No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Marina: « Love + Fear »

Quatre années après le dansant et acidulé Froot Marina & The Diamonds revient sur le devant la scène. Sauf que cette fois-ci non seulement la jeune galloise s’est rebaptisée sobrement Marina mais elle dévoile un quatrième opus sous forme d’un apparentement audacieux : Love + Fear.

Pour un concept ausssi ambitieux la sensation que laisse l’album est pour le moins mitigée. L’observation la plus saillante à son écoute est d’abord celle que la pop jadis délicieusement sucrée qui caractérisait Marina & The Diamonds s’est désormais muée en une musique électronique. La faute probablement à la production laissée entre les mains du groupe britannique Clean Bandit à qui l’on doit des collaborations, il faut bien l’avouer, pas toujours de très bon goût avec Zara Larsson ou Demi Lovato. En outre cette patine synthétique se fait jour sur les seize morceaux, preuve s’il en est que la production peut parfois polluer des chansons aux mélodies au départ forts bien dénichées.

Au départ pourtant, ce nouveau projet avait un goût de minimalisme tant par le fait de se dépouiller de ses diamants habituels que par le choix de la pochette qui affiche Marina dans une simplicité sublime. La surprise sera alors à son comble dès la première écoute.

La première partie est d’ailleurs en demi teinte puisque ’éclaboussée de sonorités poisseuses et artificielles comme sur « Superstar » ou « Baby » où on ne peut s’empêcher de fantasmer sur des versions plus édulcorées que la voix de Marina aurait pus susciter qu sein de ces mélodies ravissantes. Fort heureusement sur les morceaux « Handmade Heaven » et » End of The Earth » le juste milieu entre pop savoureuse et ballades délicates est réussi ; ce sera d’ailleurs dans ces mêmes titres que l’on ressent pleinement le message que Marina veut véhiculer au travers de ce diptyque aux faux airs de parcours initiatique vers une paix intérieure.

Si le côté théâtral qui, jusqu’alors, distinguait sa carrière semble avoir été dissout, il s’agit là de la volonté de l’artiste qui place désormais au cœur de son travail une certaine simplicité. Ainsi, Marina revient gonflée à bloc après une période relativement sombre qui l’a façonnée personnellement dans un premier lieu puis par la suite  au sein d’une logique « pro bonheur  » telle qu’elle la définit dans  sa musique . Love, la première partie, s’impose donc comme une célébration rayonnante de morceaux gorgés de bonne humeur comme l’en attestent les titres « Orange Trees » et « Enjoy Your Life ». Cette profession de foi fort rafraîchissante transpirera davantage dans la seconde partie de l’album, Fear.

Sous des airs de plaisirs honteux veloutés, les titres recèlent un puissant potentiel tubesque. Impossible de discerner si l’on s’habitue aux sonorités électro au fil du projet ou si elle se font plus subtiles, toujours est-il que tous les morceaux sont séduisants. Ainsi « Life Is Strange » ou « Karma » rappelleront les premiers amours époque The Family Jewels, « Emotional Machine » et « No More Suckers » ravivent une pop piquante sans oublier les ballades « Too Afraid » et « Soft To Be Strong » que n’aurait pas reniées Lana Del Rey.

Love + Fear ou l’éloge de l’ambivalence des émotions humaines. Marina signe un retour honorable même si par moment claudicant car ayant pris un virage électronique pas nécessairement habile pour nous autres avides de mélopées gluantes de pop indé.

***1/2

4 mai 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

Aucun commentaire pour l’instant.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :