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Purl: « Violante (Lost in a Dream) »

Le prolifique producteur suédois Purl propose une nouvelle déclinaison de ses musiques mêlant ambient,  dub et techno.

Nourri des sons de la nature depuis toujours, Ludvig Cimbrelius qui officie sous le nom de Purl vient de sortir son nouvel album et c’est encore une fois un très beau moment dédié à la méditation… mais pas seulement.
Comme le dit son auteur, le son de Purl est étroitement lié à la nature organique, profonde et vivante.

Cela s’avère flagrant dans une production où les field recordings, parfois, peu reconnaissables, s’entremêlent délicatement avec les nappes ambient.
Sur la fin de l’album, des morceaux aux beat techno légers font leur apparition mais tout en gardant ce côté très deep dans les ambiances.
Pour clôturer le tout, trois variations seron t judicieusement proposées pour donner parure au titre éponyme, « Violante ».

***1/2

7 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Badflowe: « Ok, I’m Sick »

Les choses sont allées assez vite pour ce groupe californien. Depuis sa création en 2013 ; un premier EP, suivi par un autre de trois titres en 2016 ont suffi pour aiguisent les intérêts des auditeurs et des professionnels jusqu’à la sortie du « single » « Ghost » diffusé massivement sur toutes les plateformes commerciales américaines.

Le quatuor se lance dans la composition de son premier album Ok, I’m Sick, un opus qui se révèle âtre un un disque de rock alternatif assez conventionnel dans sa forme mais plaisant dans son contenu. Le démarrage se fera sur les chapeaux de roue grâce au rentre-dedans « xANAx » dont le groove et à la fraîcheur font penser à Stevie Salas. Cela sera suivi d’une collection de mid-tempi aux réelles qualités mélodiques basés sur un schéma identique, à savoir couplets calmes et refrains plus enlevés.

Badflower y maintient un niveau global de qualité, même si quelques redondances peuvent être déplorées entre un réjouissant « We’re In Love » qui utilise certaines techniques entendues chez Pineapple Thief et le plus ordinaire « Daddy ».


Si cette modalité confortable a les faveurs des Américains, ils démontrent une aisance compositionnelle sur des titres plus progressifs, et montant en intensité, comme l’illustrent « « Heroin » et sa cassure dynamique ou « Cry » avec sa pesanteur martiale et ses intéressants arrangements de cordes. Badflower reste également un collectif de jeunes musiciens dont la fougue rock s’exprime toutefois et avec un certain talent dans le fuzzy « Die » et le funky « Girlfriend ».

Si quelques sujets sont abordés avec plus de légèreté, il ressort de cet album une tonalité sombre et même tragique si l’on s’attache à suivre les textes écrits par le chanteur écorché Josh Katz. Sa conscience très poreuse des humeurs du monde le conduit au morbide et l’amène à évoquer des thèmes graves, du suicide, à la souffrance animale en passant par l’addiction et l’inceste.
A le considérer pour ce qu’il est, c’est-à-dire sans prétention à bouleverser le genre, Ok, I’m Sick est une bonne surprise car c’est un album abouti et mélodique. On peut y saluer la prise de risque car s’engager peut mener à exprimer un point de vue excessif et immature, Ok, I’m Sick reste la transcription d’une sensibilité dont les fragilités sont touchantes de sincérité.

***

7 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Avey Tare: « Cows on Hourglass Pond »

La sphère Animal Collective n’ayant pas été très inspirée ces dernières années, la solution pourrait peut-être venir des cgacun des ses protagonistes et c’est sous cette démarche qu’il faudra sans doute appréhender ce troisième album solo de David Porntner sous un de ses avatars Avey Tare.

Le disque dbute de façon idéale avec une guitare sèche qui prend son cours en milieu du morceau d’entame, « What’s The Goodside ? » , tout en douceur et au son d’une voix tissant des échos délicats. Dans son ensemble, l’album est redoutablement bien construit avec des effets habilement distillés, rehaussés par des sons foutraques et psychés par exemple (la malicieuse guimbarde sur « Nostalgia in Lemonade »).

Clin d’œil délibéré à Panda Bear et Animal Collective ou non, les bulles et les ambiances aquatiques parviennent ici à se faire une place au soleil dans l »univers du compositeur américain.

Autre sommet de cet album : « Saturdays (Again) ».  Le titre nous immerge davantage encore dans un univers baroque en nous emportant tendrement, au fil de cette voix lancinante et irisée. Loin toutefois de se fourvoyer dans l’excès de psyché, Dave Portner navigue allègrement avec, comme fil conducteur, l’utilisation de sons bizarres, d’une machine Tascam sortie des années 80 et des boîtes à rythme qui confèrent à l’album une atmosphère bucolique, rappelant les meilleures années d’Animal Collective.

Si l’artiste semble préoccupé par l’avancée du temps et son âge grandissant, sa réflexion oscille entre optimisme et nostalgie. Tare aborde néanamoins la quarantaine de manière constructive et variée et sans accident de parcours avec des compositions, certes en dents de scie, mais avec une cohérence que ne possédait pas celui qu’on pourrait considérer son mentor, Syd Barrett.

Ce Cows on Hourglass Pond est, pour Portner, son travail solo le plus abouti. En extrapolant un peu, il permet d’imaginer ce dont quoi que Syd Barrett aurait pu accoucher s’il n’avait pas trop rapidement abusé de psychotropes délétères.

***1/2

7 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Devil And The Almighty Blues: « Tre »

Quand il s’agit de musique, la Norvège est un des pays les plus prolifiques pour ce qui est de donner des groupes de qualités. Originaire d’Oslo, The Devil And The Almighty Blues est le symbole parfait de cette scène norvégienne ne se donnant aucune limite et mélangeant des styles de tout horizons.

Le quintette propose en effet une musique teintée de blues, rock mais également de stoner/doom du plus bel effet. Après deux albums fort remarquable, les Scandinaves remettent le couvert avec leur troisième opus intitulé Tre.

L’entrée en matière est idéale pour indiquer à l’auditeur où il met les pieds. « Salt The Earth » propose pendant plus de douze minutes tout ce qui fait la richesse de la musique du combo. Un rythme lent mais un son fuzzy et une tension permanente qui font que l’on ne décroche pas du titre. La basse ronflante répond avec justesse aux deux guitares et à la rythmique de batterie efficace distillée par Kenneth Simonsen. La voix bluesy de Arnt O. Andersen n’est pas en reste et se marie avec brio aux compostions du groupe.

Le quintette revendique clairement dans son patronyme une inspiration issue du delta blues et cela se ressent évidemment dans ses créations. « No Man’s Land » affichera des solos déjantés, le tout bercé par une rythmique solide ou encore « One For Sorrow »” résumeront toute l’expertise de la formation à composer des mélodies aux multiples facettes.

La voix s’efface parfois intelligemment pour laisser toute la place aux instruments de s’exprimer et cela va contribuer à créer des ambiances hypnotiques et envoûtantes. Le final de « Time Ruins Everything » résumera cette pensée et deviendra le terrain de jeu idéal des musiciens avec notamment des parties de guitares de toute beauté.

Seulement six titres composent l’album mais le format des chansons étant long (la majorité des morceaux dépassent les sept minutes), l’écoute assurera une très grande richesse sonique. Écouté en prenant en compte le contexte particulier de Tre sera un adjuvant qui permettra de déceler toutes les ficelles qui composent les différents formats offerts par la musique de ces Norvégiens.

***1/2

7 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire