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Chris Cohen: « Chris Cohen »

Chris Cohen est à des années lumière de la superstar, même de celle indie adoubée par les détenteurs revendiqués du bon goût. Pourtant, il suffit de s’être plongé une seule fois dans sa musique, de s’être laissé emporter sans se débattre par sa mélancolie pour ne plus jamais l’oublier. Certes, nous ne sommes pas légion, mais le songwriter californien n’en tire aucune pression : au rythme d’un nouvel album tous les trois ou quatre ans, Chris Cohen a toujours pris le temps de bien faire les choses, et la qualité évidente de chacun de ses trois albums ne fait que lui donner raison.

Nées de mélodies d’abord enregistrées sur son téléphone avant d’être travaillées et étoffées avec l’aide de quelques musiciens, ces dix nouvelles chansons sont directement imprégnées de la vie personnelle mouvementée de l’auteur qui, durant la composition, a vécu le divorce de ses parents mariés depuis 53 ans et le coming out de son père. Lu comme ça, on pourrait croire cet album éponyme quelque peu plombé par l’ambiance.

Il n’en est rien, bien au contraire : comme soulagé de s’être débarrassé d’un poids (« Green Eyes », « Sweet William »), le songwriter fait seulement face ici à des vents d’émotions contraires (« The Link ») qui ne font que souligner la singularité de ce disque à la sensibilité touchante, comme insaisissable tant il est suspendu dans le temps.

Plus eighties que ses prédécesseurs qui préféraient la décennie précédente, ce nouvel album éponyme est étonnamment auréolé d’une assurance inédite, renforçant le propos d’une pop psychédélique aux arrangements enrichis de saxophone (« Edit Out »), de clavecin et de soli de guitare (« Sweet William », « Twice in a Lifetime) ». Aussi apaisant que ses ainés, ce nouvel opus de Chris Cohen permet non seulement à son auteur de vider son sac et de panser ses plaies (« Heavy Weather Sailing », « Not Time to Say Goodbye »), mais rappelle aussi à quel point il est injuste que cet ancien collaborateur de Deerhoof et Ariel Pink ne se fasse pas plus entendre.

***1/2

5 avril 2019 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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