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Flying Fish Cove: « At Moonset »

Il n’y a pas que sur la scène australienne qui qit le monopole de la fourniture de la jangle-pop de qualité. Flying Fish Cove est basé à Seattle et il a été bercé par les disques de Teenage Fanclub et de The Pastel. At Moonset, leur premier album, en est la manifestation.

A la croisée de la jangle-pop et de la twee-pop, Flying Fish Cove ne fait pas dans le basique. C’est avec des arrangements peaufinés grâce l’intervention des claviers psychédéliques, flûtes et de cordes qui’ils habillent des morceaux plutôt élégants . Mentionnons l’introductive « Johnny Paper » mais encore « Blow A Candle », « Manticore » ou bien même « Cammy the Camry ». Entre la voix sucrée de Dena Zilber, les riffs décontractés de Jake Jones (qui officie parfois au chant) et la section rythmique légère et somptueuse du duo Sean Canfield (basse) et Jacob Jaffe (batterie), il n’y a qu’un pas.

Chez Flying Fish Cove, tout n’est que luxe, calme et volupté avec une pointe d’ambition qui se faufile entre ces 12 titres. Avec l’intervention de la divine Frankie Cosmos mais également de Jade Tcimpidis et de Lydia Brambila, le quatuor vise le très haut avec « Dangerous Words », « Pony Bracelet » et autres « Home Sweet Home ». Tour à tour cosmique ou psychédélique (comme l’atteste la conclusion fantasmagorique « Belladonna »), At Moonset prouve que la jangle-pop ne se résume pas qu’à des compositions solaires mais à quelque chose de plus arty.

***1/2

11 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Shana Cleveland: « Night Of The Worm Moon »

Shana Cleveland a prouvé qu’elle pouvait se réinventer sans l’aide de son groupe La Luz. Il y a trois années et demi de cela, la chanteuse et guitariste du groupe s’est lancée en solo avec son somptueux premier album Oh Man, Cover The Ground en compagnie de The Sandcastles. L’année dernière, on avait été gâtés par le quatuor féminin avec un Floating Features qui signifiait qu’il était temps pour une nouvelle pause. La musicienne, ici, est de retour avec son second opus solo, Night of the Worm Moon.

Comme son prédécesseur, Shana Cleveland troque le surf-rock tarantinesque sentant le désert californien pour une indie folk paisible et rêveuse. Amputée de ses acolytes de La Luz et de ses Sandcastles (excepté son batteur Kristian Garrard), la musicienne emprunte des sonorités plus solaires aux aspirations dignes de Sun Ra. Dès lors, le décollage est immédiat avec des morceaux plus psychédéliques et planants allant de la divine introduction nommée « Don’t Let Me Sleep » à « Solar Creep » en passant par les envoûtants « In Another Realm » et « Castle Milk ».

S’inspirant du Night of the Purple Moon et de Kadhja Bonet, c’est un véritable voyage astral que l’on a affaire. Avec sa voix voluptueuse et ses compositions venues d’ailleurs, il est difficile de rester insensible face à des moments plus harmonieux à l’image de « Face of the Sun », « Invisible When The Sun Leaves » mais aussi de « A New Song ». S’achevant sur les harmonies doo-wop pas si lointaines de La Luz de « I’ll Never Know », Shana Cleveland prouve qu’elle sait aussi se faire douce quand elle le peut avec ce Night of the Worm Moon à mille lieues de son groupe d’origine. Une bien belle pause en solo méritée pour notre hôtesse résidant maintenant en Californie.

***1/2

11 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Patio: « Essentials »

Patio avait débuté sous forme de blague ; trois copines originaires de Brooklyn s’imaginaient monter un groupe nommé de cette façon un peu farfelue. Lindsey-Paige McCloy (chant, guitare), Loren DiBiasi (chant, basse) et Alice Suh (batterie) faisaient du bouche-à-oreille avec leur premier EP autoproduit en 2016 jusqu’à décrocher un contrat chez une petite structure, tremplin suffisant pour passer avec de plus grandes choses, leur « debut album », Essentials.

Le titre est plutôt bien trouvé pour Patio qui va droit à l’essentiel avec lune musique incisive et mélodique. Mêlant les influences dignes de Cate Le Bon pour le fond et la scène indie/post-punk DIY d’Athens pour la forme, le trio s’en sort plutôt à merveille avec des morceaux courts mais implacables à l’image de « Split », « Boy Scout » et autres « Vile Bodies ».

Entre les harmonies vocales du tandem McCloy/DiBiasi, les riffs jangly et la section rythmique mélodique et percutante, il n’y a qu’un pas et certains morceaux sentent bon les débuts des années 1990 comme « Endgame » et « Scum ».

Pas mal de titres sortent du lot notamment l’ambitieuse « Open » qui dure plus de 5 minutes où l’on se laisse prendre par le phrasé récité des jeunes femmes et une construction mélodique prenante dans son utilisation du crescendo. Tout ceci témoigne d’une alchimie à mêler urgence et efficacité par exemple sur « No Time » et « New Reality ». Avec Essentials, le trio de Brooklyn va droit au but et ne manque jamais d’inspiration sur ces dix titres qui possèdent un sacré caractère.

***1/2

11 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Ratso: « Stubborn Heart »

l y a des gens pour lesquels les reconversions tardives peuvent leur réussir. C’est le cas de Larry Sloman alias Ratso qui se lance dans la musique après avoir été écrivain, auteur et acteur dans ses vies antérieures. Après avoir suivi Bob Dylan dans les années 1970 et écrit de multiples scénarios, le new-yorkais a décidé de se lancer dans la musique et mieux vaut tard que jamais comme on dit. Et voici qu’il présente son tout premier album Stubborn Heart.

Pour cet opus, Ratso a décidé de se la jouer simple et de marcher sur les pas de ses héros. Stubborn Heart le voit à la croisée de Yasmine Hamdan qui ouvre le bal de façon somptueuse et honorable avec « I Want Everything » ou encore Iman Coppola et Paul Shapiro sur « Caribbean Sunset ».

Mention spéciale pour l’apparition plus que surprise du grand Nick Cave sur le ténébreux « Our Lady of Light » qui partage le micro avec notre hôte tout en lui faisant de l’ombre.

Pour le reste, Larry Sloman s’aventure seul avec son indie folk teinté de classic rock cinématographique et solennelle. Et on sent qu’il est seul malgré ses arrangements peaufinés sur « Dying On The Vine », « Matching Scars » ou bien même sur « Listen Little Man » avec ces mêmes constructions rythmiques et ces mélodies quasi-similaires. C’est peut-être qu’est le problème sur ce Stubborn Heart ; à top vouloir quil soit homogène, il manquera de réelle identité sonore. Toutefois, on appréicera qu’il se soit lancé dans le grand bain sans avoir froid aux yeux, et on espèrera un second opus plus original.

***

11 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

John Vanderslice: « The Cedars »

John Vanderslice avsit fait paraître son dernier album, le dixième, en 2013. Depuis, le musicien et producteur du San Francisco a connu des hauts et des bas ; il a produit pour pas mal d’artistes et de groupes, a construit son propre studio et a même frôlé la mort lors d’un accident de voiture. L’heure était sans doute venue pour lui de parler, et cette heure a pour nom, The Cedars.

Plus ambitieux que son prédécesseur, John Vanderslice a décidé de faire parler tout ce qui l’a rongé pendant toutes ces années. Mettant au centre une pop plus expérimentale avec tous les gadgets électroniques et synthés vintage qui s’acoquinent avec les guitares, le Californien fait part de ses peines et ses inquiétudes (de son accident à la mort de sa mère ainsi que sa dépression) à travers des textures venues d’ailleurs sur « Will Call » qui est suivi de « I’ll Wait For You » et conviant John McEntire de Tortoise à la guitare et aux synthés.

Tout au long de The Cedars, on va naviguer dans la psychologie tourmentée de son auteur qui s’enfonce dans le pessimisme permanent à travers « 151 Rum », « Spectral Dawn » ou le bouleversant « I Got Shit To Lose ». A côté de cela, on retrouve des titres plus directs comme « Oral History of Silk Road 1 » qui est une référence au darknet ou sur des interludes instrumentaux pour les moins étranges dans lesquels ce producteur torturé décide de s’éloigner de l’univers qui l’a nourri pour des influences venues d’ailleurs. Avec The Cedars, nul doute qu’il parciendra à exorciser ses tourments et démonses plus profonds afin de n’’en faire surgir plus de clarté.

***1/2

11 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

The Drum: « Brutalism »

Jonathan Pierce n’est que le seul et unique membre de The Drums mais il refuse de lâcher le nom de groupe pour une carrière en solo. En effet, même tout seul, il a prouvé qu’il pouvait porter la réputation du groupe un Abysmal Thoughts résolument estival en 2017. Deux ans plus tard, il refuse de se reposer sur ses lauriers et revient avec un quatrième opus nommé Brutalism.

Maintenant qu’il est seul aux commandes, Jonathan Pierce continue d’allier indie pop/surf-pop avec des expérimentations propres à lui. Thématiquement ce nouvel opus sent la rancœur et la frustration par rapport aux relations platoniques que l’artiste a vécues. C’est du moins ce qu’il semble nous communiquer sur l’introduction résolument synthétique nommée « Pretty Cloud » qui est suivie du retour des guitares sur « Body Chemistry » et le groove infectieux de « 626 Bedford Avenue ». C’est bel et bien du The Drums tout caché mais avec un petit truc pour s’efforcer de palier à une douloureuse absence.

Pas mal de bonnes idées traduisent le talent de producteur qu’est Jonathan Pierce comme l’ajout de chœurs sur « Loner » mais également des morceaux plus implacables et entêtants comme « I Wanna Go Back » et « Kiss It Away ».Néanmoins, on ne retrouve pas ici le charme lo-fi du The Drums des débuts, ce qui est un peu dommage même s ’on peut aisément succomber à la sublime ballade mélancolique nommée « Nervous ». Après un « Blip of Joy » plus énergique, Brutalism affiche ainsi le côté diversifié de la musique d’un groupe qui continue de se relever après un Abysmal Thoughts plutôt remarquable.

***1/2

11 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire