ompositeur américano-pakistanais nous entraîne dans des contrées minimalistes où les influences ambient sont mises en avant. C’est à coup de loops hypnotiques et de sonorités électroniques laissés en plan qu’il nous accueille, que ce soit sur l’introduction nommée « Intermission » ou bien même « Palace Workers » et « No Tongue ».

On a l’impression que ces bidouillages tentent de communiquer avec nous, l’auditeur et peut aussi bien impressionner que frustrer que ce soit sur « Mrs 2E » ou sur le véritable titre de gloire de 18 minutes que « Teenages » constitue et qui clôt ce bien curieux premier opus.

**1/2

8 mai 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Empath: « Active Listening: Night on Earth »

Pour dénicher de l’originalité sur la scène riot grrl, on peut se pencher sur Empath, un quatuor venu de Philadelphie qui teinte et tinte sa musique de noise pop sur un premier album intitulé Active Listening: Night On Earth.

Ce qu’on remarquera dès lentame c’est la fluidité avec lquelle les titres s’enchaîne. Le groupe féminin tente de nous étonner à travers des morceaux aussi bien efficaces qu’envoûtants à l’image de « Soft Shape » en guise d’introduction mais également « Hanging Out of Cars » et « Roses That Cry ».

Entre le mur du son bien noisy et les claviers fiévreux, Empath arrive également à créer un paradoxe sonique entre ombre et lumière, lourd et léger, jour et nuit.

Bien évidemment, l’interprétationfait paraître un sentiment de désespoir que ce soit sur « Pure Intent », « IV » et sur la conclusion nommée « Redeo Fever ». A travers ces neuf titres, Empath arrive à prouver leur originalité sur cette scène de plus en plus concentrée et à réaliser un disque aussi bien fun que lancinant.

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8 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Blueprint Blue: « Tourist »

Alors que le groupe est actif depuis 2014, ce n’est qu’aujourd’hui que paraît le premier album de Blueprint Blue, un quatuor de pop qui nous vient du sud de Londres. C’est autour de leur admiration pour Neil Young, Grateful Dead et Steely Dan qu’ils se rencontrent et décident d’entamer ce projet, forcément très ancré dans les années 70. Intitulé Tourist, cet album a pour dessein « d’examiner l’amour, la condition humaine et le futur », le tout nimbé de science-fiction et de fantaisie, anticipant l’impact des nouvelles technologies sur les relations humaines. C’est tout particulièrement l’objet du single « An- D», qui nous parle d’un service de rencontre qui a pour particularité de vous affecter non pas un humain mais un robot sur la base de vos affinités.

Le décalage entre la musique et l’univers narratif est saisissant : on ne peut imaginer pop plus classique que celle de Blueprint Blue. Nous sommes purement et simplement plongés dans la scène néo-Woodstock des années 70 : un doux mélange de Crosby, Stills Nash & Young et de Fleetwood Mac. Le son est pur et sans artifices, les voix douces évoluent délicatement entre pop et soul en des enchaînements très académiques. Il est dit que les synthétiseurs sont la nouveauté de cet album, en comparaison avec leurs premiers EP, et que le groupe s’est senti très à l’aise avec cette évolution. Cela fait notamment suite à un accident qu’a eu le chanteur, Elliot Hayward, avec une trancheuse et qui l’a empêché de jouer de la guitare pendant un temps.

Pourtant,les claviers sont quasiment inexistants sur le disque, et lorsqu’ils s’offrent à nos oreilles c’est avec une retenue et un classicisme qui évoquent tout sauf un univers futuriste. Si le groupe n’avait pas expliqué très clairement le thème de son album, il est aurait été tout simplement impossible à déceler.
Cela n’a pas grande importance, les morceaux sont élégants et subtils, ils s’enchaînent avec aisance pour brosser un tableau estival et nonchalant qui met instantanément de bonne humeur. Cela n’est finalement pas si éloigné de ce que peuvent proposer Mac DeMarco ou Toro Y Moi, l’innovation sonique en moins. La production, assurée par le leader de Younghusband, Euan Hinshelwood, est minimaliste et efficace : les enchevêtrements de guitares accompagnent des arrangements vocaux très soignés (où la voix de la batteuse Melissa Rigby est bienvenue). Des chansons comme « Bitter Musician » ou » Real As These « sont de franches réussites, et le groove seventies au tempo lent qui colore l’ensemble de Tourist vous fera voyager loin, mais certainement pas dans le futur.
C’est en tout cas là une première œuvre très intéressante, dans laquelle le talent d’écriture est éclatant et l’exécution subtile et dosée. Gageons que Blueprint Blue est promis à une longue carrière et de nombreuses tournées .

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8 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Catrin Finch & Seckou Keita: « Soar »

Catrin Finch est galloise et Seckou Keita est sénégalais. A priori, ça n’a rien à voir. Sauf qu’ils sont tous les deux harpistes à leur manière, des maîtres en leur matière, harpe classique pour elle, kora pour lui. Deux instruments à cordes pincées aux sonorités si distinctes, et qui délivrent pourtant une seule belle et pleine alchimie quand ils jouent ensemble. Là, on ferme juste les yeux et on se laisse bercer par leurs harmonies croisées, c’est unique, c’est magique.

Le mariage des timbres est parfait, le mélange saisissant, apaisant, enchanteur. Dans ce monde en crise où les peuples ont tendance à se recroqueviller sur eux-mêmes, il est bon de voir et surtout d’écouter que Catrin Finch & Seckou Keita et leurs harpes sont la preuve que la musique, en dépassant par essence les clivages, aura toujours son rôle à jouer pour remettre les hommes de nouveau sur la voie de l’union, de l’amitié et de la fraternité.

Mais Soar est aussi un album qui a de la mémoire et qui rappelle que blancs et noirs n’ont pas toujours été amis, les premiers ayant mis les seconds en esclavage.

C’est pour cela que ce Soar est si précieux. Il nous rappelle l’indicible cruauté au travers de l’indicible beauté et il nous les conte encore, impeccable et implacable sous ses allures si trompeuses de sereine innocence.

Irremplaçable dans sa douceur et sa splendeur, Soar nous raconte néanmoins que rien n’est jamais gagné à jamais, que l’homme sera toujours un loup pour l’homme, mais que la victoire est possible, magnifique même si si fragile ; à écouter et à réécouter par plaisir, à méditer et re-méditer par humanité.

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8 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Frank Carter & The Rattlesnakes: « The End of the Suffering »

C’est peu dire que la carrière de Frank Carter a connu un sacré coup de boost depuis que son nom est sur le devant de la scène. Deux albums successifs en 2015 puis 2017, avec des tournées monumentales et sauvages en toile de fond. Carter n’a pas lésiné pour s’imposer. Une telle générosité et un tel rythme laissent cependant des traces. Particulièrement quand on est un artiste entier et à fleur de peau.

Craignant d’y laisser sa santé mentale, Frank Carter a pris une pause bien méritée avant de revenir avec ce troisième album, un disque qui annonce des chansons plus intimes que jamais puisque centrées sur la lutte constante du chanteur pour garder la tête en dehors de l’eau.

Cette dynamique veut qu’un songwriting rock soit meilleur lorsqu’il est moins virulent et il n’est pas rare d’entendre des musiciens justifier un adoucissement des guitares saturées pour se concentrer sur écrire de meilleures compositions.

Ainsi, lorsque l’on termine une première écoute de End Of Suffering, l’impression est celle d’un étouffement. Nul doute que les affres vécus par Carter dans sa vie ont fortement influencé l’ambiance sombre et oppressante de cet album.

Que ce soit la progression toute en retenue de « Why A Butterfly Can’t Love A Spider » ou le blues crasseux de « Love Games” » tout est bien plus sombre. Les moments de gloire sont rares hormis, per exemple, sur « Anxiety », véritable ode à ne pas se laisser dévorer par un mental parfois défaillant.

Les thématiques abordées par le disque sont, sans surprise, assez peu joyeuses. Carter est passé par une grande période de dépression et cela se ressent. Ce peut être un exutoire mais c’est surtout ici une photographie, un témoignage. Ce qui n’est pas, en soi, un défait. Les morceaux sont honroables mais l’ensemble tourne un peu en rond, comme si la volonté didactique l’emportait. Les soupapes sont mises en place mais ont une teneur réjouissante quelque peu forcée (« Tyrant Lizard King » en compagnie de Tom Morello ou encore « Crowbar »).

L’évolution de Frank Carte a laissé beaucoup de ses fans dubitatifs depuis une dizaine d’années. Certains lâcheront l’affaire et se consoleront sur les prestations live incendiaires du groupe anglais. Les autres s’inquiéteront de la santé mentale et artistique du leader des Rattlesnakes.

À cet égard, End Of Suffering n’est pas, malgré son titre ; reste alors à savoir ce que le combo saura nous poposer après ce nouvel opus qui n’offre pas de réelle projection sur sa carrière mais présente plutôt un regard syntéhtique sur un état en un moment fixe.

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8 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire