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Damien Jurado: « In the Shape of a Storm »

Dans son nouvel album, In The Shape of a Storm, Damien Jurado continue le travail de dépouillement commencé il y a un an avec The Horizon Just Laughed. Et comme revenir aux commandes de la production ne lui suffisait pas, le songwriter change de label et signe dix courts titres guitare-voix impressionnants de maîtrise et d’émotion.

Enregistrés en deux heures, tous sont autant de merveilles de concisions. Hormis les premier et dernier morceau, pas un ne dépasse les trois minutes, pendant lesquelles Damien Jurado parvient néanmoins à faire s’épanouir sa narration sur des mélodies complexes et entêtantes. Le concept était très attendu par les fans qui rêvaient de cet album minimaliste. Et le temps était semble-t-il venu pour le songwriter, engagé dans une grande remise en cause de son travail suite au décès de son ami Richard Swift, l’extraordinaire arrangeur à qui il doit le succès de sa trilogie Maraqopa.

Tout semble facile quand on écoute ici Damien Jurado, alors qu’il faut un talent d’équilibriste remarquable pour dominer cette voix prête à se briser à chaque envolée, et réussir à la mettre en résonance avec les quelques accords qui traversent les compositions. Il y a cette légère réverbération dont il ne se départ jamais qui parvient à unir l’ensemble et quipermet à cette recette de fonctionne du début à la fin, sur ces notes de voyages, de nostalgie, de rencontres et de solitudes.

Après un « Lincoln » ombrageux et mélancolique, hommage (comme souvent) au paysage et à la fugacité, le nonchalant « Newspaper Gown » est une parfaite introduction à « South, » merveille vibrant dans la fébrilité de ses changements de tons et du sifflement détaché qui accompagne les accords en fin de titre alors que « Throw Me Now Your Arms » et « When You Want Me To Be » apporteront, quant à elles, la légèreté de leurs ritournelles.

Puis « Silver Ball » s’imposera alors dès les premières notes comme la clé de voûte de l’album. La voix plus haut perchée, un écho progressif, et un arrangement clavier discret confèrent au morceau un souffle inattendu. Après « Anchors », en forme d’hommage à l’ami disparu, « Hands On The Table » referme le disque dans une invocation lancinante. Le titre nous promettait une tempête, elle est passée en toute émotion.

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14 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire