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Facs: « Lifelike »

Facs est né en 2007 sur les cendres de Disappears qui était déjà architecte d’un savant mélange de post punk, de krautrock et d’indus. Avec seulement six titres au compteur de ce deuxième album, tous bouclés en une demi heure seulement, le trio de Chicago enfonce le clou, privilégie la qualité à la quantité pour souligner plus franchement encore ce minimalisme et cette intensité latente dont il se faisait déjà maitre l’an passé. Pas de remplissage donc, mais la ferme volonté de mettre en exergue une sensibilité mélodique plus prononcée que par le passé (« In Time », « Total History) ».

Car se lancer dans l’écoute de Lifelike, c’est une nouvelle fois s’ouvrir à la transe, tourner le dos à ses repères, abandonner la raison. C’est s’allonger sur une vaste étendue de béton, ressentir les vibrations du lent rouleau compresseur en approche, l’attendre avec un grand sourire aux lèvres jusqu’à ce qu’il vous passe sur le corps et que vous ressentiez le moindre de vos os se réduire en miettes. Il n’y a pourtant rien de véritablement violent ni agressif chez Facs, seulement une efficacité sournoise et redoutable, un travail de longue haleine qui n’a qu’un but : ne jamais laisser indifférent.

En faisant de chacun de ces six morceaux une franche réussite, en affutant si précisément son registre singulier, Facs n’est jamais aussi bien parvenu à ses fins. Désormais maitre d’un art qui lui est propre, le trio – sous couvert d’influences post punk, krautrock, ou noise – redonne au post rock sa définition originelle, celle qui était sienne avant que beaucoup la réduisent à de grandes oeuvres sur-ochestrées. De fait, on assiste ici à une succession de compositions aux allures improvisées, au fil desquelles le trio se laisse aller à ses petits plaisirs expérimentaux, notamment en concluant certaines d’entre elles dans le chaos, maitrisé mais chaos quand même (« Another Country », « Anti-Body », « Total History »).

S’il est omniprésent dans sa musique, le bruit ne doit surtout pas occulter tout ce qui fait avant tout le charme de Facs : une atmosphère sombre et sinistre (« Anti-Body »), un malaise rampant nourri de dissonances industrielles (la fin suffocante de l’excellent « Total History »), une rythmique infaillible aux roulements mécaniques et envoutants, un chant parcimonieux comme suspendu, des drones de guitare délicieusement élastiques (« In Time) »… Toutes ces petites choses qui, brillamment mariées par le trio de Chicago et consommées sans modération, vous laissent le pouls en bataille et le souffle court dans ce petit monde magique des névrosés où, paradoxalement, on se trouve bien.

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12 avril 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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