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Meitei: « Komachi »

La musique du japonais Meitei se nourrit des traditions de son pays mais aussi de sa modernité, alliant références aux mangas et à l’ambient abstraite, gorgés de poésie et de délicatesse bucolique.

Komachi est un hommage à sa grand-mère, décédée à l’age de 99 ans, porteuse d’histoires à jamais emportées avec elle, dernier lien entre ce qui fut et ce qui reste, jardins auréolés de mélancolie vaporeuse et de matière impalpable.

Meitei s’inscrit dans la grande tradition des créateurs de mondes oniriques, habités de créatures fantastiques, êtres surnaturels surgissant des profondeurs d’une nature mutante aux clairs-obscurs envoutants, où chaque note, chaque rythme est une ombre qui se déplace dans l’esprit de forêts ancestrales.

La beauté sait se faire discrète pour subjuguer nos sens sur la longueur, dévoilant ses multiples facettes à travers le jeu de miroir ensorcelants.

****1/2

24 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Angel Du$t: « Pretty Buff »

En 2016, Angel Du$t avait fait paraître un second album nommé Rock The Fuck On Forever. Ce groupe punk-rock originaire de Baltimore avait été remarqué pour ses compositions bruts de décoffrage. Trois années se sont écoulées et les voici beaucoup plus assagis avec un successeur nommé Pretty Buff.

Sur ces treize morceaux Angel Du$t a décidé de mettre la pédale douce que ce soit sur le titre d’ouverture, « No Fair », ou encore « On My Way », « Biggest Girl » ou « Push ».

Les riffs se font plus soft mais les rythmiques fusent toujours à 100 à l’heure et l’ambiance se veut plus pop-punk. Les titres ne dépassent jamais les 3 minutes ; juste ce qu’il faut pour remplir leurs contrats.

Angel Du$t a décidé de dévoiler un côté doux mais toujours aussi énergique ; on pourra en juger sur écoutes de « Bang My Drum », « Want It All » et autres « Where I Am ». Conclure de manière plus nuancée avec un « Take Away The Pain » auréolé de cuivres lui permet de se faire entendre et de terminer sur la proverbiale, et bienvenue, bonne note.

***

24 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Nanami Ozone: « No »

En 2016, Nanami Ozone imprima sa patte sur l’underground américain avec un premier album Desire. Le quatuor composé du tandem vocal Sophie Opich et Corson Miller est du genre à mêler grunge et dream-pop au plus bel effet. Depuis , le groupe de Phoenix revient mettre les choses au clair avec leur second album intitulé No.

Nanami Ozone se veut être un croisement entre Dinosaur Jr. et My Bloody Valentine et ils réussissent plutôt bien dans cette voie. Entre les riffs fuzzy et distorsions grungy qui contrastent avec les interprétations atmosphériques, le quatuor arrive à concilier ces deux univers différents avec des morceaux efficaces comme l’introduction « Sidewalks » qui pose les bases de façon solide mais également « Alone Too » et « Affection ». On pourra en dire la même chose en matière d’intensité avec « Something To You » et « The Art Of Sleeping In ».

Le seul reproche que l’on peut faire sur ce No, c’est tout simplement les voix du duo Opich/Miller qui se perdent parmi tout ce capharnaüm musical. Le résultat est flagrant sur des moments bien noisy comme « 3 Mile Drive » par exemple. Toujours est-il que Nanami Ozone possède une bonne alchimie et le crescendo de « Make It All Right (Damage) » en est la preuve concrète. Avec ce second opus, le groupe de Phoenix sait mêler douceur et violence, l’atmosphérique et l’étouffant, l’harmonieux et le noisy ; ce sera donc un « yes » plutôt qu’un « no ».

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24 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Low Life : « Downer Edn »

Idles est devenu un des groupes majeurs en matière de punk actuel. Pourtant, on fait toujours l’impasse sur leurs voisins australiens qu’est Low Life. En effet, le groupe originaire de Sydney avait fait forte impression avec leur premier album Dogging en 2016 qui était un pur condensé de post-punk abrasif. Cette année, ils retentent l’expérience avec leur successeur nommé Downer Edn.

Une fois de plus, Low Life tape dans le lard avec leur post-punk bien tranchant incitant à la disruption. Il n’y aura qu’à juger les écoutes des fuzzy « The Pitts », « 92 » ou bien même « Rave Slave » qui envoient du lourd avec ses riffs agressifs, ses rythmiques tapageurs qui sont contrastées par ses synthés aux saveurs new wave.

Un soupçon d’originalité les démarquera tout au long de ce Downer Eden avec « Gabberton » où la voix passée à l’auto-tune de Pitch Tolman arrivéré à s’insérer dans ce décor menaçant ou même sur « Warrior»,, qui incite au chaos et à la confusion.

Avec ce second album, Low Life a créé la bande-son parfaite pour en découdre avec le gouvernement et autres autorités. Comme Idles, les Australiens arrivent à captiver la rage d’une génération dépassée par les dérives socio-politiques et le font avec précision.

***1/2

24 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Uranium Club: « The Cosmo Cleaners »

Ce groupe originaire de Minneapolis est sorti des sentiers battus avec un album paru en 2017 nommé All Of Them Naturals sur lequel peu ont pu mettre la main. Les voici de retour avec un nouveau disque intitulé The Cosmo Cleaners.

La raison pour laquelle Uranium Club étonne par son originalité est tout simplement parce que le groupe arrive à mêler post-punk, art-punk, protopunk ou bien même new wave. Et cette fusion musicale des plus improbables se fait entendre sur des titres complètement excentriques mais redoutables comme l’entrée en matière nommée « Flashback Arrestor ».

Impossible de ne pas penser à du Television par moments avec des morceaux comme « Michael’s Soliloquy » et « Man Is The Loneliest Animal » qui s’avère notable pour son introduction lancinante avant de partir sur des chemins effrénés ou au courant plus « post-skate » sur « Grease Monkey » et « Geodesic Son » aux riffs ravageurs.

Il n’y a aucun répit d’annoncé pour ce nouvel album d’Uranium Club tant le groupe de Minneapolis possède un flot d’idées. S’achevant sur un « Interview With The Cosmo Cleaners » d’une durée de 11 minutes, il ne fait aucun doute sur leurs intentions : nous proposer du contenu direct, efficace et complètement addictif.

***1/2

24 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Sarah Lenka: « Women’s Legacy »

Pour Sarah Lenka, l’idiome convenu c’est le jazz, pourtant de jazz il n’est pas vraiment question ici. Ella a commencé par se frotter au trip hop et au folk. Et ça s’entend dans sa manière de chanter, finalement plus pop que jazz. Women’s Legacy est certes assez feutré et caressant, langoureux parfois…

Mais il porte aussi des couleurs assez blues. Et pour cause ; ce troisième album réinterprète des chants de femmes esclaves : le résultat d’un héritage non écrit, transmis de voix en voix, sans qu’une école d’écriture musicale, qu’aucun code ne vienne délimiter ou restreindre la portée du message. Alors folk, blues et jazz se partagent la vedette ici, genres auxquels la voix légèrement éraillée et folk / soul de Lenka apporte de la douceur.

C’est donc un hommage tout en sobriété. Les chansons ne parlent pas d’oiseaux qui chantent mais ça ne signifie pas que ce disque est lugubre, juste suffisamment sombre pour nous éveiller, voire même nous réveiller nous restituer à nouveau cette disposition qui devrait être pérenne : se montrer aux aguets.

***1/2

24 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire