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My Disco: « Environement »

Le trio australien Myy Disco publie ici son cinquième album, le bien nommé Environment. Les percussions métalliques prennent l’espace de manière rampante, laissant échapper un ronronnement enseveli, qui n’est pas sans évoquer les forces souterraines d’entités envoutantes.

Environment s’approprie la notion d’immensité, de par sa capacité à créer des atmosphères ouvertes sur un cosmos à la profondeur sombre et indicible.

 

On est balancé par les murmures venant se fracasser sur des murs sculpturaux aux bras de matière vibrante, flirtant avec les décharges électriques de Pan Sonic et les dérives épiques de Einstürzende Neubauten, le fantôme de Suicide parcourant l’arrière-plan avec discrétion mais signifiant habilement sa présence. Ici le temps s’habille de silence et de poussière, de minimalisme et d’énergie noire. Captivant.

***1/2

18 mars 2019 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sundara Karma: « Ulfilas’ Alphabet »

Plus d’un an après leur tout premier album Youth Is Only Ever Fun In Retrospect et une tournée bien remplie, Sundara Karma annonçaient en fin d’année dernière la sortie de leur tout nouveau disque. Après quelques « singles », arrive Ulfilas’ Alphabet , un opus de treize titres avec lequel le le combo essaie d’apporter un vent de fraîcheur à son répertoire.
Sundara Karma s’était lancé dans l’expérimentation durant cette pariode de latence, ce nouvel album confirme cette évolution avec une instrumentation plus travaillée qu’à l’habitude. La chanson-titre aux sonorités aqueuses vient d’ailleurs confirmer cette motivation.

On notera , en outre, la référence à Ulfilas, une personnalité médiévale connue pour avoir traduit la bible du latin au gothique grâce à un alphabet qu’il a inventé pour l’occasion : illustré de deux squelettes en plein combat sur un fond arc-en-ciel, ce titre annonçait la couleur d’un enregistrement d’une étrangeté sans précédent.
Sur un ton jazzy et feel good, « Sweet Intentions » s’écoutera avec plasir avec une mélodie aux allures épiques sonnant pleine d’optimisme et se présentant comme un vrai hymne à la joie, redonnant pesque vie au disco.

Sur ce même registre, « Little Smart House » se classera sous le signe de la gaieté : porté par un ton forcé vers le grave, le vocaliste affichera un air vieux jeu, qui ne peut que nous forcer à sourires.
Si ce disque est teinté d’une insouciance ambiante, le groupe est loin de prendre son travail à la légère, et des titres particulièrement justes révèlent le talent évident du quatuor. Le psychédélique « Higher States », notamment donnera le tournis tout comme « Rainbow Body » avec sa mélodie groovy au son électrique.
Si on peut parler de renaissance de leur style musical, c’est un virage qui ne s’est cependant pas fait à 360°. Il reste bien des restes de ce à quoi Sundara Karma nous avaient habitués dans leurs premiers disques : « One Last Time On This Earth » et « Greenhands » en sont les preuves. Encore dans les prémices de sa vingtaine, le combo demeure en pleine recherche identitaire et c’est avec plaisir que l’on se fait les témoins de leur évolution vers quelque chose qui s’avère assurément intéressant.
En plaçant la barre très haut avec cet enregistrement haut en couleurs et en inventant de leurs mains un style jamais vu à la manière de la création de l’alphabet d’Ulfilas le groupe fait ici montre d’un modernisme inédit qui ravira tous les adeptes de créativité.

***1/2

18 mars 2019 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Sleeper: « The Modern Age »

Dans la grande famille des disparus de la Britpop, je demande Sleeper. Vingt-deux ans après leur dernier disque, Pleased To Meet You, les britanniques reviennent avec leur quatrième album : The Modern Age.
Sleeper était, il y a une vinqtaine d’années, un des parangons de la britpop avant que la lassitude ne s’empare de ses membres et du public. Après un « Look At You Now » plutôt musclé, The Modern Age se veut un retour en force. Pour cela on reconnaîtra certaines de leurs qualités :guitares acérées, rythmique à l’encan, mélodie plaisante, et surtout la voix de Louise Wener qui n’a pas pris une ride.

Le problème c’est que Sleeper ont redémarré de l’endroit où tout s’était arrêté; en l’occurrence d’un disque oubliable, pour ne pas dire oublié. Il est d’ailleurs surprenant d’intituler cet album The Modern Age alors que musicalement presque rien n’a changé.
Peut-être y aura-t-il davantage de synthétiseurs, par exemple les intros synthétiques, ainsi que la structure des deux « singles », « Look At You Now » et « The Sun Also Rises », qui donneront une impression de copier-coller.

L’album démarrera sur les chapeaux de roue avec le plutôt réussi « Paradise Waiting ». On retrouve dans cette chanson ce qui constituait l’essence de Sleeper, ce son de guitare qui leur est propre. Cela n’empêche pas le combo de tomber dans un de ses travers, la facilité le groupe va sombrer dans la facilité. En effet, l’intro de « Cellophane » sera si proche de celle du morceau d’ouverture qu’elle en devient presque caraicaturale.

Cette propension à se répéter va larder un opus dont certaines compositions, comme « Dig » dont tout sauf réussies.

Ce sera en toute fin d’album, lorsque le groupe décide enfin de sortir de ce carcan dans lequel il est resté enfermé, que le disque nemporte un peu le morceau avec quelques titres pop bien directs (« More Than I Do » et « Big Black Sun »), qui empêcheront The Modern Age de sombrer dans l’ennui.

**1/2

18 mars 2019 Posted by | On peut faire l'impasse | | Laisser un commentaire

Matt LaJoie: « The Center and the Fringe »

Les compositions de Matt LaJoie tournent en boucle autour de quelques notes jouées sur une guitare électrique, les cordes sont pincées, il y a de la reverb ainsi que du delay et les lignes mélodiques procurent immédiatement quelques vertus thérapeutiques. Elles se superposent progressivement les unes sur les autres, et l’on imagine instantanément le guitarist en train de sampler ses arrangements au gré de l’inspiration. Le sommeil peut attendre et cette musique narcotique se déploie lentement, nous plongeant dans un état second formant un mandala.

Sur « Venusian Ballroom », Matt LaJoie déploie progressivement ce psychédélisme doux fait de guitares claires et de bourdonnements hypnotiques rappelant la musique de Herbcraft et son folk cosmique.

Six minutes et vingt-deux secondes plus tard, le morceau restera à jamais dans cette cité spatiale imaginaire cachée au plus profond de notre imagination,et ce, sans que substance hallucinogène ne soit nécessaire.

***1/2

18 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Modern Studies: « Welcome Strangers »

Vers la fin de l’année 2017, Modern Studies avait fait ses premières preuves avec leur premier album intitulé Swell To Great. S’en était suivie, pour le groupe de Glasgow une certaine consécration avec ses compositions à mi-chemin entre chamber-pop et indie folk. Cela lui a suffi popur décrocher unevéritable contrat d’enregstrement et de nous offrir un successeur : Welcome Strangers.

À partir de cela, Modern Studies séduit par leurs morceaux cinématographiques dont l’introduction splendide du nom de « Get Back Down » où les cordes et cuivres se mêlent à travers des textures chatoyantes et de l’interprétation ensorcelante d’Emily Scott contrastant à celle de Joe Simillie.

On ourra également noter des titres qui nous plongent dans cet univers plus particulier mais fortement attachant à l’image des chaleureux « Mud and Flame », « It’s Winter » et « Horns and Trumpets » où l’alchimie entre les différents groupes se font parfaitement ressentir.

Welcome Strangers regroupe également des moments élégiaques tels que « Young Sun » et « Fast as Flows » montrant que Modern Studies s’éloigne des étendards indie folk pour une pop arty inventive mais toujours captivante.

***

18 mars 2019 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire