No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Spellcaster: « Inventory »

Issu de la scène expérimentale danoise, Holger Hartwig alias Spellcaster propose un premier album, Inventory, qui n’a de définissable  que sa propre singularité.

Faisant se collapser vocaux trafiqués et instrumentaux possédés, Spellcater nvente un langage à la croisée des genres, entre slow post-punk expérimental et noise r’n’b, spoken word défiguré et arabesques free à l’abstraction ambient conceptuelle.

S’il a hérité du déconstructivisme de sa formation Synd Og Skam, il a par ailleurs développé un sens du chaos qui doit autant au bouillonnement d’idées, qu’à l’acharnement de collages minutieux, intégrant la participation de plusieurs musiciens ou chanteurs à la création de son projet aux allures de magma en fusion.

Inventory demande une écoute attentive pour en apprécier ses diverses textures et sa richesse intrinsèque, bifurquant constamment sur des routes glissantes, désaxant ses mélodies de leurs axes pour leur offrir une beauté à l’usage du temps. Un opus inclassable aux atmosphères intrigantes. Très fortement recommandé.

***1/2

1 mai 2019 Posted by | Chroniques qui gueulent | | Laisser un commentaire

The Mountain Goats: » In League With Dragons »

Rien ne semble arrêter The Mountain Goats ; on avait laissé lle combo mené par John Darnielle sur un album rendant hommage à la culture gothique tout simplement nommé Goths ; deux ans plus tard, les voici de retour avec un nouveau thème avec leur 17ème album intitulé In League With Dragons.

L’opus est un disque concept basé sur le jeu Donjons et Dragons et, cette fois encore, The Mountain Goats articulent leurs compositions country-folk (pour ne pas dire « dragon noir » selon leurs dires) autour de ce thème de dragons et d’autres créatures fantastiques mises en oeuvre par Owen Pallett (officiant à la production et aux arrangements).

En partant de cela, John Darnielle et sa bande conservent verve et faconde lorsqu’il s’agit de nous offrir des morceaux allant droit au but comme « Done Bleeding », l’excellente « Passaic 1975 » ou les chœurs somptueux qui se taillent la part du lion sur « Clemency For The Wizard King ». Entre la pedal-steel qui se ballade sur le morceau-titre ou le solo de saxophone sur « Younger », il n’y a qu’un pas et le groupe de Durham tient honorablement à respecter la thématique de In League With Dragons avec d’autres trouvailles à souligner comme « Possum By Night », « Going Invisible 2 » et « Waylon Jennings Live! ».

Avec The Mountain Goats, on est toujours dans la peau de ces créatures surréalistes que ce soit sur « An Antidote For Strychnine » ou sur les allures prog audacieuses de la conclusive « Sicilian Crest » sans tomber dans la ringardise.

C’est ce qui fait la renommée du groupe de Durham ; explorer une thématique et la relier à la société actuelle de façon honorable. Dans ce sens, In League With Dragons est une autre véritable réussite d’un groupe qui n’a plus rien à prouver, et ce, après trente ans de carrière.

****

1 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Alberich: « Quantized Angel »

Kris Lapke alias, Alberich est un producteur qui s’est fait remarquer pour ses collaborations étourdissantes façon Prurient ou The Haxan Cloak. Sa minutie dans le traitement du son fait de lui un maître de la scène industrielle noise et, avec son deuxième album, Quantized Angel, successeur 9 ans après de la série NATO-Uniformen, odyssée harsh techno de presque 4 heures, Alberich concentre son efficacité par une approche nettement plus concise, où chaque sonorité, chaque rythme, chaque saturation, trouve sa place, bâtissant des ambiances extrêmes au pouvoir dévastateur, même dans ses moments les plus posés.

Alberich redéfinit l’approche de la scène dans laquelle il évolue, se débarrassant de certaines lourdeurs, pour accéder à une singularité qui renvoie nombre de productions dans les cordes, travaillant l’espace et les loops à la manière d’un scientifique connecté à un réseau de fibres technologiques nourries en courant continue, aux interférences intenses et viscérales. Un opus de post-techno acéré, aux effluves indus fiévreuses, enrobé de harsh diabolique et vital.

***

1 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

S.H.I.Z.U.K.A.: « Infinite Eyes

S.H.I.Z.U.K.A. frappe fort avec la parution de son nouvel opus Infinite Eyes, découpé en 19 plages sobrement intitulés Haiku, suivis du numéro de piste correspondante.

Plus dépouillé que jamais, à l’image des poèmes japonais auxquels il fait référence, Infinite Eyes enchaine les trouvailles mélodiques et les axes rythmiques, se débarrassant du superficiel pour accéder à nos tympans sans emprunter de sentiers de traverse.

Il se dégage une pureté de cet opus, qui n’est pas sans rappeler les premières heures de la scène minimal tendance  Plastikman où abstraction mentale et impulsions charnelles se chargeaient de nous électrocuter sur place, à coups de fourmillements et de doux vrombissements glissant sur les pores de notre enveloppe charnelle.

S.H.I.Z.U.K.A. aime escalader les espaces en suspension, jouant avec les notions de profondeurs et de superficie, d’éloignement et de rapprochement, traçant des axes à l’équilibre ténu qui voit la densité capable de s’effondrer sur elle même, pour passer de la lumière à la noirceur et vice versa. Un album d’intelligent techno qui renoue avec une certaine tradition, tout en anticipant l’avenir. Terriblement addictif.

***1/2

1 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Malk: « Wmaidit »

Voici un assemblage de musiques folk minimalistes découpées, collées, recollée au laptop de manière étonnante par l’Américain Will Becker, alias Malk. Si on est habitués à découvrir des musiques aux ambiances assez sombres, cette parution est assez lumineuse dans son genre expérimental et acoustique.

Elle est proposée par Malk projet de l’Américain Will Becker, originaire de Philadelphie, et se présente sous la forme de titres joués avec guitare acoustique, basse acoustique, mélodica, ocarina, banjo et clavier miniature.

Tout cela est découpé et édité sur ordinateur portable pour redonner vie à des morceaux tour  tour étranges, étonnants, amusants, légers, printaniers…
Wmaidit (comprenez Watch Me As I Die In Time), est une jolie collection de musiques folk Lo-fi minimalistes. Une curiosité qui mérite qu’on se plonge en son sein.

***

1 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Arovane + Porya Hatami: « C.H.R.O.N.O.S. »

Entre Uwe Zahn alias Arowane et Porya Hatami, les collaborations s’enchainent, transfigurant les lois de l’ambient, pour nous entrainer sur des terres bercées par les souffles de Dieux puissants, cachés derrière le voile d’atmosphères chargées de zénitude poétique.

Avec C.H.R.O.N.O.S., les ambiances planent au dessus de nos têtes, décrivant des arcs de cercle aux courbes nuageuses, rasant la cime de forêts ancestrales perdues sous les esquisses d’estampes aux encres détrempées.

Arowane + Porya Hatami comblent nos désirs de tranquillité et d’isolement, encerclant nos souvenirs dans une douce mélancolie au futur trouble. Le temps est au centre d’un monde tremblant, construit sur les restes d’une histoire chancelante faite de répétitions aux erreurs invariables.

Les machines fustigent ce qu’il reste en nous d’humanité et de raison, nous renvoyant à la face notre incapacité à voir la beauté qui nous cerne de toutes parts, l’obscurité seule, semblant avoir une place privilégiée à nos yeux. Édifiant et élevé.

***

1 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Star Pillow: « Music For Sad Headbangers »

The Star Pillow est projet d’un musicien toscan de la scène post-rock, électronique et électro-acoustique qui a publié une dizaine d’albums depuis 2012. Il s’agit du dernier disque de l’Italien sous ce nom, une plongée d’une petite quarantaine de minutes dans une belle noirceur, marquée par une guitare électrique naviguant entre ambient et accroches plus rageuses.

Avec son intitulé assez ironique, l’album invite, de fait, par endroits, à remuer la tête au gré des accords plaqués, soit lourdement dans un registre quasi-stoner (« Bruno Martino Is My Tom Araya »), soit de manière plus acoustique et tout aussi régulière, en prélude à des déluges d’électricité (« Moving Grey « ou « Sad Headbanger »).

Alternant avec des moments nettement moins saturés,Paolo Monti sait ainsi maintenir l’intérêt de l’auditeur en l’emportant sur des tapis plus lumineux et accueillants, tout juste mordorés (« Departures ») ou bien en combinant couches de six-cordes (accords pincés, arpèges) et Glockenspiel (le délicat « Circle Of Events) ».

La confrontation entre la clarté presque mélancolique des parties mélodiques et l’allure nerveuse et malaisante des distorsions grésillantes génère des frottements tout à fait prenants, capables de faire assurément naître de belles émotions contrastées. Avec cette belle découverte, on éprouvera toutefois deux regrets : qu’il s’agisse donc du dernier disque de The Star Pillow et qu’il n’ait aucune chance de voir l’intéressé se produire sur scène.

***1/2

1 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Aldous Harding: « Designer »

On avait laissé Aldous Harding sur son second opus nommé Party il y a maintenant deux années. Depuis, l’auteure-compositrice-interprète néo-zélandaise a réussi à s’imposer avec son indie folk gothique et résolument bouleversant lui offrant la possibilité de nous charmer une troisième fois avec son nouvel album, Designer.

Écrit et composé dans les quatre coins du globe, la néo-zélandaise résidant désormais au Pays de Galles a décidé de mettre en oeuvre un troisième disque plus lumineux mais toujours aussi somptueux. En compagnie, une fois de plus de John Parish à la production, Aldous Harding a décidé de faire parler son imagination tout en relatant ce qu’elle a vécu en bien ou en mal ces deux dernières années et ceci une production toujours aussi dépouillée et rêveuse. Que ce soit sur des morceaux comme l’introductif cinématique « Fixture Picture » ou le morceau-titre plutôt lounge-jazz, on sera rapidement sous emprise.

Avec ces textes empreints d’une certaine mysticité que ce soit sur « Zoo Eyes » où elle n’hésite pas à moduler sa voix pour la rendre plus grave sur certains moments ou sur d’autres moments chaloupés comme « Treasure » et la lancinante « Damn », Aldous Harding entretient toujours aussi bien son mystère. Elle réussit à nous entraîner dans son imagination la plus démente à travers des titres remarquables pour leur groove entraînant exprimé sur « The Barrel » et « Weight of the Planets » ou en nous touchant par son art sur des morceaux beaucoup plus dépouillés comme la ballade guitare/voix de « Heaven Is Empty » ou la conclusion pianistique qu’est « Pilot ».

Une fois de plus, la néo-zélandaise brille par son talent hors pair et son sens du songwriting original. Il en résulte un Designer résolument addictif et émouvant comme peu de disques sont à même d’en faire montre.

****

1 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

King Gizzard and the Lizard Wizard: « Fishing for Fishies »

King Gizzard and the Lizard Wizard est déjà de retour ! En effet, nos hyperactifs favoris n’ont pu s’empêcher de produire un autre album, un an et demi après la naissance de quintuplés qu’ont été Flying Microtonal Banana, Murder of the Universe, Sketches of Brunswick East, Polygondawanaland et Gumboot Soup.

Fishing for Fishies, le 14e album studio en 7 ans pour la bande menée par Stu Mackenzie et le premier lancé par la propre maison de disques du groupe, Flightless Records. Le leader du combo, Stu Mackenzie, voulait, selon lui, laisser chaque chanson bâtir se proprre personnalité et tailler son propre chemin.

King Gizzard and the Lizard Wizard emprunte ainsi une nouvelle direction où il plonge autant dans le jazz-rock FM « à la Steely Dan-Doobie Brothers » que dans le boogie rock à la « T. Rex-Status Quo ». Les vétérans mélomanes ne seront pas dupes. Ils identifieront assez rapidement les emprunts…

Par contre, toutes ces influences sont magnifiquement mâchées et digérées. Puisque la formation fait preuve (et pour une énième fois) d’une dextérité hors du commun, ce Fishing for Fishies se classe de nouveau dans les nombreuses réussites du septuor, même si aux premières écoutes, le fanatique pourrait être déstabilisé par la facture plus léchée de la production.

On ne peut pourtant qu’être séduite par cette réalisation limpide qui permet d’apprécier encore plus la performance musicale irréprochable des Australiens. Sans atteindre les hauts sommets des 5 précédents efforts révélés en 2017, King Gizzard and the Lizard Wizard nous propose un disque divertissant et étrangement accessible.

En plus de 3 excellents boogies (« Boogieman Sam », « Plastic Boogie » et « The Cruel Millenial) », le groupe en ajoute un quatrième avec « Cyboogie » qui constitue le condensé parfait de tout ce qui a été entendu précédemment dans ce Fishing for Fishies. En plus d’avoir été séduit par « The Bird Song » (très Doobie Brothers) et par la stoner-blues « Reals Not Real », les Australiens nous donnent peut-être un indice de ce qui pourrait être la suite pour eux grâce à la conclusion d’« Acarine ».

Dans un prochain processus créatif, si jamais King Gizzard and the Lizard Wizard poursuivait dans la même veine « électro », nous en serions rassurés, mais l’écoute de ce nouvel album, nous rend quelque peu perplexes. Malgré la pertinence de cette nouvelle création, on décèle tout de même chez le groupe une indéniable envie de plaire à un public plus large… ce qui présuppose une approche un peu plus consensuelle. C’est peut-être le seul reproche que l’on pourrait faire mais c’est loin d’être là où le bât blesse tant Fishing for Fishies confirme de nouveau les immenses possibilités à la portée de Stu Mackenzie et ses accompagnateurs.

****

1 mai 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Gus Dapperton: « Where Polly People Go To Read »

Gus Dapperton s’est fait connaître lorsqu’un de ses titres fut joué sur la série Netflix 13 Reasons Why et il fait partie de la scène bedroom-pop lo-fi américaine. Après quelques E.P.s, le voilà daéormais abordant des choses plus « sérieuses » sous la forme de l’album Where Polly People Go To Read.

Dapperton se fait une place dans la catégorie de ces « polly people », à savoir des personnes androgynes et ambiguës qui peinent à s’imposer dans la société en raison de leur différence. C’est avec des influences à mi-chemin entre Tame Impala, Mac Demarco et The 1975 que le new-yorkais tente de tirer son épingle du jeu à travers des morceaux sentant bon les années 1980 comme le riff de basse accrocheur de « Verdigris » qui ouvre le bal mais encore les percussions minimalistes de « World Class Cinema » qui suit.

Alors que l’on s’attendait à un disque plutôt nostalgique et  dépressif eu égard à sa pochette à  couleur  fortement connotée, le disque est rempli de titres pour les moins dansants. Il n’y a qu’à juger « Eyes For Ellis », « Sockboy » et « Roadhead » où il suffit que les synthés analogiques et rétrofuturistes, les riffs de guitare ainsi que le TR-626 fassent bon ménage. On retiendra cependant le plus somptueux « My Favorite Fish » qui mettra en avant le sens du songwriting de Gus Dapperton avant de repartir de plus belle avec « Fill Me Up Anthem ». Pour ce premier album, Gus Dapperton pourquit son ascension en nous invitant à partager cette idée que, même les marginalisées hors-normes ont désormais droit de cité.

***1/2

1 mai 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire