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Son Volt: « Union »

Les fractures sociales et économiques qui lézardent la société américaine nourrissent Union, le nouvel album de Son Volt, infatigables emblèmes de la scène alt-country.

Jay Farrar tient fermement les rênes du groupe depuis 1994, l’année de l’implosion des mythiques Uncle Tupelo. Co-fondé à la fin des années 80 avec Jeff Tweedy, un camarade de lycée qui comme lui refusait de choisir son camp entre tradition country et frénésie punk-rock, Uncle Tupelo a été à la country alternative ce que les Beatles ou les Kinks ont été à la pop anglaise. En quatre albums, le groupe de Belleville, dans l’Illinois, a en effet posé les fondations d’un courant dans lequel se sont ensuite illustrés des gens aussi importants que The Jayhawks, Ryan Adams ou Richmond Fontaine. Tweedy, devenu le leader de Wilco, s’est progressivement affranchi de l’orthodoxie country-rock pour finir par la faire voler en éclats, Jay Farrar continuant de son côté à incarner une ligne moins réformatrice.

Tout au long d’une discographie démarrée sur les chapeaux de roues avec le classique Trace (1995), Son Volt n’a cessé de puiser son inspiration dans la grande histoire de la musique et de la littérature américaines. Farrar, qui mit en musique des textes de Jack Kerouac en compagnie de Ben Gibbard (One Fast Move or I’m Gone, 2009) et qui consacra par ailleurs un album entier à Woody Guthrie (New Multitudes, 2012) s’est rendu dans le musée consacré à ce dernier dans l’Oklahoma, afin d’enregistrer quatre des treize titres de ce nouvel album. Trois autres morceaux ont par ailleurs été gravés au Mother Jones Museum de Mount Olive, un lieu dédié à la mémoire de la célèbre activiste syndicale Mary Harris Jones.

De là est venue cette envie de reprendre le fameux « Rebel Girl, » grande chanson militante composée par Joe Hill, le père spirituel de tous les « protest singers » Mais Jay Farrar, qui a grandi au son des Rolling Stones, des Who et des Replacements, en connaît néanmoins un rayon sur les vertus libératrices du rock ‘n’ roll. Ce neuvième album studio, majoritairement constitué de chansons au ton grave et aux accents engagés (« Lady Liberty », « The 99 », « Reality Winner », « The Symbol »), s’offre donc aussi quelques moments de respiration aux ambiances moins plombées (« Devil May Care », « The Reason » et ses arpèges de douze-cordes entre Byrds et Heartbreakers).

Deux ans après le bien nommé Notes of Blue, qui voyait le groupe s’essayer aux accordages « delta blues » caractéristiques des œuvres de Mississippi Fred McDowell et Skip James , Son Volt rempile avec un disque parfaitement cohérent, aussi solide et sincère que les meilleurs chapitres de son répertoire. Jay Farrar et ses hommes nous rappellent au passage qu’en des temps aussi incertains que ceux que traverse actuellement l’Amérique, l’Union fait plus que jamais la force.

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5 avril 2019 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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