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La Dispute: « Panorama »

La Dispute est un groupe post-hardcore originaire de Grand Rapids qui a connu une sacrée trajectoire musicale après Après une poignée de sorties musicales en tous genres, le groupe formé par Jordan Dreyer a enfin atteint la consécration en signant chez le réputé label Epitaph pour qui ils sortent leur nouvel opus intitulé Panorama.

Ce nouveau disque marque donc une nouvelle étape pour La Dispute. Eux qui mélangent sans vergogne emo, post-hardcore et spoken word se retrouvent dans un nouveau cheminement où la mort, le deuil, la vie et l’amour ont habité le groupe, surtout son leader qui n’est autre que Jordan Dreyer. Après une introduction plantant le décor du nom de « Rose Quartz », la voix du frontman retentit sur « Fulton Street » et choisit les bons mots pour traduire ce tsunami émotionnel qu’il a confronté durant ces années.

Alternant le calme plat et la tempête des plus dévastatrices, Dreyer sait faire le parallèle entre spoken-word et screamo comme il se doit sur d’autres morceaux faisant référence au patriotisme symbolique du Michigan comme « Rhondonite and Grief » et « In Northern Michigan ». Il chante, susurre et hurle de façon incontrôlable tout en exorcisant ses souvenirs aussi bien radieux que traumatisants. Cependant, La Dispute se veut plus lent au niveau du tempo tandis que les sonorités sont plus légères et plus éclairées mais restent tout de même incisives par moments.

Il n’y a qu’à juger des morceaux comme « Anxiety Panorama » et « There You Are (Hiding Place) » pour prouver qu’ils restent les maîtres en ascenseur émotionnel avant qu’une conclusion aux allures jazzy du nom de « You Ascendant » mélancolique et grave dans ses propos montre un La Dispute au zénith de leurs inspirations. Malgré le départ du guitariste Kevin Whittemore auquel il formait une bonne alchimie avec Chad Sterenberg, Panorama est moins porté vers les guitares mais le groupe arrive à combler ce manque via d’autres moyens instrumentaux à forte charge émotionnelle. Après la pluie vient donc le beau temps et le quatuor de Jordan Dreyer arrive à chasser tous les fantômes qui sont venus les hanter comme jamais. Beaucoup devraient en prendre de la graine.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Apparat : « LP5 »

Sasha Ring alias Apparat, compose depuis ses débuts, un univers qui conjugue intériorité et sensations en retenue, oeuvrant à marier pop et électronique dans un écrin de velours, qui n’est pas sans rappeler les albums solo de Thom Yorke.

Plus connu pour sa participation avec la formation Moderat, née de la collaboration aux cotés de Modeselektor, Sasha Ring reprend son travail en tant qu’Apparat pour raviver les éléments d’une musique qui aime expérimenter et faire voyager, faisant flirter instruments électroniques et organiques sur des tapis de rythmiques à l’ébullition douce mais intense.

LP5 tente de renouer avec les débuts de l’artiste, de par la diversité des sons superposés, qu’ils soient issus de machines ou de véritables instruments, des cordes en passant par les cuivres, guitare ou piano, donnant naissance à des atmosphères qui poussent plus au chill qu’au dancefloor, esquissant des titres à la quiétude reposante ou habités de soubresauts élégants, pointant discrètement du coté de l’IDM (Interlligent Dance Music), le tout survolé par sa voix androgyne.

Sans être son album le plus abouti, Apparat cherche à s’extraire de la machine dancefloor qu’était Moderat, pour revenir à des paysages plus intimes, débarrassés du superflu, plongeant vers des profondeurs gorgées de lumières suaves, bercées par des mélodies caressantes, n’oubliant pas de faire danser nos âmes sur le titre de fin « In Gravitas ».

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Tullycraft: « The Railway Prince Hotel »

Actif depuis le milieu des années 90, Tullycraft a été l’un des pionniers du courant twee pop aux Etats-Unis en en signant même un des manifestes du mouvement. Légataire directe de l’esprit « do it yourself » des Shop Assistants, Beat Happening et autres Talulah Gosh, la formation originaire de Seattle s’est toujours distinguée par ses textes désopilants et sarcastiques, mais aussi par des titres de chansons aux allures de slogans fédérateurs (« Pop Songs Your New Boyfriend is Too Stupid To Know About », « The Punks Are Writing Love Songs », « Disenchanted Hearts Unite) ». A en juger par le tracklisting malicieux de The Railway Prince Hotel, un septième album qui les voit sortir de leur retraite après six ans d’absence, les vétérans de Tullycraft n’ont pas perdu leur légendaire sens de la formule (« We Couldn’t Dance to Billy Joel », « Lost Our Friends to Heavy Metal », « Has Your Boyfriend Lost His Flavor On The Bedpost Overnight? »).

S’il résulte d’une approche inédite et plus spontanée au niveau de l’enregistrement, le groupe ayant en partie improvisé ses nouvelles chansons directement en studio là où Lost In Light Rotation (2013) avait été réalisé de façon plus conventionnelle avec le producteur Phil Ek (The Shins, Fleet Foxes), The Railway Prince Hotel reconduit presque à l’identique la formule gagnante mise en oeuvre par Tullycraft sur ses précédents disques. Dominée par la complicité vocale du tandem Sean Tollefson / Jenny Mears, la pop-punk rayonnante des Américains est du genre à vous faire taper du pied et à vous coller le sourire aux lèvres pour le reste de la journée (« Midi Midinette »). Riffs en ébullition (« Vacaville »), refrains éléphantesques (« Hearts at the Sound) », solo de guitare sens dessus dessous (« It’s Not Explained, It’s Delaware »), mélodies ultra adhésives soulignées par un Casio ou par le souffle d’un mélodica (« Passing Observations », « The Cat’s Miaow In A Spacesuit ») : Tullycraft, c’est un peu comme si Superchunk avait décidé de s’emparer du répertoire des Pastels ou des BMX Bandits. Alors, ne réfléchissez pas plus longtemps à la destination de vos prochaines vacances. Cette année, les fans d’indie pop bricolée mais bien foutue séjourneont avec plaisir au Railway Prince Hotel.

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25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Suplington: « After Life »

Après Repeating Flowers paru en 2017, le compositeur britannique Suplington propose cette fois une immersion au cœur de la nature avec un second album aux sonorités très organiques.

Parmi les nombreux « field recondings » utilisés pour cette production, on entendra d’abord le bruit de l’eau, présente sous différentes formes, mais également le bruit des mouettes, des cloches et autres sonorités worlde auxquelles vient s’ajouter le travail de compostions du violoncelliste Greg ‘Cosmo D’ Heffernan, du saxophoniste Kroba, flûtiste Nadiya Darling.

Cet assemblage remarquable aux  vertus par moment méditatives donne un album jamais monolithique, avec des variations permanentes. Une release ambient très réussie.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Synaesthesis: « Another Point of View: Lithuanian Art Music »

La Lituanie n’en finit plus de révéler de jeunes artistes, qu’ils soient compositeurs ou musiciens, à l’image de l’ensemble de musique contemporaine Synaesthesis, formé par le chef d’orchestre Karolis Variakis et le compositeur Dominykas Digimas, entourés d’une pléiade de musiciens, partageant avec eux le goût pour la musique contemporaine sous toutes ses coutures.

Avec leur premier album Another Point Of View: Lithuanian Art Music, Synaesthesis marque les esprits par sa capacité à s’approprier les oeuvres de jeunes compositeurs lituaniens tels que Dominykas Digimas, Andrius Arutiunian, Julius Aglinskas, Rita Mačiliūnaitė, ainsi que celles de plus anciens comme Ramūnas Motiekaitis, Rytis Mažulis et Ričardas Kabelis, et en offrir un lecture minimale intense, où les silences ont leur espace.

Synaesthesis s’inscrit dans les formations de musique contemporaine qui comptent, combinant pour chaque titre les musiciens les plus adéquats, de manière à frapper nos oreilles sans ornements. Un opus qui livre une partie des capacités d’un groupe qui devrait continuer à faire parler de lui dans les sphères appropriées. Très fortement recommandé.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Synaesthesis: « Another Point of View: Lithuanian Art Music »

La Lituanie n’en finit plus de révéler de jeunes artistes, qu’ils soient compositeurs ou musiciens, à l’image de l’ensemble de musique contemporaine Synaesthesis, formé par le chef d’orchestre Karolis Variakis et le compositeur Dominykas Digimas, entourés d’une pléiade de musiciens, partageant avec eux le goût pour la musique contemporaine sous toutes ses coutures.

Avec leur premier album Another Point Of View: Lithuanian Art Music, Synaesthesis marque les esprits par sa capacité à s’approprier les oeuvres de jeunes compositeurs lituaniens tels que Dominykas Digimas, Andrius Arutiunian, Julius Aglinskas, Rita Mačiliūnaitė, ainsi que celles de plus anciens comme Ramūnas Motiekaitis, Rytis Mažulis et Ričardas Kabelis, et en offrir un lecture minimale intense, où les silences ont leur espace.

Synaesthesis s’inscrit dans les formations de musique contemporaine qui comptent, combinant pour chaque titre les musiciens les plus adéquats, de manière à frapper nos oreilles sans ornements. Un opus qui livre une partie des capacités d’un groupe qui devrait continuer à faire parler de lui dans les sphères appropriées. Très fortement recommandé.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

June Chikuma: « Les Archives »

Connue entre autres, pour la composition de la musique du jeu vidéo Bomberman, la japonaise June Chikuma voit son album culte Divertimento, qu’elle avait sorti sous le nom d’Atsushi Chikuma, être réédité sous le titre Les Archives.

Celui-ci se voit agrémenté de trois titres bonus, conférant à l’ensemble un objet indispensable de par son coté inclassable, mélangeant percussions aux origines multiples, touches de cordes samplées et concassées, synthés fondus sous la chaleur de dérangements constants. Vous l’aurez compris, cet album de June Chikuma est une pierre précieuse, un objet de tous les désirs dont la réédition est une bénédiction.

Il y a une profusion d’idées qui aiment se percuter et créer des déraillements créatifs, les instruments groovant sur des pistes recouvertes d’une huile luisante aux vertus jubilatoires. Les expérimentations de June Chikuma sont en permanence en mode sortie de route, jouant avec les entassements jusqu’a devenir une ode au ludique et à l’avant-gardisme qui ne se prend pas au sérieux en mode cartoonesque. Sortis il y a plus de trois décennies, les titres composant Les Archives sont d’une incroyable virtuosité, dont l’originalité se fond avec l’innovation. Vital.

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25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Jenny Lewis: « On The Line »

Depuis la parution de son dernier album The Voyager en 2014, Jenny Lewis n’est pas restée là à ne rien faire. En effet, l’ex-membre de Rilo Kiley avait monté quelques projets en parallèle comme Jenny and Johnny ou bien le trio éphémère NAF a collaboré avec EZTV, She & Him ou bien même King Tuff. L’heure était donc venue pour l’américaine de préparer son grand retour en solo avec On The Line.

Cinq années séparent cet opus et son précédent mais Jenny Lewis reste toujours droite dans ses bottes. Produit aux côtés Beck, Shawn Everett et Ryan Adams, la musicienne nous entraîne dans son jardin secret en nous narrant ses péripéties californiennes. Son mélange d’indie rock et d’alternative country reste toujours captivant et envoûtant que ce soit sur l’introduction aux arrangements de cordes somptueux nommée « Heads Gonna Roll » (avec Ringo Starr) et les allures de Fleetwood Mac sur « Red Bull & Hennessy ».

On rettera touché par le storytelling plus vrai que nature de Jenny Lewis qui brille sur « Wasted Youth » mais encore « Hollywood Lawn » où elle s’ouvre sur son passé. Tandis que The Voyager détaillait sa relation avec son père décédé, On The Line retrace sa relation conflictuelle avec sa mère et comment elles ont réussi à aller de l’avant avant que cette dernière soit emportée par le cancer sur les émouvants « Dogwood », »Party Clown » ou les airs groovy de « Little White Dove » façon Beck. Bien entendu, ce dernier laisse sa patte sur les allures space-rock de « Do-Si-Do » résolument euphorique laissant une chance à l’ex-Rilo Kiley de briller une fois de plus par son interprétation sobre et solennelle.

Sur On The Line, Jenny Lewis revient de nouveau à la hauteur et arrive à faire un trait sur son passé tumultueux. A l’heure où des moments douloureux font surface, elle réussit à tourner la page et n’hésite pas à glisser quelques notes d’humour noir afin de surmonter ces épreuves tant bien que mal et de réussir à tutoyer les sommets.

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25 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Tamaryn: « Dreaming The Dark »

C’était en 2015 que Tamaryn avait atteint les sommets avec son troisième album Cranekiss. L’artiste néo-zélandaise a prouvé qu’elle réussissait bien dans le registre shoegaze et dream-pop. Mais de l’eau a coulé sous les ponts depuis et elle est déterminée à passer à l’étape supérieure sur son quatrième disque nommé Dreaming The Dark.

Pour ce nouvel opus, fini les influences dignes de Cocteau Twins et de My Bloody Valentine. Tamaryn a décidé de s’aventurer vers des terrains plus synthpop digne des années 1980.Ce changement s’opère sur les premières notes de « Angels Of Sweat » où l’interprétation de la néo-zélandaise a de quoi surprendre tout comme sur les titres suivants que sont « Path To Love » et « Fits of Rage ». 

Dreaming The Dark chasse tout l’esprit goth auquel l »artiste a baigné pour des moments beaucoup plus sucrés qu’à l’accoutumée. Il est clair que Tamaryn a beaucoup écouté du Tears For Fears et penche son versant vers le mélodramatique sur « Paranoia IV » et sur « Victim Complex » ce qui peut lui porter préjudice. Envolmées ont disparu, remplacées par des titres plus domestiqués et en demi-teinte comme « You’re Adored » et « The Jealous Kind ».

Retour plus nuancé, donc ? Tamaryn a choisi de naviguer vers des contrées plus lumineuses ; espérons qu’elle ne s’’y noiera pas au point de perdre de sa singularité.

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25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Ex Hex: « It’s Real »

Fin 2014, ce trio féminin est venu mettre une sacrée pagaille sur la scène indie rock américaine. Il répondait au nom d’Ex Hex et, cinq années plus tard, l’annonce d’un nouvel album du combo fait d’autant plus plaisir qu’elle et réelle à si on considère le titre du disque.

Une fois de plus, le trio de Washington déchaîne les foules et les ardeurs avec Leur indie rock demeure toujours teinté de garage-rock et hard-rock digne des années 1980 et met à l’amende des groupes plus testostéronés qu’elles. Impossible de ne pas bouger la tête à l’écoute des morceaux puissants mais mélodiques comme l’introduction nommée « Tough Enough » mais encore « Rainbow Shiner » qui posent les bases de façon solide. C’est musclé et explosif et Ex Hex ne déçoit toujours pas à cette attante qui pourrait être la nôtre au regard de leurs débuts.

Entre morceaux riches en riffs impétueux comme « Want It To Be True » avec ses jolis chœurs et autres « Diamond Drive » et « Cosmic Crave » et certiains, plus sucrés, rappelant quelque peu The Runaways comme sur « Good Times » et sur « Another Reflection », Mary Tiwony, Betsy Wright et Laura Harris nous offrent ce que l’on attendait d’eux. On ne remettra donc pas en cause leur énergie contagieuse et constante de bout en bout. S’achevant sur le glorieux « Talk To Me », It’s Real n’a peut-être pas l’impact inédit de son prédécesseur mais il s’agit d’un opus abouti, consistant et fougueux.

***1/2

25 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire