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Deaf Cente: « Low Distance »

Huit ans après Owl Splinters, c’est peu dire si un troisième opus du binôme norvégien Otto A. Totland et d’Erik K. Skodvin était attendu….

Owl Splinters voyait déjà je jour six ans après Pale Ravine ; un troisième opus de la part d’Otto A. Totland et d’Erik K. Skodvin s qui se  devait frapper fort. Si l’on pouvait se consoler avec les productions respectives du duo norvégien entre-temps, il était clair que derrière l’obscurité puissante de Svarte Greiner (Skodvin) et les errances piano de Totland, l’auditeur ne pouvait que ressentir la présence-absence de Deaf Center ; un monstre au final qui semblait presque les dépasser, comme une source massive et permanente où puiser les inspirations individuelles. Ce n’était d’ailleurs sûrement pas par hasard qu’à la sortie d’Owl Splinters, Skodvin replongeait dans sa propre production la même année à travers Svarte Greiner pour le retravailler et sonner comme son double ténébreux.

Par rapport aux précédents albums, Low Distance semble s’inscrire davantage dans une musicalité fuyante, passagère, mais qui semble être la contrepartie de la teneur un peu plus raffermie de l’énergie et de la puissance habituelle du duo. Comme en témoignent des morceaux comme « Entity Voice », « Gathering », « Red Glow » ou encore « Far Between » où les notes de piano effleurent l’ensemble et les électroniques balaient l’espace, relançant l’attention de son auditeur à chaque fois et retenant éveillée sa sensibilité pour la creuser davantage. L’attente entre les albums de Deaf Center est sûrement pour beaucoup dans ce travail imaginaire, dans le sens où elle pétrit aussi l’écoute qui en devient une expérience condensée, purifiée de ses imperfections. Une architecture invisible qui fournit à l’ensemble sonore les allures d’une apparition.

D’une manière générale, on peut dire que le minimalisme du duo au sein de Low Distance a ceci de séduisant qu’il se traduit et se développe comme une architecture invisible qui fournit à l’ensemble sonore les allures d’une apparition, comme une forme qui soudainement se détache de l’ombre. L’aspect éphémère est travaillé à travers des sons hésitants, répétés mais rapidement évanescents, qui leur donne une figure à la fois profonde mais en même temps relativement distante. Comme si tout cela, au final, n’était que l’œuvre de la contingence, une musique provoquée par le hasard.

Une telle approche permet de lire Low Distance et de s’en imprégner dans la continuité des autres albums, avec le retour éclatant de cette matière sonore rare du duo et sa force évocatrice. Cette force nous place, comme à son habitude, dans une situation de réminiscence, comme celle qui nous ferait basculer dans un puits d’images ; images faites de souvenirs et de projections, ouvrant, dans un même mouvement, sur le passé et sur le futur.

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19 avril 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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