White Denim: « Side Effects »

Un an après leur dernier LP Performance, nos Texans surexcités reviennent ici avec un huitième et imprévisible album, Side Effects. Imprévible cet opus l’est car White Denim pourrait s’apparenter aux Allman Bothers sous amphétamines, à savoir des riffs accrocheurs au sein de structures parfois kraut, parfois classic rock, parfois psyché : un son toujours nerveux et sans concessions, variant sans cesse.

La bande de déjantés texane se joue une fois de plus des structures musicales attendues, un constat qui émerge dès le premier morceau « Small Talk (Feeling Control). » Et si l’album continue dans la même lignée, c’est « NY Money » qui sera de première surprise et s’avèrera être le centre de ces neuf titres. Commençant de façon classique avec une structure harmonique accrocheuse et un chant rapide, le morceau se désaxe vers la 4ème minute pour partir en jam psyché planante, riche de multiples couches de guitares s’entremêlant comme autant de reflets scintillants.

Le titre est suivi de l’interlude « Out of Doors « où les répétitions rappelleront les cadences africaines, une source d’influence qui disparaît entièrement sur un « Reversed Mirror » dont la longue instrumentation des plus chics nous ramènera, elle, vers le milieu des années 70.

Rockeurs hyperactifs aux riches influences, nos Texans, rangers des contrées sonores, ne sont toujours pas dans l’errance ; avec ce huitième album, leur discographie demeure aussi cohérente que riche et créative, et ça après déjà plus dix années.

***1/2

Matthew Sweet: « Tomorrow’s Daughter »

Si la power-pop a acquis ses lettres de noblesse, Matthew Sweet fait partie de ceux qui les lui ont données aux côtés d’autres contournables. C’est dire si l’auteur de Tomorrow Forever l‘année dernire avait à nouveau eu son heure de gloire auprès d’un public de plus en plus large. On comprends alors qu’il ne souhaite pas en rester là et qu’il « récidive » aujourd’hui avec cette « sequel » logiquement nommée Tomorrow’s Daughter.

Une fois de plus, Matthew Sweet reste dans son élément avec sa power-pop toujours aussi implacables. De l’introductif « I Belong To You » rappelant quelque peu The Byrds dans la démarche à « Show Me » en passant par les entraînants « Lady Frankenstein », « Years » ou encore « Something Someone », ll’artiste possède toujours autant sa verve et son énergie aussi caractéristique.

Même si rien de révolutionnaire n’est à souligner sur cet opus, Matthew Sweet reste toujours aussi constant dans sa démarche allant de la jangle-pop au rock alternatif des années 1990 réminiscent de l’âge d’or de MTV. Que ce soit sur « Girl With Cat », « Now Was The Future » ou bien même sur « Ever After », on a affaire à un plutôt bon album de faces B de Tomorrow Forever montrant un talent quasi-intact.

***1/2