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Death Will Tremble to Take Us: « Death Will Tremble to Take Us »

Death Will Tremble to Take Us alias James Randolph Fouty a a déjà enregistré sous d’autres noms et c’est sous celui-ci qu’il a commis un des disques instrumentaux les plus immédiats et accessibles d’un registre qui englobe post-rock, ambient et/ou néo-classique

Les 60 secondes de l’introductif « Into the Forest » annoncent la couleur, Death Will Tremble to Take Us va éviter de rentrer dans les chemins balisés du post-rock et nous proposer 12 titres souvent courts (sept font moins de 3:10, alors que trois dépassent les 6:00) proposant chacun leurs sonorités et leur ambiance, comme autant de petites pierres de couleur formant au final une délicate mosaïque. Parsemée, de ci delà, de nuances de gris.

En procédant par petites touches, ici d’ambient, là de néo-classique très doux, ici d’envolées de guitares, là de sonorités plus boisés, DWTTTU réalise un fort beau disque, dont le principal défaut est, s’il est incroyablement agréable et reposant, de ne pas être suffisamment mémorable, sans que, pour aurtant on puisse envisager qu’il ne revienne pas régulièrement sur la platine.

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29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

The Proper Ornaments: « 6 Lenins »

Ce duo composé de James Hoare et Max Claps vient de signer son quatrième album, 6 Lenins. Malgré leurs résonances révolutionnaires, les chansons du tandem vont pourtant évoquer des changements plus personnels que politiques.
Leur musique reste bien ancrée dans la tradition du Velvet Underground, des sixties et de leurs multiples héritiers (de The Jesus And Mary Chain à Black Rebel Motorcycle Club), et ils ne comptent pas y déroger. Dans un monde violent où la notion de progrès est devenue obsolète, The Proper Ornaments se réfugient dans un univers sonore et lyrique taillé à leur mesure : un abri au calme, rempli d’images intimes et bariolées. Car ce que Hoare et Claps savent mieux faire, ce sont des chansons-refuge. Celles d’un dimanche ensoleillé, d’une chambre chaude, de cette connexion unique qui se produit lorsque nous nous pausons et regardons les photographies d’un passé pas si lointain mais suffisamment révolu pour qu’on le chérisse et qu’on lui accorde une place toute particulière. Et puisque ce passé s’éloigne à toute allure, on l’enregistre doucement afin de faire durer l’émotion ou bien pour ne pas répéter les mêmes erreurs.


Dans cette boîte à souvenirs de The Proper Ornaments, la simplicité des guitares acoustiques ne cache pas une production soignée qui rend l’écoute du disque si agréable. « Apologies » est un début tout en douceur qui crée d’emblée une atmosphère envoûtante, à peine altéré par le ton mélancolique de paroles qui explorent le thème du regret L’effet de la voix nonchalante est sincère et touchant. Dans d’autres titres, le rythme va s’accélèrer mais reviedra toujours à ces tempos hypnotiques comme sur « Where Are You Now ». Des chansons pour chasser la douleur ou se remémorer du bon vieux temps. Il faut dire que les voix sans fioritures de The Proper Ornaments, malgré l’apparente contradiction, sont fonctionnelles -tantôt langoureuses, tantôt chuchotantes- tout en procurant des sensations contrastées.
« Song For John Lennon » ou « In The Garden » apporteront les touches les plus psychédéliques à l’album. Sur ce dernier titre, les guitares se déchaîneront alors tandis que les claviers étouffent les murmures de Hoare et de Claps. 6 Lenins s’achève ainsi sur un ton joyeux et nerveux, comme une bouffée d’air frais après la torpeur de l’hiver.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Debrider: « Gift Horse »

Que voilà un disque joliment paradoxal. Avec sa couverture pastel et bucolique, la voix très pure Lia Pisa-Relli ainsi que sa musique portant toutes les caractéristiques de la dream-pop, on s’attend à une petite douceur sans conséquence. Et on se prend de plein fouet la dureté des paroles et la complexité mouvementée des mélodies. Avec ses six titres on se dit que Gift Horse n’est guère plus qu’un EP. ; on ressort de son écoute aussi éprouvé que s’il en faisait le double ou le triple. « Eprouvé » dans le bon sens du terme.

Gift Horse est-il seulement un album de dream-pop ? S’il en a une partie des sonorités, il lui manque ce que l’on retrouve immanquablement chez tous les émules de Mazzy Star : le côté vaporeux. Ethéré. Alangui. Rien de tout cela ici, le chant comme la musique étant toujours fermes et décidés, secs et rythmés, presque un peu groovy par moment. Cela ne veut pas dire que Debrider fait dans le rock and roll, juste que le trio américain a compris que calme et soyeux ne veut pas dire chiant et cotonneux et que le rêve souvent se transforme en cauchemar…

 

Gift Horse est par contre définitivement pop. Chacune des cinq chansons originales (la reprise du « Billie Holliday » de Warpaint, de fort bonne facture, est accrocheuse et mémorable, parfaitement structurée pour mettre en valeur aussi bien le chant que le texte ou l’instrumentation. Mais il va piocher aussi bien dans le répertoire dream-pop, shoegaze que post-rock ou indie-rock l’habillage qui va lui permettre d’être le plus efficace pour faire passer sa mélancolie douce-amère… En cela Debrider n’est pas très éloigné de groupes comme Basement Revolver ou Alvvays.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Two Medicine: « Astropsychosis »

Two Medecine n’est ni plus ni moins que le projet de Paul Alexander, bassiste de Midlake, et ce disque se situe sensiblement dans la même veine, à savoir une folk pop légèrement progressifve très posée et faisant preuve d’une douceur et d’une mélancolie qui confine à la magie. D’ailleurs, plusieurs membres participent à cet opus qui ressemble presque à un side-project commun.

Le disque est sorti il y a quelques mois maintenant et il est splendide. Les influences psychédéliques et pop jouent un rôle particulier et on peut aisément y percevoir l’ombre des Beach Boys et du Floyd.

Concrètement pourtant, la musique de Two Medicine ne prend racine que dans son propre langage ; une voix caressante, une guitare sèche, des choeurs en écho, des claviers qui jouent l’emphase, une rythmique discrète, sèche mais pas trop percussive, et un format assez pop, qui ne va pas trop chercher dans l’expérimental et le psyché.

Astropsychosis est assez accessible, et peut s’adresser aux amateurs de Midlake dernière période comme à ceux que la pop sixties pas trop mainstream n’effraie pas. Quand on saura enfin que « Two Medicine » fait référence à une région du Montana, dont les montagnes, forêts et lacs auront probablement inspiré ce disque bucolique on saura tout et on écoutera Astropsychosis avec l’état d’esprit qui a résidé à sa conception.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Edwyn Collins: « Badbea »

Edwyn Collins revient avec son dixième album solo, Badbea. Enregistré aux Clashnarrow Studios situés à Helmsdale en Ecosse, ce nouvel album de l’ancien leader d’Orange Juice tire son nom d’une falaise qui obsède Collin. D’ailleurs, Badbea reprend les choses où Understead es avaient laissées en 2013. Ce disque est brut de décoffrage et laisse au final peu de temps morts. Edwyn Collins fonce, tête baissée dans la mêlée et fait sauter le verrou pop. Connaissant son métier comme personne, il arrive à sortir encore quelques lignes mélodiques ahurissantes.

Inspiré par son grand-père et par le village de Badbea ce lieu fétiche qui donne à l’album sa vigueur et par son élégance naturelle. De l’aveu même de Collins, c’est la première fois qu’il fait un disque en regardant dans le rétroviseur et c’est pour cette raison que Badbea est le frère cadet d’Understead. Les puritains de la pop auront donc peut-être quelques réticences à écouter ce disque, mais les amoureux d’Orange Juice y trouveront sans peine leur compte.

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29 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

We Show Up On Radar: « Zanzibar Whip Coral »

La participation de Darren Hayman (ancien leader des « cultissimes » Hefner) à un titre du précédent disque de We Show Up On Radar ne pouvait que nous mettre la puce à l’oreille. Ce n’est pourtant qu’à l’occasion de ce troisième album que nous découvrons enfin le projet passionnant mené par le multi-instrumentiste britannique Andy Wright. Établi à Nottingham et épaulé par quelques musiciens du cru, Wright appartient à une catégorie de musiciens qui, animés par un imaginaire foisonnant, refusent les trajectoires rectilignes et les chemins tout tracés.

Avec Zanzibar Whip Coral, We Show Up On Radar ouvre en grand les portes de son bazar folk-pop chimérique, évoquant tour à tour Tunng, Mercury Rev ou encore les oubliés Magic Arm. Sous leurs constructions abracadabrantes, « Willow Tree », » A Theogony », « The Lion’s Skul »l ou « Crumbs For Erin » abritent un chapelet de mélodies vibrantes et joueuses, magnifiées par une approche doucement expérimentale. We Show Up On Radar pourrait bien entendu s’éparpiller, à vouloir explorer un aussi grand nombre de plages, y compris au sein d’un seul et même morceau, à l’image de la symphonie de poche  qu’est « Giant Dinosaur vs. Sea Monster ». Pourtant, et sans que l’on parvienne vraiment à s’expliquer comment, les chansons équilibristes de Zanzibar Whip Coral finissent toujours par retomber sur leurs pattes. Un véritable tour de magie.

***1/2

29 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire