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The Strumbellas: « Rattlesnake »

Avec ce quatrième album, les folk rockeurs canadiens ont voulu offrir un ensemble de chansons chargées en optimisme sur un Rattlesnake qui résente neuf morceaux. Après trois ans d’attente depuis Hope sorti en 2016 on aurait pu s’attendre à un nombre de titres plus important. Pas d’inquiétude pourtant, le choix qualitatif est, ici intelligent et ecteur de riches émotions.

Un changement de direction par rapport aux anciens albums est à constater. Le dernier arrivant est moins sombre que ses aînés. Un léger tournant qui n’a rien de surprenant et qui avait déjà été initié lors des plus récentes sorties comme dans « Salvation », le premier titre a avoir été dévoilé. Insouciant et plein d’espoir, il représente bien l’esprit de Rattlesnake. Les morceaux s’enchaînent et il est difficile de ne pas les accompagner en entonnant cs refrains.

Alors que l’entame est prpice à la danse, la fin sera un peu plus calme. Chaque chanson sera différente, certes, mais l’atmosphère enthousiaste restera la même : des mélodies qui mettent en valeur chaque instrument, des arrangements qui véhiculent sentiment de plénitude avec des morceaux comme « I’ll Wait » ou « All My Life ».

Sincères dans leurs mélodies, les Canadiens le sont aussi dans leurs textes. Entre chansons d’amour et celles qui donne du courage, il y a de quoi faire plaisir aux fans de folk rock ensoleillé. L’entraînante « Running Scared (Desert Song) » est sûrement celle qui entre le plus dans la tête, « We All Need Someone » est une chanson douce et remplie d’amour, « We Were Young » provoquera un sentiment de nostalgie, et « One Hand Up » sera le titre pop par excellence alors que « High » transfigurera le tout en se métamorphosant en meilleure chanson idéale qui aurait opu être tirée d’un film.
The Strumbellas peut être fier de l’hatmonie dont Rattlesnake fait preuve ; fait pour rassembler et partager, il est maintenant certain que tout le monde sera à même de chanterad’une seule voix ces morceaux quand il sera question de concerts.

***1/2

6 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Devon Townsend: « Empath »

Devin Townsend est un artiste qui donne tout son sens au mot créatif. Le Canadien écume depuis des dizaines d’années maintenant la scène musicale avec une hyperactivité débordante. Que cela soit avec Strapping Your Lad ou son Devin Townsend Project, l’artiste propose une musique riche et travaillée qui ne laisse que peu de personnes indifférentes.

Il se lance encore un nouveau défi en réalisant un album solo qui sort de ses habitudes discographiques ; le curieusement nommé Empath.

Fidèle à sa marque de fabrique, la première écoute de ce disque apparaîtra totalement déconcertante. Cela part dans tout les sens et bien malin celui qui pourra donner d’emblée la ligne conductrice de cet ensemble. Mais avec un œil et une oreille attentive, l’œuvre proposée par Townsend se révèle être minutieusement ficelée.

« Castaway » et « Genesis », qui démarrent les réjouissances le font sur les chapeaux de roues. Les ambiances se succèdent et on dénombre autant de mélodies bien pensées que de riffs efficaces avec des nappes électros du plus bel effet. Devin Townsend le montre une fois de plus, il ne se donne aucune limite et il prend même à un malin plaisir à faire cohabiter des univers qui semblent pourtant peu compatibles.

« Spirits Will Collide » reviendra à quelque chose de plus familier avec un art du riff qu-on avait déjà entrevu sous son avatar qui avait nom The Devin Townsend Project. La présence de Strapping Your Lad se fait également ressentir dans certaines compostionsavec le registre agité qui s’impose sur « Hear Me ». Devin Townsend ne fait donc pas table rase du passé. Mais il saura y ajouter de brillantes touches avec malice et à propos.

La folie créatrice du déjanté canadien est symbolisée par deux morceaux qui prennent une place considérable dans le tracklisting. « Borderland »”déroule pendant plus de onze minutes une succession de passages rock, électro et installe des ambiances propices à l’évasion. Tout cet assemblage se fait avec une cohérence assez bluffante si on considère l’éventail de styles abordés par l’artiste.

Mais cela be sera pourtant rien à côté de « Singularity » qui conclut l’écoute d son opus. Amorcé par les notes classiques de « Requiem », ce morceau de vingt-trois minutes sera l’incarnation parfaite de la frénésie créatrice qui habite le Canadien.

Cette conclusion fait ainsi étalage de toute la riche palette de ownsend : mélodies envoûtantes, riffs efficaces et ciselées, rythmiques entraînantes allant du metal le plus brut au jazz le plus surprenant. Son fidèle acolyte Steve Vai y va même de son intervention guitaristique pour agrémenter le tout. Un morceau long mais clairement saisissant et qui laissera l’auditeur pantois.

Il est évident que Empath est une œuvre massive qui necessiera un certain temps pour être appréhendée. Mais après une écoute minutieuse, le génie de Devin Townsend se révèle et confirme une fois de plus tout le bien qu’on pense de lui. Sa créativité débordante et débridée donne naissance à des compositions qui poussent à aller plus loin qu’une simple écoute basique. Le jeu en vaudra la chandelle, car une fois cet effort fait, la musique du Canadien prend tout son sens.

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6 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Maine: « You Are OK »

Près de deux ans après son très acclamé Lovely Little Lonely, le quintette tout droit venu d’Arizona est de retour avec un You Are OK, décliné sur son propre label. Ce septième opus lance les hostilités avec une ballade rock, un « Slip The Noose » aux riffs de guitare caractéritiques du combo. De quoi rassurer les fans quant à la patte particulière du groupe et d’embrayer sur un « Heaven, We’re Already Here » où l’accent sera mis sur les talents de parolier du leader et de sa voix sur le titre suivant « Forevermore ».

« Broken Parts » sera l’un de ces morceaux terriblement accrocheurs sur lesquels on n’a aucun mal à n’imaginer reprendre le chorus tout comme un « Numb Without You » qui devrait donner sa dimension la plus épique en concert.

Le très nostalgique « Flowers On The Grave » clôturera ce You Are OK sur cette sensation sensation qu’une boucle est bouclée. Véritable hymne à l’introspection et à la positivité, il résume en effet très bien les neuf titres qui le précèdent.

Ce qui est frappant dans cet opus est la vibe très emo qui a fait les premiers succès des musiciens. Couplée à la maturité qu’annocent sept albums et dix ans de carrière ainsi que des paroles très poétiques et pleines de sens quirencontrent des sonorités plus actuelles, simples mais efficaces on suit réellementun fil conducteur qui rend l’ensemble cohérent.

The Maine n’hésitent pas à sortir de leur zone de confort et à prendre des risques et c’est tant mieux.

***1/2

6 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Anni Hogan: « Lost In Blue »

Anni Hogan (Marc & The Mambas, The Willing Sinners, La Magia) fait parler les autres sur Lost In Blue. Le nouvel album, produit par Dave Ball (Soft Cell) et Riccardo Mulhall, prend la forme d’une déloicate bande sonore spleen jazz collectionneuse de voix. Quelques exemples, spectaculaires : Lydia Lunch, Wolfgang Flür, l’ex-Bad Seeds/Gun Club Kid Congo Powers, mais aussi et encore Gavin Friday (Virgin Prunes). Un recueil posé et couleur ébène, de sentiment et de ressentis. Collection de choses que les volutes orchestrées retiennent, aussi fines et peu démonstratives que dosées en émotions.

La performance de Lydia Lunch, sur « Blue Contempt », se remarque. Lydia est ici en ce terrain de jeu qu’elle connaît bien : un cabaret noir dont la tonalité type la nouvelle œuvre d’Hogan. Chaque invité(e) est à sa place.
Se dire aussi que l’invitation ne se limite pas à la performance vocale pour les personnes sus-citées comme pour les autres. Lorsqu’elles prennent la main au chant, c’est aussi sur la substance textuelle. Une part de négativité nourrit alors le disque, tout en donnant le sentiment d’être acceptée, assumée. Désir d’éloignement et rituels de l’habitude pour Lunch, et lorsque la maitresse des lieux, Anni Hogan, reprend la main, c’est pour le souvenir de la personne absente (« Thunderstuck », en mémoire à Jo Cox MP).

Il y a Lydia Lunch, et il y a les autres, pas moins remarquables. John Fiddler par exemple. Lui délivre une troublante performance et tout en souffle sur le titre éponyme : le chanteur y maintient le sujet de la perte, récurrent dans le disque. Ce sentiment que tout s’effrite, s’effondre petit à petit autour de nous au fur et à mesure que le temps passe. Inexorable délitement égréné par une gorge désenchantée.

Les instrumentations étalent de subtiles colorations, produites avec soin et fruits d’un travail en trio incarné par Anni (orgue, melodica, claviers) et ses producteurs : Dave Ball (basse, synthétiseurs) et Mulhall (claviers, programmation, contrebasse). Et il y a du monde derrière, c’est de l’orfèvrerie. Les détails complémentaires et ornementations sont posés par une presque dizaines de musiciens complémentaires (viole, guitare, violon, saxophone, entre autres + basse fretless signée – rien que ça – Derek Forbes).

Jazz en filigrane, suintements cuivrés : Lost in Blue est un travail posé, minutieux. Si tensions se révèlent, leur installation ne se fait pas dans un dessein d’explosion. Pour autant, certains moments contiennent leur part anxiogène. Parmi eux, ce « Angels Of Romance » que Gavin Friday imprègne d’une vibration intime et à laquelle la réverbération donne ponctuellement effet d’envol. L’album se termine par un spleen éponyme aux relents bluesy, et l’un des morceaux les plus réellement « chantés » de l’ensemble – et au risque de nous répéter : John Fiddler, là-dessus, est remarquable.

De l’écoute, au final, se retient la délicatesse de forme d’un ensemble traversé par quelques moments d’effroi. Ondule dans Lost in Blue une vibration d’existence qui passe par l’affrontement des peurs et du vide. Les autres aident Anni à construire ce puzzle perpétuant quelque chose d’elle-même. Une réalité complexe et intime. « I am the sum of all my parts », dit-elle à propos d’elle-même, en guise de biographie. Un beau disque et pas seulement dans sa forme physique, réellement superbe. Cette dernière a été assumée par un label auquel, au regard notamment de cette nouvelle référence, on ne pourra plus simplement rapporter l’étiquette d’une spécialisation industrielle, noise ou neofolk. Cold Spring sort des musiques certes expérimentales, mais surtout existentielles.

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6 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

36: « Fade to Grey »

Suivant les pérégrinations musicales de 36 depuis ses débuts en 2009 on ne peut que se réjouir de voir croître la popularité du Britannique tant le commun des mortels n’est sans doute pas prêt pour digérer les voluptés déclenchées par les manipulations sonores de Dennis Huddleston.

Entretemps, l’artiste avait publié Seconds & Forever puis un enivrant Black Soma avant que les EPs Circuit Bloom et Ego Death, parus en 2018, ne continuent d’emprunter les canaux de l’autoproduction. Bref, avec une quinzaine de lLPs en quinze ans, 36 est extrêmement prolifique. Et la qualité est toujours au rendez-vous.

Fade To Grey ne fait pas exception à la règle. Depuis toujours attiré par le (rétro)futurisme, Dennis Huddleston imagine ici un monde où les individus s’isolent davantage chaque jour. Critique ouverte des réseaux sociaux, Fade To Grey n’oublie pourtant pas de pointer les sentiments paradoxaux qui animent chacun d’entre nous face à ces évolutions. Souvent décriées, elles deviennent néanmoins un compagnon de route et un objet du quotidien.

Et si le ver est dans le fruit, les fantasmagories sonores de Huddleston intègrent également une part de menace, perceptible jusque dans les morceaux qui, à l’instar de « D.R.E.A.M Link », paraissent les plus légers. Subtilement, le rêve s’assombrit. Les manipulations synthétiques sont néanmoins plutôt cotonneuses, et Dennis Huddleston ne prendra pas à défaut ceux qui le suivent de longue date. Onirique, délicate et délectable, l’écoute de Fade To Grey est fidèle à ses travaux précédents.

Pour autant, à l’image des field recordings d’un « Midnight Tethe »r évoquant les cliquetis de la pluie ou encore des nappes presque mélanco-dramatiques de « Night Rain », il serait vain de chercher une totale emphase chez le producteur. Moins atmosphérique qu’un Lithea, c’est pourtant de ce même voile méditatif et lunaire qu’est dressé ce disque parfaitement résumé par cette pochette qui fait figurer le dénuement d’une femme quittant une lumière qui apparaît sous forme d’aquarelle pour percuter un mur imaginaire la conduisant vers un monde plus sombre et pixelisé. Comme le monde numérique qu’il critique, 36 bâtit néanmoins un univers captivant et addictif.

***1/2

6 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

The Leisure Society: « Arrivals & Departures »

Il y a dix ans sortait « The Last Of The Melting Snow », premier « single » de The Leisure Society. Pour fêter cela dignement, les Londoniens annoncent leur cinquième disque sous la forme d’un double CD de huit titres chacun.
Depuis l’album, The Fine Art Of Hanging On et son très beau succès critique, on avait un peu perdu la trace de la bande à Nick Hemming. Arrivals & Departures sort quatre ans quasiment jour pour jour après un dernier opus empli de vague à l’âme.
Voix suave, piano clair, mélodies folk, l’humeur du titre éponyme ouvrant l’album Arrivals & Departures est langoureuse, pour ne pas dire asthénique, comme une très lente ballade lacustre sur un canal surplombé par un ciel anglais bientôt menaçant. L’explication de ce spleens gris souris gravé sur les deux galettes que composent Arrivals & Departures, peu enclin à la gaieté est à rechercher du coté de l’ancienne compagne de Nick Hemming, Helen Whitaker (ex-membre du groupe). Après cette séparation il a cherché linspiration, chose qui lui a pris, 18 mois de balades de villes en villes, avant de terminer l’enregistrement de Arrivals & Departures, titre qui prend donc tout son sens.

Le groupe a également investi l’Union Chapel à Londres, tard le soir, pour capturer les sections de cordes et de chœurs de l’album, avec l’aide de Brian Eno et de la poète Liz Berry.


Premier « single » tiré du double album, « God Has Taken A Vacation » pose une guitare électrique sur une complainte aux accents Beatles et Kinks. Si le titre a des relents mélancoliques évidents, Nick Hemming se défend, en partie, d’avoir voulu composer une chanson ode à son ex-relation amoureuse.
Et ce n’est pas le titre suivant, « I’ll Pay For It Now » qui viendra démentir l’emprise de cet événement personnel sur l’écriture de Arrivals & Departures. Le sentiment qui prédominera alors après l’écoute du premier disque ,sera la nostalgie.
Sur le second opus de Arrivals & Departures, le ton semble changer, un rayon de soleil apparaît à nouveau dans une trouée au milieu des sombres cumulus. Les deux parties du « Mistakes On The Field » réchauffent l’atmosphère et incitent à aller de l’avant ; comme Nick Hemming a dû en ressentir l’envie, à un moment donné.
Le passé résistra toutefois, mais le tracklisting qui se déployera le fera avec un raffinement qui véhiculera tout sauf un remède à la mélancolie.
Nick Hemming et son groupe sont en train de se photocopier eux mêmes depuis quelques années ;Arrivals & Departures est, à cet égard, le témoignange d’un certain surplace qui ne peut que nous laisser en berne.

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6 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire