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36: « Fade to Grey »

Suivant les pérégrinations musicales de 36 depuis ses débuts en 2009 on ne peut que se réjouir de voir croître la popularité du Britannique tant le commun des mortels n’est sans doute pas prêt pour digérer les voluptés déclenchées par les manipulations sonores de Dennis Huddleston.

Entretemps, l’artiste avait publié Seconds & Forever puis un enivrant Black Soma avant que les EPs Circuit Bloom et Ego Death, parus en 2018, ne continuent d’emprunter les canaux de l’autoproduction. Bref, avec une quinzaine de lLPs en quinze ans, 36 est extrêmement prolifique. Et la qualité est toujours au rendez-vous.

Fade To Grey ne fait pas exception à la règle. Depuis toujours attiré par le (rétro)futurisme, Dennis Huddleston imagine ici un monde où les individus s’isolent davantage chaque jour. Critique ouverte des réseaux sociaux, Fade To Grey n’oublie pourtant pas de pointer les sentiments paradoxaux qui animent chacun d’entre nous face à ces évolutions. Souvent décriées, elles deviennent néanmoins un compagnon de route et un objet du quotidien.

Et si le ver est dans le fruit, les fantasmagories sonores de Huddleston intègrent également une part de menace, perceptible jusque dans les morceaux qui, à l’instar de « D.R.E.A.M Link », paraissent les plus légers. Subtilement, le rêve s’assombrit. Les manipulations synthétiques sont néanmoins plutôt cotonneuses, et Dennis Huddleston ne prendra pas à défaut ceux qui le suivent de longue date. Onirique, délicate et délectable, l’écoute de Fade To Grey est fidèle à ses travaux précédents.

Pour autant, à l’image des field recordings d’un « Midnight Tethe »r évoquant les cliquetis de la pluie ou encore des nappes presque mélanco-dramatiques de « Night Rain », il serait vain de chercher une totale emphase chez le producteur. Moins atmosphérique qu’un Lithea, c’est pourtant de ce même voile méditatif et lunaire qu’est dressé ce disque parfaitement résumé par cette pochette qui fait figurer le dénuement d’une femme quittant une lumière qui apparaît sous forme d’aquarelle pour percuter un mur imaginaire la conduisant vers un monde plus sombre et pixelisé. Comme le monde numérique qu’il critique, 36 bâtit néanmoins un univers captivant et addictif.

***1/2

6 avril 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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