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Vanum: « Ageless Fire »

Deuxième album pour les américains Vanum. Le duo pratique un black metal atmosphérique qui s’inspire autant de la scène américaine qu’européenne. Il faut dire que ses membres ne sont pas les premiers venus, et pratiquent leur art au sein de nombreuses formations couronnées de succès au cours de nombreuses années. Et ça s’entend. Sur ce disque, Vanum sait parfaitement où il met les pieds. Il emploie les bonnes méthodes pour parvenir au bon résultat ; un black qui mélange des éléments épiques, crus et atmosphériques. Tout ça est complété par une voix déchirée et des accalmies assez doom, mais rares.

Le résultat ? On ne s’ennuie pas une seconde au sein de ce « Ageless fire » qui pourtant n’use que d’effets et de riffs connus et reconnus. Puissance, mélodie et intensité se bousculent au sein de six titres aux durées très diverses ; on passe de moins de deux minutes (le dernier titre est une outro, ok) à plus de dix minutes, tout de même. Et des ambiances certes assez proches mais changeantes. Pour ceux qui ont découvert, ou qui découvriront, le premier album « Realm of sacrifice », il y aura peu de surprises. Le groupe est tout de même parvenu à resserrer son propos, et à le rendre un peu moins typé black metal, sans pour autant rogner sur sa personnalité, ce qui est bien joué.

***1/2

19 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Anti-Flag: « American Reckoning »

Anti-Flag vient, ici, interrompre le rythme des saisons avec une version acoustique de quelques-uns de ses derniers morceaux : 2 issus d’American spring (2015) et 5 venus d’American Fall (2017). Mais, comme la soupe était légère, ils sont décidé de nous gratifier de trois reprises en électrique à la punk-folk. Les bons morceaux se jouent dans toutes les versions et avec Justin Sane au micro on peut même y aller a cappella.

Des « American Attraction » ou autres « Racists » seront, à cet égard, encore plus percutants et ce sera un vrai bonheur que de (re)découvrir ces compos sous un nouvel angle.

L’exercice de la « cover » sers moins convaincant quand on reviendra sur l’électrique et qu’on quittera la douceur. « Gimme some truth » de John Lennon reprendra un des thèmes favoris du groupe, le « Surrender » de Cheap Trick sera anecdotique, « For what it’s worth » des Buffalo Springfield, lui, beaucoup moins tant c’est une composition pratiquement inratable. Le combo passe haut la main l’exercice de l’unplugged, mais qui en aurait pu douter ?

***

19 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Bent Denim: « Town & Country »

Ce duo venu de la Nouvelle-Orléans trace sa route depuis un certain nombre d’années et il a sorti un nombre d’appréciable d’albums dont le premier, Romances You, avait fait long feu. La récidive se nomme ici Town & Country un opus qui séduit d’emblée par son indie pop mélancolique et rêveuse où Ben Littlejohn et Denis Sager nous invitent à lâcher prise et à planer tout au long de treize morceaux aux allures ambient-pop comme l’introduction « Selfish Thoughts » où guitare et piano sont au rendez-vous ainsi que sur « Askance » et « Pageantry ».

Pourtant, lorsque l’on écoute attentivement, l’heure n’est pas vraiment à la rêverie mais à la contemplation tant le duo muse sur les ruptures amoureuses et les divorces qui ont causé perte et fracas pour le duo.

Cette dichotomie s’imposera avec fluidité et on se laissera facilement emporter par ces douces harmonies qui comblent les morceaux de « Song Called Sex », « Idiot » et autres « Admiral of Excuses ». Ces moments touchants ont de quoi rappeler l’EP Strange Creatures de Sara Beth Go qui d’ailleurs est créditée en tant que choriste et pianiste sur « Downtown El Fenix » et sur « My Mother Knew ».

Pour le reste, Bent Denim réussit à nous emporter avec sa production impeccable et intimiste et ses arrangements somptueux qui habillent « My Own Breath » et « I Digress » et font de ce Town & Country un opus à côté duquel il ne faudrait pas passer.

***1/2

19 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Now, Now: « Saved »

Now, Now fait partie de ces groupes qui ont marqué la scène emo il n’y a pas si longtemps que cela. Le groupe originaire du Minnesota avait publié un premier album, Threads qui les avait révélés en 2012. Six années se sont écoulées et le désormais duo revient aux affaires avec son deuxième opus, Saved, qui les voit emprunter un virage à 90°. En effet, KC Dalager et Brad Hale ont perdu leur guitariste ce qui leur a donné occasion de se réinventer.

Ainsi, leur emo a été troqué pour des allures synthétiques et cette métamorphose se manifeste sur « SGL » où les beats d’entrainants seront mis en avant. Cela peut surprendre mais on n’est pas arrivé au bout de ces changements.

Le tandem va, en effet, enchaîner perles indie pop synthétiques avec l’entêtant « MJ », « Holy Water » ou bien même « Yours » qui arriveront même à gommer certaines imperfections comme les redondants « AZ » où KC Dalager a recours au vocodeur sur la fin. Elle réussit néanmoins à se rattraper avec ses prestations vocales des plus uniques sur le morceau-titre ou bien même « Window » et « Powder » où elle réussit à faire corps avec le texte et les ambiances glaciales qui l’entourent. Mentionnons également « Know Me » et « Set It Free » qui synthétisent le renouveau de Now, Now en nous rappelant qu’évolution vers le digital ne fait pas obligatoirement perdre charge émotionnelle.

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19 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

worlds greatest dad: « get well soon »

La scène emo américaine s’agrandit cette fois-ci d’un quatuor issu d’Atlanta dont get well soon (sans majuscules lui aussi est le premier album.

À l’écoute de ces douze titres on s’apercevra que le combo ne se débrouille pas trop mal quand il s’agit de rester dans le domaine de l’emo et de l’indie classiques.

Les hymnes ainsi développés sont connotés années 90 et 2000, bien balancés allant de « new recording 3 » à « healthy living » en passant par « asshole song » et « fireworks ».

Les textes sont à l’encan ; mal-être et démons (en particulier la prcrastination et l’auto-destruction).

Du registre de l’émo on ne retiendra que cette agréessivité dirigée contre soi-même ce qui est un peu juste pour se faire une place au soleil de rock indépendant.

**

19 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Hit Bargain: « Potential Maximizer »

Quand les anciens membres de The Pains of Being Pure at Heart, Cold Beat, Beach Fossils, These Are Powers et de North Highlands forment un groupe, ne vous attendez pas à un genre musical similaire à leurs groupes précédents. La preuve en est avec Hit Bargain qui est bien plus agressif que ce qu’ils ont pu faire auparavant et chose à nouveau démontrée sur leur nouvel album Potential Maximizer.

Composé de dix morceaux, Hit Bargain montre ses membres se faufiler dans des ambiances à mi-chemin entre riot grrl, pop-punk et art-punk, démarche qui pourrait prêter à irrésolution. Pourtant, le supergroupe s’en tire avec les honneurs comme l’attestent ces brûlots énergiques et sauvages que sont « Hell Is Real » qui ouvre le bal tout comme « Capitulate » et de « Architects ».

La voix bien rentre-dedans de Nora Sigh quasi-similaire à celle de Victoria Ruiz de Downtown Boys arrive à se mêler aux riffs agressifs de Mike Barron et à une section rythmique menaçante et lugubre. Cela donne ra des hymnes contestataires comme « Knavs » mais également le diptyque « Tourist Of My Desire » et « Tourist II » qui font l’effet d’une bombe que l’on n’arrive pas à désamorcer. Jamais une trêve ne s’impose et l’art-punk de Hit Bargain frappe sur tous les fronts comme le rappelle une conclusive « I Was Born ». montrant que, tout issu de l’indie pop tout mignonnet qu’on doit, on est capable de montrer les dents comme n’importe quel rockeur.

***1/2

19 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Dis Fig: « Purge »

Felicia Chen, alias Dis Fig, assemble les sons avec ses émotions aux allures de montagnes russes, capables de montées d’adrénaline et de chutes de tension, de virages à 360° et de sorties de route en milieu urbain.

PURGE, son premier album, est une bouffée d’oxygène chargée d’oxyde de carbone saturée de combustible inflammable.

Les frontières se chevauchent et donnent naissances à des titres en mouvement, tiraillés entre colère exutoire et intériorité dévastée, recherche d’un soi en mutation, isolé du reste du monde.

Dis Fig cherche la tranquillité mais est poussée vers son opposé, extrémisme bousculé par une personnalité intense, prise entre radicalité personnelle et dévastation sonique.

Sur PURGE, les opposés s’allient pour dessiner une société au bord de la fracture, renouveau nécessaire avant le grand saut pour l’inconnu. Mais soyez sans crainte, Dis Fig nous accompagne, chargée d’indécision et de jusqu’au boutisme, bande-son de fin du monde aux allures de ces trompettes de Jéricho dont la teneur n’a pas de pareil.

***1/2

19 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

The Magic Numbers:  » Outsiders »

The Magic Numbers est de retour et c’est une belle chose que de savoir que ce quatuor indie rock britannique qui avait marqué les années 2000 n’a vait pas envie de raccrocher et qu’il revient donc avec un cinquième opus, Outsiders.

Pour ce nouvel album, The Magic Numbers a décidé de s’assagir en s’éloignant de l’indie rock auquel ils nous habituaient pour des sonorités plus pop. Enfin pop pas dans le sens péjoratif mais avec la pochette en noir et blanc, tout nous laisse à penser qu’ils partent dans des influences plus rétro, pour ne pas dire sonorités 70’s.

Ainsi, des titres comme « Shotgun Wedding » qui lance les hostilités mais encore « Runaways » et « Sweet Divide » misent tout dans le classic rock et les britanniques ne s’en sortent pas si mal.

Le groupe est en parfaite harmonie et cela s’entend à l’exécution ; on ne pourra que saluer ce virage marquant et pris à cent à l’heure. En esépérant, qu’il ne s’accompagnera pas pourtant de certaines sorties de route comme sur quelques sompositions de la trempe de « Wayward », « The Keeper », « Power Lines » qui

auraient mérité plus d’efforts dans la miase au goût du jour.

***

19 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Wussy: « What Heaven Is Like »

Wussy est un combo de Cincinnati qui, régulièrement produit des albums de bonne fature, traçant ainsi sa route de façon sereine. What Heaven Is Like succède ainsi à un Forever Sounds sorti il y a deux ans avec toujours ce subtil mélange de southern rock psychédélique, de shoegaze et d’Americana.

Les titres demeurent aussi aboutis que précédemment ; « One Per Customer » mais également « Cake » et « Tall Weeds » avec un petit plus qui est que le présent opus est un « concept album » centré sur le personnage Gloria Burgle de la série Fargo, un caractère qui s’exemplifie demanière plus que judicieuse sur la chanson « Gloria »

Le tandem vocal Chuck Cleaver et Lisa Walker reste toujours parmi un des meilleurs duos vocaux de la scène de Cincinnati tant leur alchimie se fait bien sentir sur « Firefly » et « Aliens In Our Midst ». Wussy reste dans leur domaine et continue à nous enthousiasmer avec leur musique toujours aussi unique qui brille sur « Oblivion » jusqu’au final « Black Hole ». Au final moins noisy que Forever Sounds mais plus cohérent qu’auparavant, le groupe continue de faire feu de tous bois avec ce fer de lance qu’est son originalité.

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19 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Martijn Comes: « Interrogation Of The Crystalline Sublime »

Martijn Comes est un artiste néerlandais né en 1979, diplômé notamment en composition pour film au Conservatoire d’Amsterdam en 2010. Ses productions sont éditées par des labels tels que Clinical Archives ou IO Sound avant d’arriver chez Moving Furniture Records et de collaborer avec les artistes du label néerlandais.

C’est le format de Interrogation Of The Crystalline Sublime qui a d’abord retenu notre attention. Ce double album est composé d’un premier volet écrit et interprété par Martijn Comes, une pièce unique, un drone puissant et mouvant d’une durée de 1h précise. L’originalité provient du second CD, composé de 8 remixes, alors que ce genre musical ne nous semble pas a priori le plus adapté à la relecture. C’est en tout cas suffisamment rare pour être noté.
Bien que Martijn Comes soit l’artiste principal de cette production, nous passerons rapidement sur son unique pièce, tout simplement envoûtante. Un démarrage timide qui semble formé par un mélange de drone et de nappes, un son étouffé, retenu, qui prend progressivement son envol, en particulier avec l’arrivée de souffles au bout de 5-6mn. Les éléments fusionnent petit à petit, les souffles vont et viennent, tandis que les tonalités oscillent imperceptiblement, formant une ambient minimale mais habitée.

Les remixes quant à eux sont bien sûr contraints par le temps et s’étalent en moyenne sur 6 à 7mn avec, et c’est ce que l’on appréciera aussi, une variété de ton en fonction des partis pris par chacun des protagonistes. D’un côté, on trouve des artistes qui restent fidèles au genre, comme par exemple Scant Intone qui ouvre la marche avec un son très clair, limpide, faisant abstraction des souffles de la version originale. On aura plaisir à retrouver ici Mitchell Akiyama qui reste sur des drones d’abord timides, puis malmenés en jouant sur des variations de niveau sonore ou incorporant, un peu à la manière de Haarvöl, sifflements stridents et textures bruitistes. On remarque chez ces artistes une tendance à introduire la pièce dans un style qui leur est cher, pour intégrer progressivement les drones de Martijn Comes. Giulio Aldinucci et Orphax n’échappent pas à cette approche que l’on pourrait qualifier de facile, même si le résultat reste au final tout à fait pertinent, que ce soit par l’adjonction de craquements de vinyles ou de bruitages d’insectes.
Dans les versions les plus surprenantes, on notera d’abord le travail de Zeno van den Broek qui prend le parti de transformer les drones de Martijn Comes entre raclements granuleux et textures fracturées. Plus classique dans son style, mais avec là encore une approche atypique, Alberto Boccardi semble avoir samplé les drones d’origine pour les balancer sous forme de tonalités abruptes, de claquements fracturés d’un son très « laptop ». Un tout autre style enfin avec l’Espagnol Juan Antonio Nieto qui se sert des drones de Martijn Comes pour habiller ses improvisations électroacoustiques.

On l’ara compris, on a affaire à une production surprenante de part sa richesse, mais cohérente de part le choix des artistes ici impliqués.

***1/2

19 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire