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Morton Gordon: « Chamber Science »

Véritable fourre-tout sonore dans le sens le plus noble qu’il peut revêtir, fourmillement d’idées et d’expérimentation sans rupture brutale, Chamber Science navigue entre synthétiseurs stellaires, downtempo hanté, tourbillons acidulés et incursion free-weird. Son auteur est Morton Gordon, un bricoleur de sons qui déniche des samples dans sa collection de vinyles, dans des films de monstres et même des jingles publicitaires.

Si les sources semblent hétérogènes, l’architecte parvient à en faire un ensemble aussi solide que stimulant, jamais dénué de second degré, comme sur ce « Cyber-Pet » où, autour de blips rappelant les sonorités des vieilles connexions ADSL (ancrage dans les débuts de l’Internet), les aboiements d’un chien assurent la rythmique.

« Fancy Laser » s’entichera, da la même manière, des illustrations de vieilles séries télé ou de jeux vidéo d’époque (cette dernière étant le début des années 90).

Pourtant, cette démarche ne semble jamais forcée, ces excentricités n’apparaissant jamais en étant. Ce travailleur de l’ombre solitaire invite par ailleurs Turtle Handz sur deux titres, ce dernier posant son flux sur « Apollo 132 » autour d’une rythmique hip-hop agrémentée de blips lunaires, tandis qu’il se montre plus lourd sur l’abrasif mais quasi-minimaliste « Retro-Prediction ». Le disque s’achève avec « Frost In Space », pendant déglingué et ralenti du titre du même nom situé en deuxième position sur la tracklist. Comme si, même au moment de boucler la boucle, Morton Gordon se fendait d’un « à peu près » aussi anecdotique que révélateur de la folie douce qu’il injecte dans ses brillantes compositions.

***1/2

21 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Alice Phoebe Lou: « Paper Castles »

Alice Phoebe Lou est une artiste chatoyante ; cette jeune chanteuse Sud-Africaine installée depuis longtemps à Berlin se voit comme une citoyenne du monde qui fait vivre son art avec indépendancelui apprte une certaine douceur, faiasant ainsi de sa musique une œuvre hors du temps.

Après avoir navigué entre la lolk, la pop et le jazz vocal, et donné naissance à l’album Orbit en 2016, Alice Phoebe Lou a poursuivi son chemin avec des collectifs de musiciens de rue, en quête de créativité. C’est son approche singulière de sonr épertoire qui fait d’elle un OVNI, peu comparable aux références actuelles de la Pop de de l’Indie.

Au long des 10 titres qui composent Paper Castles elle nous entraîne dans un voyage rêveur au parfum de musiques du monde, en route vers le sud, et derrière lequel se cachent – à peine – une écriture raffinée et une voix au timbre captivant, accompagnée de chœurs qui ressemblent à des chants de sirènes, notamment sur «Nostalgia ». Elle prend son temps sur chacune de ses chansons, privilégiant le charme délicat de leur atmosphère plutôt qu’un refrain direct. Sa guitare n’a d’ailleurs rien d’agressive, elle prolonge cette impression de quiétude et de sérénité qui transpire tout au long de l’écoute.

Il y a certainement quelque chose d’hippie chez Alice Phoebe Lou, une liberté, une innocence, une pureté auxquelles le public n’est guère habitué dans une époque aussi instantanée que la nôtre. Mais il suffit de s’assoir et de prendre le temps de s’imprégner de la magie du mélancolique « Fynbos » ou des lumineux « Something Holy » et « Skin Crawl » pour comprendre à quel point la musique d’Alice Phoebe Lou fait appel aux sens, lorsque votre peau frissonne de plaisir, et aux émotions les plus profondes. A travers cette expérience aussi relaxante qu’excitante, elle nous fait découvrir le son du bien-être, voire du bonheur….

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21 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire