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The Overlookers: « Teenage Wet Dreams »

La variété des paysages traversés sur cet opus des Overlookers met fin au clinquant rutilant des tubes hypnotiques que sont « Driving fast » ou encore « Prom Night ». Ce deuxième, avec sa ligne mélodique synthétique bien nostalgique, renvoie aux réussites de Ladytron. La voix est belle et cette future pop attire comme le cuir des sièges. Sa version vocodée, transfigurée en « Porn Night », est également une belle réussite.

Dans ce même registre, on aime « Disillusion », comme du Mesh en moins tonique, en plus atmosphérique. C’est la première plage nocturne de ce disque, au sample gémissant et aux breaks en forme de syncope mentale, d’absence momentanée. Un titre qui évite le tubesque, privilégiant son climat et qu’on associera donc au « Speak to the Devil (remix) » présent sur l’EP. Il est immédiatement suivi du très beau slow « Give Me More » où le numéro de crooner du vide atteint son apogée. Sexy et triste (« I feel so empty »), on associe les rythmiques finales au bruit des glaçons qui s’entrechoqueraient dans un verre de scotch, enfoncés à l’arrière de la voiture, à l’arrêt, alors que s’éteignent une à une les lumières du drive-in. « Speak to the Devil » sous sa nouvelle version étire ses synthés sur des bribes de mélodies horrifiques.

L’esprit est ensuite chamboulé par ces autres titres, plus surprenants. Ainsi, « Moogadillac » qui virevolte sur un boogie dépravé, morceau fantaisiste, guilleret et grotesque, une demi-blague digne des Residents, qui trace sa route, écoute après écoute. On aimera moins l’enlevé « No Delight » dont l’intention pop orchestrée doit être saluée, mais pour lequel la forme pêche un peu tant a voix, bien posée, n’a pas l’intensité rêvée et reste figée dans son cadre.

Deux interludes se glissent dans la boîte à gants : « Inhale » quasi instrumental, mené par une voix de femme qui fait la réclame d’un produit miracle pour une respiration magnifiée ; « Porn Night », bien placé en écho, qui offre un boulevard à ce « Teenage Wet Dreams » qui donne son titre à l’album.

C’est le titre le plus émouvant : numéro de lover froid, voix parfaite, calage sur les émotions, musique en apnée, enrichie de détails qui glissent comme la main sur le levier de vitesse (en deux temps pour un peu plus de cinq minutes) ou une caresse prenante sur les genoux. Un rêve qui passe, l’air de rien.

Les paroles sont dans un esprit délicieusement érotico-estudiantin où des gamins paumés n’attendent que la traque des pucelages (lorsque la Prom Night devient enfin la Porn Night) ou les accidents de la route qui les feront vivre un peu plus fort. À moins que les ruptures violentes ne mettent précocement fin au jeu…

Bien tunné sur ses quatre roues, piloté de main de maître, le Muscle Car The Overlookers dévoile plus de charmes que de force brute et c’est tant mieux tant il a de quoi filer droit.

***1/2

12 avril 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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