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Hampshire & Foat: « Saint Lawrence »

Encore un bel album pour le duo Hampshire & Foat qui ne cesse de nous ravir avec ses musiques downtempo jazzy célestes.

Retour du pianiste de jazz britannique Greg Foat et du multi-instrumentiste Warren Hampshire (membre de The Bees) au sein de leur projet Warren Hampshire. A un rythme assez soutenu (4 albums en deux ans), les deux anglais poursuivent leur aventure musicale avec ce nouvel album une fois encore parfait.

Sur des tempos lents, Warren Hampshire déroule des morceaux ambient jazz aux ambiances crépusculaires qui  ne sont pas sans évoquer par moment celles que l’on retrouve sur les disques du Bohren & der Club of Gore.


Avec guitare, piano, orgue, kalimba, contrebasse et divers petits instruments, les deux musiciens ont enregistré en prise directe ces 8 titres pendant deux après-midis de septembre 2017, dans deux églises situées sur la côte sud de l’île de Wight, en compagnie de musiciens locaux. Chaque piste porte les noms de monuments locaux, de petites plages et de sentiers chers à Warren et Greg.
Saint Lawrence est album de musiques calmes et tranquilles, remplies de mystère et de douceur comme une bonne vieille BO de film Jazzy des années 70… un véritable régal,  mais dommage qu’il soit soit si court.

***1/2

16 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Isbells: « Sosei »

Isbells a toujours privilégié une débauche d’intimité supérieure à la moyenne, une voix haut perchée et moins d’électricité moins d’électricité que cette comparaison avec Bon Iver pourrait impliquer. Mais il faut reconnaître aussi que les Flamands sont restés plus intimes malgré un son qui a changé et que cette intimité est aussi la seule limite qui dépendra uniquement de l’auditeur. Les amateurs de force pure et de lyrisme passeront leur chemin et même si on est clients du genre, le bon moment doit être choisi. Cette restriction de posologie est nécessaire pour que ces morceaux très délicats mais aussi très légers percolent en plein.

Billy était très délicat, pas loin de l’ambient et on note ici un retour à une forme plus classique. Il y a toujours cette voix un peu vocodée mais on note déjà une poussée dès « Means To An End ». On avait déjà noté un revirement un peu électronique avec le poignant « Father » proposé en « single. » Fort heureusement, le pathos n’est pas trop appuyé pour en faire un moment qui serait trop ampoulé par l’émotion.

Il reste aussi de petits moments de douceur pure et acoustique (« Tired »), de beaux paysages sonores en apesanteur. Et c’est presque mine de rien que la chanson-titre est un très grand morceau notamment grâce à la luminosité des cuivres. A l’opposé, ils poussent même vers le mid-tempo sur « The Utmost Way » et cette petite poussée de fièvre toute relative leur va bien et usent de sons un peu distordus sur « 2 Words ».

On sait aussi qu’on retrouvera des montées, surtout quand le morceau commence de façon bien lisse et peu engageante (« One Cause ») avant un retour au slow le temps de « HM Street » qui propose une bien belle mélodie avant de logiquement reprendre l’air pour un final qui ne peut que s’embraser.

Vous avez tout compris, c’est très beau ce Sosei, délicat et charpenté à la fois, avec un cocon sonore qui enveloppe parfaitement ces morceaux à hauteur d’homme. En insérant des bouts d’intensité dans cette délicatesse, Isbells atteint un bel équilibre et montre que leur évolution est constante.

****

16 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Emily Reo: « Only You Can See It »

Il y a trois années de cela, Emily Reo est sortie des sentiers battus avec son album Teach You dans lequel l’auteure-compositrice-interprète originaire de Brooklyn avait posé les bases dune pop stratosphérique qui lui a valu toutes sortes de louanges. La voici de retour avec son successeur tant attendu du nom de Only You Can See It.

Sur celui-ci, Emily Reo repousse à nouveau les champs du possible et sa pop et lui fait prendre des allures démesurées. Pour cela, elle va conjuguer des compositions fiévreuses et riches en motifs de clavier sucré en tous genres allant de l’introduction nommée « Phosphenes » au charme dévastateur de « Charlie » en passant par des allures extravagantes de « Ghosting », « Fleur » et autres « Strawberry ».

Seule aux commandes, de l’écriture au mixage,notre new-yorkaise tirera son épingle du jeu avec des morceaux osés n’ayant pas peur du ridicule. Elle ouvre, en effet un peu plus les portes de son intimité riche en maladies mentales (dépression, anxiété…) et son ras-le-bol face à la société de plus en plus patriarcale et oppressante pour la gente féminine. Elle n’hésitera pas, à cet effet, à exprimer le fond de sa pensée sur ses productions bien taillées pour le FM comme le fit Grimes sur Art Angel sil y a quelques années de cela. Que ce soit sur l’hypnotique « Counterspell » ou sur « Sundowing » ainsi que la touchante conclusion « In Theaters », la musicienne est en phase d’affirmation et d’assertion et, même si certaines productions un peu trop sucrées frôlent parfois le risque d’overdose, on ne peut qu’applaudir la prise de risque de de l’artiste sur ce Only You Can See It.

***1/2

16 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Rose Elinor Dougall: « A New Illusion »

En 2017, Rose Elinor Dougall était sortie des sentiers battus avec un Stellular qui avait fait parler de lui. L’ex-membre de The Pipelettes a vu sa popularité accroître avec son indie pop élégant traversant les décennies à toute allure, à un tel point que Baxter Dury l’avait conviée à son dernier album solo en date. Elle revient ici en douceur avec son nouvel opus, A New Illusion.

La jeune femme reste dans sa zone de confort avec son électro-pop reluisant et multicolore aux douces saveurs 80’s mais avec une pointe de psychédélisme prononcé. Jamais la voix de la Britannique n’a sonné aussi reluisante que sur des morceaux éthérés allant d’ »Echoes » à « Too Much Of Not Enough » en passant par les ballades lumineuses que sont « Wordlessly » et « Something Real » avec un piano rêveur où elle se montre au plus haut point de sa forme.

Son interprétation retranscrit parfaitement les textes transpirant les ruptures amoureuses et les chagrins qui s’en suivent notamment sur « That’s Where The Trouble Starts » et sur le poignant « Take What You Can Get ».

Entre sonorités dignes de Laurel Canyon et des influences dignes de Stereolab et de Broadcast, A New Illusion arrive à établir un contraste avec des musiques lumineuses et des textes personnels et touchants caractérisés par « First Sign » et par l’incroyable et élégant « Christina In Bed » qui nous envoûtera pendant six bonnes minutes. Rose Elinor Dougall reste de nouveau ausommet de sa créativité avec un troisième opus qui est à la portée de tous.

***1/2

16 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire