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Idlewild: « Interview Music »

Interview Music est le neuvième opus studio du combo d’Edimbourg, quatre ans après un Everything Ever Written qui n’avait pas été très convaincant. Le petit dernier s’emploie à corriger la mauvaise impression qur laquelle on était resté avec, pour commencer, un « Dream Variations », morceau pop rock en deux temp et une entrée en matière plus qu’intelligente. Sous couvert d’une basse pesante, et huit notes de clavier parfaitement calibrées, la mélodie de la chanson charmera.

On s’interrogera ensuite sur des choix peu avaisés, par exemple ces choeurs féminins qui acconpagnent « There’s A Place For Everything », second acte du disque. Fort heureusement, à l’exception d’une rechute le temps d’un « Mount Analogue » une fois encore catastrophique, Idlewild vont très vite gommer ces imperfections et donner beaucoup de relief à ce Interview Music.

L’aura de ce groupe s’étant un peu éteinte, cette vibrante Interview Music nous transmetra alors une joie non dissimulée si on considère la mélodie entêtante qui ornera « All These Words » ou le malinplaisir qu’aura le combo à brouiller les pistes avec de courts instrumentaux entre leurs compositions.

Si l’atmosphère est principalement pop rock, elle est parfois entrecoupée de moments plus pêchus comme « Same Things Twice » ou, a contrario, sur des moments de parfaite délicatesse comme sur « You Wear It Second Hand ».

Toutefois, ce sera la dernière plage du disque qui constituera la plus grosse surprise. Déjà présent dans « Family To Ignore » l’avant-dernier titre, le piano remplace ici littéralement les guitares électriques pendant les trois minutes et vingt secondes de « Lake Martinez « et conclura l’album de très belle manière.
Même si tout est loin d’être parfait sur Interview Music, il est clair qu’Idlewild ont encore des choses à dire. Nécessitant, à la première écoute, un certain temps d’adaptation, cet album est bien plus fin qu’il peut paraitre. Riche et varié, il gagnera au fil des écoutes et méritera qu’on s’y attarde.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

American Pleasure Club: « fucking bliss »

Le prolifique et infatigable Sam Ray, tête pensante de American Pleasure Club nous arrose d’un fucking bliss alors qu’on venait à peine de digérer son album A Whole Fucking Lifetime Of This . Ce nouveau projet du natif du Maryland, eb dépit de son titre enjoleur, n’est pas pour autant un chemin de roses.

Déjà sur Teen Suicide (son projet précédent) et pour l’album suivant, il avait le chic pour passer du coq à l’âne brutalement. Pour fucking bliss, Sam Ray tente de rectifier le tir en nous offrant un disque purement cohérent, expérimental, très sombre à la limite du glauque.

Enregistré bien avant de tirer sa révérence avec Teen Suicide entre 2014 et 2015, American Pleasure Club se rapproche de ce qu’il a pu faire avec un autre artiste du Maryland, Ricky Eat Acid, mais en plus noisy et industriel et là où aucune pointe de lumière ne se faufile. Bien entendu, il fait parler de son mal-être le plus extrême à travers des morceaux riches en distorsions comme la montée en puissance de « the miserable vision » et « what kind of love ? ».

La voix de Sam Ray est quasi-inaudible et trafiquée par ces bruits venus d’ailleurs qui donnent cette sensation d’inconfort avec les oppressants « ban this book » (qui s’avère être un morceau jumeau de « Beauty » de Teen Suicide) mais aussi « let it go out » ou les un peu plus décontractés « hello grace » et « it’s everything to me ». Ayant parfois recours aux hurlements rauques et saturés ou à l’Auto-Tune sur « dragged around the lawn », il est clair que l’on ne peut se sentir que mal à l’aise à l’écoute de ce fucking bliss. Inutile de chercher ici morceaux indie rock plus accessibles ou ballades lo-fi mélancoliques en son déroulé on n’y trouvera que chaos et noirceur, même si on a le coeur bien accroché.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Anteros: « When We Land »

Ce quatuor londonien, méné par la pétillante Laura Hayden, fonctionnait, jusu’à présent, à grands coups de « singles » prometteur qui situaient le combo entre dream-pop et indie rock avec quelques influences chapardées chez No Doubt et Blur.

Le moment fatidique était donc venu sous la forme d’un premier album nommé When We Land. Composé de 11 titres, Anteros a décidé de distiller plusieurs influences pour en faire un mélange explosif. Non seulement, on retrouve les accents dream-pop des débuts mais il n’est pas rare de croiser d’autres sonorités venues d’ailleurs. Et c’est dès l’introductif « Call Your Mother » que l’on se rend compte que les londoniens sont là pour délivrer des titres fédérateurs aux messages puissants véhiculés avec aisance. On croise des territoires disco dignes de Blondie sur « Wrong Side » et « Fool Moon » ou plus soulful sur « Ring Ring » sans aucun souci.

Malgré sa diversité des genres, rien n’empêche pour Anteros de livrer sa recette basique mais efficace: riffs catchy, couplets soft et refrains rentre-dedans. Cela se montre parfaitement sur « Honey », « Afterglow » ou bien même « Breakfast ». Il arrive parfois de calmer leurs ardeurs comme sur le doucement mélancolique « Ordinary Girl » montrant une prestation vocale des plus inimitables de Laura Hayden. Il en faudra plus pour refaire le monde indie mais Anteros a quand-même réussi son premier atterrissage prolongé en paysage britannique.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Bartellow San Ground San: « Amanogawa »

C’est à un voyage multiculturel auquel nous invite le producteur japonais DJ Ground alias Bartellow San Ground San, où les polyrythmies font vibrer les sens, appuyées par des basses aux rondeurs accueillantes.

Amanogawa invite le downtempo à danser sur des sonorités organiques, créant un dancefloor de jungle à la flore verdoyante où le bruit des branches qui se touchent, se font l’écho de frontières effacées entre le ciel et la terre.

Mélangeant Japon traditionnel et Afrique fantasmée, Bartellow San Ground San conjugue les pistes à l’envie, invitant l’auditeur à se contorsionner langoureusement sur des parterres d’effluves relaxantes, enrobées d’ondes positives au groove contorsionniste. Moelleux à souhait.

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4 avril 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Fennesz: « Agora »

C’est au casque et avec un équipement minimum, que Fennesz a enregistré son nouvel album Agora. Ce qui de prime abord semblait être frustrant pour l’artiste, s’est révélé source d’inspiration.

Depuis 5 ans, l’autrichien n’avait plus donné de nouvelles, comme happé par ses propres atmosphères tourbillonnantes. Agora sonne donc comme le retour de celui dont beaucoup attendaient avec impatience une nouvelle salve sonique.

Les titres qui composent l’album résonnent comme une odyssée ambient comme seul lui sait les concevoir, agencés autour de nappes planantes et de rugosité aimantée. Les effets circulent dans l’espace, cherchant à percer les portes d’un Eden caché par un mur de son aérien.

Fennesz signe un album aux rebondissements souterrains, tournoyant autour de loops subtilement désaxées où les cambrures se font abrasives. Un retour majestueux.

***1/2

4 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Circa Waves: « What’s It Like Over There? »

Circa Waves lâchent avec What’s It Like Over There? une petite bombe de pop concise et explosive. Avec neuf titres en forme d’avions de chasse, le groupe combine puissance et subtilité dans des chansons dont chaque seconde est réalisée avec un soin d’orfèvre.
Circa Waves sont des maîtres du dynamisme. Une production ultra punchy donne l’abrasivité nécessaire pour propulser ces concentrés de riffs vers les tympans ravis de l’auditeur. Mêlant guitares rock, piano, chœurs et touches de beats électro, Circa Waves se distinguent surtout grâce à un sens aigu de la mélodie et un goût certain pour ces petits arrangements fondants qui viennent surprendre et réjouir l’oreille. Bref, le cœur de ce qui fait depuis longtemps le charme des bons groupes de Liverpool, le tout enrobé dans un bon gros son estampillé 2019.
Portant haut la bannière de la mélodie, Circa Waves se font sur ce troisième album plus expérimentaux tout en poursuivant la recherche de la pépite pop parfaite. Ils en trouvent plusieurs chemin faisant. « Movie »s sonnera comme du Phoenix période Lisztomania alors que « Times Won’t Change Me »,avec son piano martelé et son beat hip-hop rendront justice à une belle mélodie douce-amère. Plus loin, Circa Waves évoqueront Blossoms sur un « Motorcade » dont le refrain vrombissant rappellera les obsessions 80s du combo.

On clôturera les débats en beauté sur un « Saviour » qui est peut-être le meilleur titre de l’album : couplets menaçants et riff de basse pachydermique explosant dans des refrains portés par des guitares et chœurs glam roboratifs.

Mais si les petits bolides racés de Circa Waves font la part belle à une efficacité tout terrain, ils savent aussi faire preuve de sensibilité et d’émotion. Délaissant le rock, la sombre et planante « Me, Myself And Hollywood » est un beau mid-tempo aux effluves californiennes et la ballade beatlesienne « Passport » sera aussi un morceau-choc, sublimant un songwriting classique par des envolées de synthé eighties et autres bruissements électroniques.

What’s It Like Over There? est a un album réjouissant et trranchant. Si Circa Waves n’y brillent pas par l’originalité de leur proposition artistique, ils y révèlent en revanche un savoir-faire à toute épreuve. Avec un sens de l’arrangement efficace chevillé au corps, le groupe propose une dose de ces vibrations ensoleillées parfaitement taillées pour ces saisons bienveillantes dont nous sommes tous friands.

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4 avril 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire