No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Numenorean: « Adore »

Formé en 2011 au Canada, Numenorean est un groupe de la scène Post-Black qui gagnerait définitivement à se faire connaître tant la créativité du quintet s’est faite remarquée dès leur premier album, Home, paru en 2016. Aujourd’hui, ils tentent de séduire à nouveau avec Adore qu’on ne peut que vous recommander !
Le jugement dernier semble s’être abattu sur une terre désormais désolée et battue par les vents lorsque les premières sonorités fantomatiques de « Nocebo » s’élèvent. Néanmoins, c’est bien l’annonce d’un retour à la vie, une marche lente et solitaire qui arrive à son terme, dans les rayons d’une aube nouvelle. Dans l’atmosphère, on retrouve des évocations d’artistes comme Susanne Sundfør ou Zola Jesus, qui n’ont rien de Metal mais apportent une grande pureté et un sentiment de fraîcheur plus qu’appréciable, témoignant de l’ouverture d’esprit des musiciens de Numenorean. Les guitares de Byron Lemley et Roger LeBlanc sont merveilleuses de retenue sur « Portrait of Pieces » alors qu’une nuée de vautours semble planer autour de l’auditeur avec un calme qui n’est qu’apparence et qui sert d’avertissement au déferlement qui arrive. Plus classique dans sa construction, « Horizon » onne dans le « black » pur et dur mais aussi avec ce petit quelque chose plus moderne qui ravira les amateurs de groupes curieux et créatifs.


Dans la lignée de l’introduction, « Nocebo », on aura droit également à un « And Nothing Was The Same » bien planant, interlude instrumental soulignant combien son leader, Brandon Lemley, est capable de s’effacer ou d’imposer sa présence aux moments nécessaires.

Cela se confirmera une nouvelle fois avec un « Regret », presque « metalcore » sur laquelle il livre une performance très engagée, à la hauteur de son investissement tout au long de l’album ; amosphérique et, à la fois sensuel et sensible. « Stay » renchérira dans la prière et la simplicité comme pour que la sinécrité émotive du combo ne soit pas remise en cause.

Rien n’interrompra la ligne directrice de l’album, à l’image de « Alone », qui viendra renforcer l’atmosphère établie par « Nocebo » et « And Nothing Was The Same » et le titre éponyme sera à cette même hauteur, mettant peut être encore davantage en lumière les influences « metalcore » du combo.
Adore est une vraie réussite, autant d’un point de vue musical qu’émotionnel ! Numenorean fait preuve de sa créativité, mise en valeur grâce à une exécution impeccable et une sincérité de tous les instants qui transparaît sans peine dans cet album exceptionnellement bien construit.

****

13 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Basement Revolver: « Heavy Eyes »

Deux E.P.s ont suffi pour attirer l’attention sur ce groupe canadien ; suffisamment en tout cas pour que leur premier album soit attendu avec impatience. il n’y a, finalement, qu’une petite moitié de nouveautés parmi les 12 titres de Heavy Eyes mais le trio semble avoir choisi un son plus rock, lourd et brutal qu’auparavant, éloignant immédiatement les comparaisons avec Alvvays beaucoup entendues jusqu’à présent.

Il faut bien reconnaître que le combo ne pouvait se passer de titres de l’importance de « Johnny », « Words » ou « Tree Trunks », parfaitement intégrés et qu’on prend un plaisir immense à retrouver.

Deux E.P.s

Si le groupe s’est un peu départi d’une certaine douceur dont il faisait preuve au début, ce son un peu rêche et gris habille parfaitement ces subtiles mélodies au goût amer de la tristesse et de la mélancolie, portées par le chant ultra-sensible de Chrisy Hurn.

Au final, que dire d’autre si ce n’est Heavy Eyes est un excellent « debut album » et qu’il contient suffisamment de perles rares pour que ses onze titres ne souffrent pas de la comparaison avec leurs précédentes et plus ramassées productions.

***1/2

13 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Chelou: « Out of Sight »

Une guitare et un laptop à la main, Chelou emmène l’auditeur en ballade pour une croisière lysergique sur Out of Sight, son premier album. Des mélodies folk, un soupçon de psychédélisme électro : la recette prend dès les premières notes de « Words To Share ».
A l’écoute de cette folktronica à la mélancolie prononcée, on pense à l’album solo de Damon Albarn, Everyday Robots,
mais aussi à Alt-J («Just A Thought »). A une sorte de Thom Yorke solo qui aurait remisé son côté savant et torturé au placard.
Derrière Chelou, un homme, Adam Gray
musicien de la scène de Camden qui préfère l’ombre à la lumière et se cache derrière des clips en animation arty. Biberonné à Neil Young, Leonard Cohen et Nirvana, il se jette dans l’électro à l’adolescence. Pour la fête d’abord, puis pour transformer ses chansons blues-folk minimalistes en explorations oniriques.

Résultat : un succès inattendu pour ce compositeur bricolo au look de skater normcore. Ses premiers « singles » « Don’t Hate On Me » et « Halfway To Nowhere » cumulent ainsi près de 10 millions de vues sur YouTube. Out Of Sight est pour lui l’occasion de développer ce voyage le temps d’un album complet. Et il n’est pas parti seul à l’aventure, entouré qu’il est du producteur Cam Blackwood (George Ezra, London Grammar, Florence & The Machine).

Les chansons de Chelou sont enveloppées de mystères et déploient des méandres intrigants, entre indie pop, électro et psychédélisme. Le disque baigne ainsi dans des sonorités aqueuses et dans un brouillard dense, crépitant de beats et bruissements électroniques. Comme sur le « single » « She Rock, I Roll » où la mélodie, qui épouse celle du refrain de « The Man Who Sold The World », se perd dans un labyrinthe d’échos et de boucles ambient. Ce sera cette capacité à mélanger les genres pour former une matière musicale originale qui rend Out Of Sight si intéressant.

***1/2

13 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Fémina: « Perlas & Conchas »

Qui peut se vanter d’inviter Iggy Pop pour son premier album ? Personne ne peut avoir cette chance dès le début de sa carrière, c’est pourtant le cas de Fémina, trio argentin féminin qui avait frappé fort dans la scène latino-américaine avec un « Brillando », « single » qui portait bien son nom.

En effet, Clara Miglioli et les sœurs Sofia et Clara Trucco dégagent quelque chose de spécial à l’écoute deleur premier album, Perlas & Conchas . Que ce soit sur des titres chaloupés et enivrants comme « Perlas », « Agradezco » ou bien même « Palpita y Goza », le trio étonne par sa diversité sonore allant de la folk aux musiques latines avec un phrasé hip-hop jamais déplaisant.

Lorsque l’iguane intervient sur « Resist », jamais il ne viendra interrompre l’harmonie générale de ce « debut album ». Ainsi, entre moments enlevés et groovy (« Arriba ») et d’autres plus rêveurs (« Plumas », « Cristal »), Fémina continue toujours de rassembler les voix douces et harmonieuses sous fond de guitares, percussions, claviers et parfois cuivres avec ce melting-pot plus qu’intéressant. Le premier album du trio argentin est une gourmandise qui se fond facilement sous les oreilles et il serait bien dommage de passer à côté.

***

13 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire